Manga
La reproduction pour les nuls avec FIER COMME UN PAON
Tu n’arrives pas à pécho ? On dit que tu as un (léger) déficit de virilité ? Ou au contraire que tu es une allumeuse qui finira seule ? Pas de panique. Passionnée par la biologie, Akano va changer ta vie grâce à ses conseils scientifiques. Ou pas.


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With or without youuuu
Elle est élève de Terminale, belle et brillante, présidente et unique membre du club des sciences de la vie. Akano analyse l’amour, la séduction et la sexualité sous l’angle du rationalisme scientifique – bye-bye la poésie et le doux vertige des sentiments ! Sympa malgré tout, elle essaye de voler au secours de Yakuro Kuji, un jeune prof tout doux qui vient de se faire larguer, son ex lui ayant avoué qu’il n’était pas assez viril, et qu’elle préférait les mecs qui suent à la salle de sport.
Déprimé, mais curieux, Kuji écoute Akano exposer comment dame nature favorise la reproduction des meilleurs gènes, en écartant les mâles qui ne remplissent pas les critères.


© Motoki Koide/KODANSHA LTD.
Premier exemple : monsieur paon et l’impressionnant plumage de sa queue, qui est le résultat de milliers d’années de sélection naturelle. Les paons possédant les plus longs et beaux plumages attirent les femelles, du coup ils vont se reproduire les premiers, et laisser les autres sur le banc de touche, comme s’il était 5h du matin sur le parking du night-club, et qu’il est temps de te faire une raison tu vas encore rentrer seul ce soir.


© Motoki Koide/KODANSHA LTD.
Mais peut-on réduire l’amour à une bagarre collective où certains ADN remporteront la mise à coup sûr ? Franchement, en lisant Fier comme un paon, on n’en est pas vraiment convaincus (et l’auteur non plus, d’ailleurs). Par contre, on s’est grave marré tout au long des deux tomes déjà parus.
La vie des bêtes
Le mangaka Motoki Koide plaque la vie des animaux sur une comédie romantique dont le centre de gravité est ce jeune prof, qui tient plus de l’herbivore que de Robert Pattinson. Et c’est malin, car cela donne immédiatement un angle original et efficace pour dérouler du gag, du quiproquo et du sentiment. Certains exemples (les paons, au premier tome) sont diablement persuasifs – limite, on en vient à s’identifier au raisonnement en se disant « c’est pas idiot du tout ».


© Motoki Koide/KODANSHA LTD.
Évidemment, un manga qui proposerait sérieusement un « training mascu » basé sur des stéréotypes physiques et un comportement de vrai-mec-qui-emballe-de-la-meuf-easy, ça serait aussi malsain que ces influenceurs muscu-mascu qui ont tendance à se rapprocher de la fachosphère.
Fier comme un paon trace une autre voie, en mêlant des données scientifiques à une escalade de gags. Ce qui va donner par exemple un chapitre en forme d’expérience sociale pour déterminer si multiplier les partenaires augmente les chances de se marier – là aussi les raisonnements sont logiques, et en même temps ça vire un peu au grand n’importe quoi.
Avec ou sans tendresse ?
En se référant à la biologie et au monde animal, le mangaka tente de mettre à nu l’espèce humaine, en lui retirant toute interprétation poétique ou philosophique des sentiments amoureux et du désir charnel – la fameuse « alchimie » entre deux personnes. C’est une intarissable source de gags (et d’infos plus sérieuses, que vous pourrez placer en classe de SVT). Mais c’est aussi une façade.


© Motoki Koide/KODANSHA LTD.
Car Motoki Koide parle avant tout des garçons et des filles qui ont l’impression d’être hors-jeu, pendant que partout autour se joue l’éternel match de la séduction. Aussi bien pour des questions d’apparence physique, que de comportement ou d’estime de soi. Et c’est avec un cœur plus fleur bleue et mignon qu’il fait glisser ses personnages vers la romance, et qu’il développe la personnalité d’Akano, sans attendre le second tome.
Second tome qui sera quant à lui consacré à la surenchère rigolote avec une cascade de nouvelles têtes et de nouveaux complexes.
Dis-donc ça n’a pas beaucoup buzzé autour de la sortie de cette série. Peut-être que les mangavores n’ont pas adhéré au pitch, qui ne montre pas l’étendue du concept et qui pourrait sonner un peu trop masculiniste. Pourtant, c’est frais, c’est drôle et bien pensé, je me suis laissé entraîné sans m’y attendre, du coup je ne peux que vous conseiller de lire quelques chapitres pour en savoir plus. Et si c’est cool, vous pouvez suivre Motoki Koide sur son compte X.
Scénario et dessin : Motoki Koide
Éditeur : Vega
Tome 3 à paraître le 27 novembre
Prix : 8,35 €

