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Anime

DORAEMON et ses amis plongent à la recherche de l’Atlantide !

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Né sous les crayons de Fujiko F. Fujio en 1970, jusqu’à la mort du mangaka en 1996, Doraemon enchante les enfants japonais également depuis 50 ans à la télévision et surtout au cinéma. À l’instar de l’autre tête d’affiche des éditions Shogakukan, Detective Conan, Doraemon se décline presque chaque année depuis 1980 en longs-métrages diffusés en salles au Japon durant les congés du printemps. Le 42ème opus sort en France ce 7 octobre et c’est une occasion précieuse pour renouer avec un univers qui redonne à chaque fois la patate et le sourire.

Sauf si vous avez vécu dans une caverne ces dernières décennies, vous savez que Doraemon est une des figures les plus populaires auprès des 6 -10 ans au Japon. C’est un phénomène transgénérationnel qui met en scène une bande de copains (Nobita, le garçon pas très dégourdi mais plein de compassion, sa meilleure amie Shizuka, raisonnable et astucieuse, Gian, un costaud aussi loyal que sanguin et Suneo le petit roublard ultra loquace) qui vivent des aventures extraordinaires au gré des envies de leur ami improbable. Avec sa tête de mascotte, Doraemon est un gros chat-robot, envoyé dans le passé par les descendants de Nobita afin de l’aider à assurer son futur. Il est équipé d’une poche ventrale à quatre dimension d’où il peut sortir une infinité de gadgets qui lui confèrent des pouvoirs incroyables.

Aussi, lorsqu’il décide d’aller explorer le fond des abysses sous-marines pour aller faire du camping, pas de problème : il sort de sa poche un buggy sous-marin équipé d’une IA et un rayon acclimatant qui permettra à chacun de respirer et se déplacer sous l’eau comme s’ils étaient sur la terre ferme. L’aventure aurait pu s’arrêter à une visite du seul endroit encore très mal connu de la planète et des parenthèses pédagogiques nous expliquant la faune ou la physique (pression, absence de lumière) de cet environnement extrême. Mais un bon film Doraemon ne peut se passer de péripéties et d’une imagination débridée. À 10 000 mètres de profondeur, nos héros vont devoir résoudre un conflit millénaire entre deux civilisations sous-marines très avancées !

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On ne reprochera pas aux créateurs en charge de la franchise Doraemon de ne pas toujours imaginer des films originaux. Doraemon et le château sous-marin est en effet le remake du quatrième film de la franchise Doraemon : Nobita et le diabolique château sous-marin, sorti en 1983, époque où Fujiko F. Fujio adaptait lui-même ses mangas en scénarios pour le cinéma. Et ce n’est pas le premier. Depuis le milieu des années 2000, des classiques de la franchise comme Le Dinosaur de Nobita ou Nobita et l’Armée des hommes de fer ont eu droit à des nouvelles versions. Pour le réalisateur Tetsuo Yajima et le scénariste Isao Murayama, c’est l’occasion de moderniser un peu un récit à la dramaturgie déjà ultra solide. Une des principales évolutions entre les deux films, outre des designs entièrement revues, a consisté à donner plus de personnalité au buggy sous-marin qui emmène partout nos héros. Imaginé aujourd’hui comme une intelligence artificielle froide et disciplinée qui s’interroge sur les liens qui unissent Nobita et ses amis, ce personnage à part entière permet de dérouler un arc émouvant sur sa quête d’humanité. Un thème vieux et profond de la science-fiction mis ici à portée des enfants.

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Affiche japonaise de la version de 1983.

