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Manga

Avec Oversleeping Takahashi, on ne fait pas la sieste

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Savoureuse comédie d’action et sentimentale, Oversleeping Takahashi s’autorise à sortir des recettes habituelles. Et c’est une franche réussite, bouclée au Japon en cinq tomes sur Shônen Jump+.

Yoji Takahashi est retardataire professionnel : il arrive à la bourre au lycée tous les matins, avec pour excuse la panne d’oreiller, et Megumi bah ça l’agace. Elle est déléguée de classe et n’apprécie pas de voir Takahashi prendre le règlement et ses études avec autant de légèreté.

Mais la miss parfaite va vite découvrir que ce soit-disant gros ronfleur est en fait un héros, un vrai, qui chaque matin se tape avec des esprits maléfiques sur le chemin de l’école. Ce qui est quand même l’excuse du siècle pour débouler après la sonnerie avec les cheveux en bataille, non ?

NEBOU SURU OTOKO @ 2024 by Koki Aguro / SHUEISHA Inc.

Ce n’est plus tout à fait une nouveauté, mais avec Oversleeping Takahashi, on constate une fois de plus à quel point Chainsaw Man et Dandadan ont fait du bien à la culture shônen. Ces deux séries n’ont pas tout changé à elles seules. Par contre, leur succès à incité l’industrie du manga à recruter des artistes capables de sortir des recettes habituelles. Aussi bien au niveau du dessin que des concepts d’écriture (coucou Rai Rai Rai !).

Avec son dessin détaillé par des effets de crayonnés, des petits traits et un encrage un peu rough, Kogi Aguro donne du volume à ses personnages, et un style poussé et riche à ses planches. Des méthodes qui étaient auparavant plus typiques du seinen, et bien plus rares voire inexistantes en shônen. Quant au concept, il s’agit d’un manga d’action et de baston contre des entités qu’il faut exorciser, cependant le récit tourne autour d’une relation sentimentale avant tout.

NEBOU SURU OTOKO @ 2024 by Koki Aguro / SHUEISHA Inc.

À l’image de la plupart des nouveaux auteurs de shônen (et pas seulement), Koki Aguro n’a pas pu passer à côté des mangas de Tatsuki Fujimoto et de Yukinobu Tatsu. Au minimum, par conscience professionnelle : un jeune joueur de basket-ball qui ne regarde pas les matches de la NBA, ça n’existe pas.

Il ne s’est pas pour autant inspiré d’eux. Simplement, il a pu profiter à son tour du chemin qu’ils ont déblayé, et s’amuser pendant cinq tomes à développer une atmosphère, et une histoire, qui lui appartiennent.

Sans verser dans la parodie, le mangaka installe consciemment des personnages stéréotypés (Takahashi le sauveur, Megumi la plus jolie et hautaine fille du lycée), dont il montre aussitôt les failles et les maladresses. Il y a des piques bien senties, et aussi pas mal de bienveillance, pour humaniser les personnages. La traduction-adaptation est au top, on sent les tons, les voix et tout le potentiel comique des dialogues traverse 7000 km du Japon vers la France sans rien perdre au passage.

NEBOU SURU OTOKO @ 2024 by Koki Aguro / SHUEISHA Inc.

Le récit avance aussi grâce à des idées farfelues (un chapitre se déroule à l’intérieur de la tête d’un matou maléfique) et à des scènes sérieuses désamorcées par des gags (un adversaire de Takahashi dévoile ses pensées intimes sans le savoir, et du coup il faut bien avouer qu’il est tout de suite moins menaçant). Les gags tombent bien, timing impeccable.

Sans forcer, on part hyper confiant. Koki Aguro tient tous ses paris : combats courts et percutants, designs hyper travaillés, humour bien dosé, romance attachante et virages WTF?!!… Tout est réussi et en plus le dessin est superbe. Surtout, on ne s’ennuie jamais, on n’a pas besoin de survoler certains dialogues ou certaines pages parce que l’on aurait capté d’avance ce qui va se passer, ce qui sera dit et à quoi ça mène. Et mine de rien, c’est pas si souvent qu’un manga reste accrocheur à ce point…

Scénario et dessin : Koki Aguro
Éditeur : Kurokawa
Tome 2 à paraître le 3 septembre
Prix : 7,95 €

Chef de rubrique manga et membre de la team Coyote Mag depuis une éternité. Né à l'ère Shôwa, toujours dans le game à l'ère Reiwa. Fan de Keisuke Itagaki comme de Mari Okazaki.

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