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Manga

THE MARSHAL KING : BOICHI UNCHAINED

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Boichi, le plus coréen de mangakas du Jump, courait après une idée faste depuis la fin de DR STONE il y a deux ans. Il a trouvé et vous n’êtes pas prêts pour sa relecture extravagante du genre western.

M. Godspeed, le plus recherché et puissant desperado de l’Ouest casse sa pipe lors d’un duel avec son propre fils, Jim Godspeed. Il n’en fallait pas moins au jeune ambitieux pour cocher la seule condition qui lui permette de se tailler une réputation et accessoirement entrer à l’« Académie des Marshals de l’Ouest ». L’école étant réservée uniquement aux enfants des hommes et femmes de loi, le seul passe-droit possible est de « liquider un bandit ». Le jour de la rentrée, Jim doit composer avec les gros bras hostiles à un fils de hors la loi, se dépatouiller d’un duel avec Mira Black, la fille la plus redoutable du bahut, et fomenter le vol d’une arme légendaire enfermée dans les souterrains…

Toutes ces péripéties suffiraient largement à remplir un volume pour débuter une saga épique mais on parle ici de Boichi : rythme et générosité sont les piliers de son art. À la moitié de ce premier tome, il introduit un déchaînement d’action et de bouleversements, que nous ne dévoileront pas, mais qui fait grimper d’un coup les enjeux et les atours d’un univers déjà gargantuesque.

THE MARSHAL KING © 2025 by Boichi/SHUEISHA Inc.

Car tout dans ce manga est sacrifié à la démesure : la taille et la puissance de feu des revolvers, la rapidité et les pouvoirs surhumains des personnages, la taille des véhicules et des bâtiments dans un délire steampunk décomplexé, l’excentricité des idées, des costumes, des dialogues, des poses, des détails graphiques, ou des gags les plus débiles.

N’espérez ainsi pas un gramme de réalisme dans ce « western ». Ce n’est pas du tout le projet. L’idée c’est de pousser les potards à l’extrême. Oubliez les bases du western américain de papy que le western italien avait déjà dynamité en son temps. Oubliez aussi les films les plus fous et baroques de Sergio Sollima ou Sergio Corbucci (comme Django inévitablement cité dès les premières pages) : ils sont sont encore très loin de The Marshal King. Même Gungrave, jeu vidéo et anime un peu oubliés du début des année 2000 imaginé par le papa de Trigun Yasuhiro Nightow et que Boichi a sans doute poncés avec délectation, parait fade à coté de cette profusion d’outrances.

THE MARSHAL KING © 2025 by Boichi/SHUEISHA Inc.

Avec son énergie débordante et son absence de limites, The Marshal King semble remplir une case un peu pauvre dans le catalogue numérique du Shonen Jump +. Celle du blockbuster best-seller un peu WTF. Chainsaw Man, Fire Punch ou même Kaiju n°8 pouvaient prétendre tenir ce rôle mais sans la légèreté, le défoulement, ni surtout le succès, d’un One Piece ou d’un My Hero Academia qui ont poursuivi l’héritage de Dragon Ball dans le Weekly Shônen Jump.

Si DR STONE était quelque peu sage et expérimental, The Marshal King semble taillé pour enfin réaliser ce qui était une évidence dès Sun-Ken Rock : faire lâcher les chevaux à Boichi et l’inscrire définitivement comme un grand nom, une locomotive de la sphère Jump.

THE MARSHAL KING © 2025 by Boichi/SHUEISHA Inc.

THE MARSHAL KING © 2025 by Boichi/SHUEISHA Inc.

Scénario et dessin : Boichi
Éditeur : Doki-Doki
Tome 1 disponible / Tome 2 le 9 septembre 2026
Prix : 7,95 €

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