On ne saura rappeler ici aux parents ou aux grand(e)s frères et sœurs les qualités éducationnelles de l’univers de Doraemon. Comme souvent dans le manga, les personnages sont complexes et ne prendront pas vos petits pour des idiots. Que ce soit les héros qui se mettent bêtement en danger et qui tirent des leçons précieuses de leurs erreurs, les facettes contradictoires des antagonistes, des lois trop rigides pour faire face à des situations exceptionnelles, le sens du sacrifice et de l’altruisme, une aventure de Doraemon distille, toujours sans prêche et sans moraline ringarde, des valeurs ultra saines. Bon, on pourra toujours reprocher à Shizuka, la seule fille de la bande (et du film), de se conformer à un modèle de douceur, de bon sens et de bonne éducation qui ne doit pas surprendre chez Fujiko F. Fujio, un homme né en 1933 dans une société qui a encore aujourd’hui beaucoup de retard en matière d’émancipation des femmes. La bonne idée dans ce remake aurait peut être été de faire d’Aël, le soldat noble et courageux d’une civilisation sous-marine qui va guider nos explorateurs en culotte-courtes dans la partie la plus périlleuse de l’aventure, une femme. Pas de quoi néanmoins se fouetter le subconscient masculiniste quand le héros demeure une grosse peluche asexué, drôle, puéril et impulsive qui mettra tout le monde d’accord.

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Les productions du studio Shin-Ei Animation s’articulent autour de deux franchises principalement produites pour le grand écran : Crayon Shin-chan et donc Doraemon. Aussi, même si le cahier des charges et les budgets de ces films ne sont pas les plus élevés qui soient, les standards artistiques et techniques demeurent ultra plaisants. Cela fait plus de quinze ans par exemple que les films Doraemon, animés en 2D (à l’exception notable de Doraemon Stand By Me 1 et 2, animés en 3D et dédiés au marché international) incorporent des éléments animés en 3D. L’intégration entre les deux techniques a beaucoup gagné en élégance avec le temps. Ici, le surface de l’océan, certains décors explorés avec d’amples mouvements de caméra ou certains engins (dont une épave de galion qui se met à naviguer sous l’eau) font appel à la 3D. Même si la distinction entre les deux techniques reste très perceptible, le résultat est toujours gracieux et cohérent.

D’autres aspects ont été sensiblement optimisés par rapport au film de 1983. Les personnages évoluent sous l’eau. Et le fameux « rayon acclimatant » ne résout pas seulement les problèmes physiques et biologiques des personnages, il soulage également bien des détails de l’animation. Plus besoin d’animer des bulles d’air qui sortent de la bouche des personnages ou des mouvements de natation complexe. Même si on a rarement le sentiment d’être sous l’eau grâce à un tour de passe-passe typique dans Doraemon, les animateurs ont pris quand même le soin de traduire dans l’animation des personnages la gravité spécifique au monde sous-marin. Ils évoluent légèrement plus au ralenti, ne chutent jamais vraiment. Le travail sur les décors, vraiment ambitieux et stylés, complètement l’immersion nécessaire pour un voyage aussi étrange et exotique. Mention spéciale à la plus belle idée du film : le feu de camp et le barbecue à 10 000 mètres de profondeur !

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On ne saura enfin trop louer un travail d’une qualité particulièrement constante dans la franchise Doraemon. Depuis une dizaine d’années, Takayuki Hattori a repris le rênes de la direction musicale conférant une puissance inédite à ces aventures. C’est un compositeur complet très influencé par des compositeurs hollywoodiens qui se sont particulièrement illustrés dans le cinéma d’aventure (John Williams, James Horner et surtout Alan Silvestri) et cela s’entend. N’hésitez pas, si vous êtes curieux, a écouter son travail sur le trilogie de films d’animation Godzilla (Planet of the Monsters, City on the Edge of Battle, The Planet Eater), tous disponibles sur Netflix et dont les partitions sont particulièrement mémorables. Dans Doraemon et le château sous-marin, son talent apporte un souffle épique et une ampleur aux scènes de suspense et d’action dignes d’un film de James Cameron. C’est aussi grâce à de telles compositions qu’on se sent réellement au cinéma et pas devant une série.

Même si on parle d’un personnage fantasque, absolument calibré pour un jeune, voire très jeune publique, un film Doraemon peut et doit surtout s’apprécier comme une expérience cinématographique qui ne triche pas avec la notion de grand spectacle. Jugez-en par vous-même avec cette bande-annonce (ou pas car elle en montre un peu trop) qu’on a choisi de vous proposer version française pour souligner la qualité très appréciable du doublage et rappeler que les voix principales sont Brigitte Lecordier (Nobita), qu’on ne présente plus, et l’inénarrable Emmanuel Curtil (Doraemon).

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