Manga
Suicide Red : 2 fast, 2 furious !
Harimaru, ancien assistant de Yusuke Murata, signe sa première création et c’est chez Ki-oon, sans passer par une prépublication au Japon.

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Pendant dix ans, Harimaru a travaillé avec Yusuke Murata. Il a même tenu le poste d’assistant en chef sur One-Punch Man. Il était chargé de former et de coacher les nouvelles recrues du studio de Murata, et d’organiser avec lui la production du manga. Harimaru était donc, pour faire simple, le bras droit du big boss, en plus de travailler plus spécifiquement sur les décors. Après dix ans d’expérience, il a décidé de se lancer en solo avec Suicide Red.
Pour un premier manga, imaginer une histoire et un univers à partir de ce que l’on aime est une démarche naturelle. Pour Harimaru, ce seront les RPG, les jeux vidéo de VS. Fighting, le jeu de cartes Magic : The Gathering, les mangas post-apocalyptiques, et donc les univers urbains destroy et soigneusement détaillés.

© Harimaru / Ki-oon
Quand des brèches inter-dimensionnelles se sont ouvertes dans le ciel de Tokyo, le centre de la capitale a été envahi par des créatures magiques. Les habitants se sont retirés plus loin, en périphérie de ce territoire devenu hyper dangereux. Peu à peu, le centre a été cerné de nouvelles constructions qui forment une barrière. Dix ans après l’invasion, c’est toujours chaud de s’y aventurer pour looter des trésors. Par contre, certains humains ont développé des pouvoirs. Madoka maîtrisant la magie du feu, elle a l’habitude de se risquer au cœur de la red zone. Mais une de ses expéditions va mal tourner…

© Harimaru / Ki-oon
Madoka n’est pas surnommée « Suicide Red » pour rien : c’est à 100% une tête brûlée, au propre et au figuré. Elle a du mal à capter ce que signifie « se mettre en danger », avec de graves conséquences possibles sur son corps quand elle utilise son pouvoir et fait jaillir des flammes. Cette héroïne correspond parfaitement au concept de Suicide Red : un manga d’action qui blaste sévère, mais où l’on forme des équipes de personnalités complémentaires (comme dans un RPG).
Même après avoir travaillé pendant dix ans avec lui, Harimaru a un imaginaire très différent de celui de son mentor. Avec ce premier tome de Suicide Red, le mangaka ne développe qu’un lore minimal, en quelques répliques et informations données en bonus à la fin des chapitres. Le récit a plutôt tendance à foncer à toute vitesse : on a compté 110 pages d’action non-stop ! Ce tunnel est un modèle à suivre. Parfaitement rythmé, il permet aussi de mettre en place de premières combinaisons de pouvoirs, face à un adversaire impressionnant.

© Harimaru / Ki-oon
C’est fluide, explosif, l’action reste toujours lisible même en plein feu d’artifices, bref Harumaru maîtrise les techniques pour chorégraphier l’action et il ne se prive pas de nous gifler avec (merci l’artiste, ça fait un bien fou). On sent qu’il a longuement millimétré sa mise en scène et limité les temps morts. Les plans s’enchaînent, les explications verbales sont réduites au strict nécessaire et la narration y trouve un impact vraiment cool à savourer.
J’ai adoré le rythme de ce manga, même le passage d’un chapitre au suivant nous épargne les « pauses contextes si vous n’avez pas lu le précédent » et autres effets pour temporiser avant de redémarrer. Par contre, j’ai un peu tiqué sur l’univers peu développé, et pas spécialement original (failles dimensionnelles, magie, tout ça tout ça, même si les gremlins sont plutôt marrants). Un chapitre, consacré à des jouets, m’a fait changer d’avis, car c’est le genre d’idées qui semble sortir de nulle part mais qui s’insère très bien dans l’univers pour l’enrichir tout à coup. Si Harimaru continue sur sa lancée, donc s’il monte en puissance tout en développant des concepts plus personnels, ça va faire de jolies étincelles.
Suicide Red est en prépublication gratuite et intégrale sur Manga Nova : spread the word et soutenez la série !

© Harimaru / Ki-oon
Scénario et dessin : Harimaru
Éditeur : Ki-oon
Tome 1 disponible en librairies / Tome 2 en prépublication gratuite
Prix : 7,95 €

