Manga
Pirates cherchent gros carats loin des Caraïbes dans RYUKYU BUCCANEER
Des mercenaires traquent un coffre rempli de yens, mais ce sera chacun pour soi. Ouverture de la chasse au trésor le 7 octobre, aux éditions Glénat.

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Justice pour Muta
Pauvre Muta : enfant d’une lignée de samouraï déchue, il survit en volant de quoi manger et nourrir sa mère très très malade. Accusé à tort d’un crime (mais quel poissard…), Muta s’en sort in extremis grâce à l’aide de Shinsen Suzuki, un type qui lui tourne autour depuis le début du récit.
Shinsen Suzuki est en fait un samouraï du fief de Satsuma, et il en sait long à propos des coulisses du pouvoir politique. Muta est du genre borné et énervé, mais droit. Il possède un sens moral et en écoutant Shinsen parler, il découvre que les coups tordus et les trahisons gouvernent le pays… Et que ce n’est pas un hasard si sa famille a sombré dans la honte et l’oubli, il y a sans doute des manigances derrière tout cela.

© Rainy Kamitsuki, Nau Doi / Ichijinsha Inc.
Quoi de mieux pour modifier ce triste destin à part un fabuleux trésor ? Une carte très convoitée indiquerait, sur une île, l’emplacement d’un pactole de 2000 milliards de yens, soit onze milliards d’euros. Ce qui permettrait de recruter des profs, de rénover les locaux, de faire des classes de vingt-cinq élèves, d’avoir dans chaque lycée une infirmière et du budget pour les projets pédagogiques et les sorties. Mais là n’est pas le sujet – si vous manifestez pour vos droits et pour l’égalité des chances, prenez bien soin de vous, la rue est chargée ces jours-ci.

© Rainy Kamitsuki, Nau Doi / Ichijinsha Inc.
L’argent pourrit les gens
Le premier tome pose des bases intéressantes, mais il est encore trop tôt pour dire si les promesses seront tenues. Il s’agira clairement d’un manga voyageur, qui prend la mer pour dénicher un trésor.
De base, rien de fou fou en termes d’enjeux… si ce n’est que les auteurs ont bien pris soin, en même temps, de définir à quel point l’époque où naviguent nos deux héros est corrompue. Du coup, l’objet de toutes les convoitises (les 2000 milliards de yens) devrait faire l’objet d’une lutte impitoyable, en mode battle royale.

© Rainy Kamitsuki, Nau Doi / Ichijinsha Inc.
Car Muta et Shinsen sont loin d’être les seuls sur le coup. Plus loin dans le récit, on nous présente succinctement le casting de sales gueules prêtes à tout pour s’en mettre plein les poches. Face à ces mécréants (ou alliés potentiels…), qui seront développés dans les tomes suivants, Muta et Shinsen sont liés par un pacte de loyauté. On espère que ce pacte sera mis à l’épreuve, histoire de faire monter la tension.

© Rainy Kamitsuki, Nau Doi / Ichijinsha Inc.
Tourisme ou tous risques ?
En attendant, c’est un shônen généreux en combats et somme toute très direct et rythmé que nous proposent les auteurs. Pour installer leur univers, ils ont tiré sur des ficelles connues : un jeune gars pauvre et enragé comme anti-héros, un partenaire complètement différent (aussi bien sa personnalité et son parcours que son chara-design), un dilemme moral (à qui faire confiance ?), etc.
Par contre, ils ont également d’autres idées à exploiter. Le cadre de l’histoire (les îles les plus au sud du Japon) n’est pas encore très présent, cependant les mangakas ont l’intention de mettre en avant les spécificités culturelles de cette région du Japon. Au cours d’une interview disponible sur le site des éditions Glénat, le scénariste Rainy Kamatsuki précisait ceci :
« J’ai été attiré par la ténacité de ce petit pays. Il suffit de regarder Okinawa sur une carte du monde pour se rendre compte de sa petitesse. Située à proximité de la Chine et du Japon continental, sa position la rendait vulnérable, toujours susceptible d’être absorbée par une grande puissance. Dans un tel environnement, le royaume de Ryukyu a depuis longtemps su mener des négociations avec habileté et préserver sa culture propre.
Cette culture, transmise au fil du temps, porte en elle une multitude d’émotions : la capacité de rire des épreuves en disant « nankurunaisa » (Tout ira bien), mais aussi la colère née des guerres, des invasions et des multiples formes d’oppression, ce qui lui confère un charme immense ! C’est cette histoire qui a éveillé en moi une profonde passion ».
On a lu ce premier tome Ryukyu Buccaneer comme un divertissement sans grandes prétentions, qui vend (bien) de l’action sabre en main et son univers chargé de personnages malveillants.
Un récit basique par certains aspects, mais après tout, vu le nombre de « nouvelles bombes de Shônen Jump » qui recyclent en fait des tropes connus sous un nouvel emballage, il n’y a pas de raisons de prendre de haut cette série aux intentions moins tapageuses. Surtout si les promesses des auteurs sont tenues, et qu’ils donnent par la suite une identité plus profonde à leur manga. Affaire à suivre, avec deux tomes de plus disponibles au Japon à ce jour.

© Rainy Kamitsuki, Nau Doi / Ichijinsha Inc.
Scénario : Rainy Kamitsuki
Dessin : Nau Doi
Éditeur : Glénat
Tome 1 disponible
Prix : 7,90 €

