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Manga

Métro, boulot, Yakumo

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Une romcom élégante et une atmosphère graphique inhabituelle, en 23 courts chapitres pour le premier tome. Pour craquer sur Yakumo, rendez-vous chez Kazé Manga.

Il y a des inconnu.e.s que l’on croise tous les jours et que l’on aime bien observer quelques instants – mais discrètement (c’est mieux, n’est-ce pas…). Parfois on est curieux, d’autre fois on les trouvent touchant.e.s, ou bien on est même franchement séduit.e.s. Depuis déjà trois ans, Hina croise Yakumo chaque matin. Il est serveur dans un restaurant traditionnel, il a les traits fins et des gestes distingués. Et cela fait donc trois ans, déjà, que Hina a un crush sur lui.

© Ayano Rokushi 2024 / KADOKAWA CORPORATION

Elle ne sait rien de plus à son propos, par contre Hina a capté un détail qui change tout : ses airs de séducteur, c’est du vent. C’est sûr, Yakumo est beau gosse et ses mots sont attentionnés, mais en fait il n’est pas très adroit avec elle et vite gêné. Comme un grand enfant sans expérience de l’amour, enveloppé dans une silhouette virile et un kimono.

Le prêt d’un parapluie suffira a les amener à faire les premiers pas l’un vers l’autre. La mangaka Ayano Rokushi aura cependant besoin de quelques chapitres supplémentaires pour trouver la bonne formule, et faire avancer leur histoire. Métro, boulot, Yakumo est né sur la plate-forme Pixiv, où les artistes débutants ou confirmés peuvent publier leurs illustrations et leurs mangas (les 77 planches de la première version de l’histoire sont d’ailleurs toujours visibles sur la page de l’autrice).

© Ayano Rokushi 2024 / KADOKAWA CORPORATION

Une nouvelle version a ensuite été intégrée au site web de prépublication Comic Essay. À partir de là, la mangaka a du réorganiser ses idées pour ce nouveau format, et mieux détailler son histoire en épisodes de quatre ou cinq planches. Les six premiers chapitres sont un peu répétitifs, mais il fallait sans doute en passer par là afin d’habituer les lecteurs au principe de ce manga, et de présenter les deux facettes de Yakumo.

Métro, boulot, Yakumo trouve ensuite le bon tempo. Une fois que le récit passe la porte d’entrée du petit restaurant familial où Yakumo exerce ses talents, le comique de répétition laisse la place à une palette de personnages et de situations plus larges.

© Ayano Rokushi 2024 / KADOKAWA CORPORATION

Pour autant, c’est d’une tout autre manière que ce manga se démarque : à travers le jeu des points de vue. La narration de l’autrice semble adopter le point de vue de Hina. C’est à travers le regard et les émotions de cette jeune femme (a priori) solitaire et coincée dans une routine que l’on perçoit Yakumo. Cependant, on ressent nettement un autre point de vue, qui est plus directement celui de Ayano Rokushi. Son dessin s’attarde sur les attitudes de Yakumo, mais aussi sur ses mains ou encore les muscles de ses avant-bras. Métro, boulot, Yakumo est ainsi un peu une sitcom dédiée à un bel homme, et à ce qui le rend séduisant. Qu’il en ait conscience ou pas.

Les tomes de la série ne sont pas très longs (environ 120 pages) et le sujet est touchy car nous avons tous été habitués à payer pour 190 pages. Soulignons que le travail graphique de l’autrice, entièrement en bichromie d’orange et de gris, en fait un objet qui sort de l’ordinaire.

Scénario et dessin : Ayano Rokushi
Éditeur : Kazé Manga
Tome 1 disponible
Prix : 9,99 €

Chef de rubrique manga et membre de la team Coyote Mag depuis une éternité. Né à l'ère Shôwa, toujours dans le game à l'ère Reiwa. Fan de Keisuke Itagaki comme de Mari Okazaki.

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