Connect with us
Advertisement

Manga

My Happy Family

Publié

le

À mi-chemin entre manga de réconfort et secrets d’une famille recomposée, cette série aux accents de littérature british sort de l’ordinaire. Deux tomes sur quatre sont disponibles chez Noeve Grafx.

My Happy Family est prépublié sur Gangan Pixiv, un magazine en ligne de Square Enix qui recrute de nouveaux mangakas sur Pixiv (la plate-forme de référence pour les dessinateurs et illustrateurs au Japon). Très peu de séries sont arrivées en France, mais le plus souvent il y a avait un petit vent de fraîcheur : Play it cool guys, Monsieur méchant va détruire la terre ou encore Je crois que mon fils est gay.

Et c’est à nouveau le cas avec My Happy Family.

Avec 700 mangas en cours ou terminés, il y a de quoi doomscroller de la mort sur Gangan Pixiv…

C’est de la réf old-school il faut bien l’avouer… Ceci dit le destin de Sophia, héroïne de My Happy Family fait penser à un reboot inversé de Princesse Sarah. Dans cet anime des années 1980, une jeune fille de bonne famille perd tout suite au décès de son père, elle sombre dans la pauvreté et subit les mauvais traitements d’enfants plus riches qu’elle. Tandis que dans My Happy Family, Sophia a été vendue comme esclave à plusieurs familles toxiques, avant de trouver un foyer plus aimant le jour où elle entre dans le manoir des Aldridge.

Sophia a cependant bien du mal à se détendre : on dit que le dernier héritier de la lignée, William Aldridge, est un sadique et un tortionnaire. Son air froid et son regard inexpressif n’aident pas des masses à lui faire confiance, c’est vrai. Après avoir perdu confiance en l’espèce humaine dans les différentes maisons où elle était esclave, Sophia est forcément méfiante et aux aguets d’un coup fourré. Avant de s’apercevoir que la main tendue par son nouveau maître ne va pas la frapper, mais l’attirer pour lui faire un câlin. Et que les bons petits plats qui parsèment le premier tome ne sont pas empoisonnés : c’est juste de l’amour, bien cuisiné.

Cette première partie n’est pas très longue et bien amenée. Tout comme l’héroïne, on peut parfois douter des intentions du père Aldridge. Et une fois rassurés, il reste malgré tout quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce manoir…

Disons que la famille Aldridge a une histoire un peu particulière, qui a marqué tous les habitants du coin et qui enveloppe une partie du récit dans une atmosphère plus noire. Mais Sophia n’est pas tombée dans un manoir des horreurs ou tout autre genre d’ambiance malsaine. Au contraire, My Happy Family déroule une histoire qui se dirige vers la lumière – c’est à dire qu’il s’agit de tirer les personnages vers le haut, et de leur permettre de devenir la meilleure version d’eux-mêmes.

Sir Aldridge s’est entouré à pour une bonne raison d’anciens esclaves, qui sont devenus ses domestiques – mine de rien, c’est pour eux un vrai changement de statut social. Le jeune Thomas, le plus âgé Isaac et la soubrette Shirley ont toutes et tous… une particularité.

Par exemple, le petit Thomas, spécialiste du linge propre et bien plié, perd une partie de sa mémoire à intervalles réguliers et bien qu’il garde certains traits de sa personnalité, certains de ses souvenirs et donc son vécu au côté des autres sont effacés… à moins qu’il ne trouve un moyen de diminuer la portée de ces pertes ? Le récit prend dès lors un virage encore plus touchant, avec une pointe de mystère psychologique.

Juste une info en plus : le second tome relance l’intrigue en faisant nettement évoluer la vie quotidienne de Sophia. Au cours de cette nouvelle étape, elle sera confrontée à la réputation douteuse de la famille Aldridge, tout en s’efforçant de se tracer un avenir. Kujira Hachiya n’en est pas à son premier manga et apporte régulièrement une touche originale à My Happy Family, par exemple en impliquant dans le scénario un jeu de société, et donc un duel mental entre deux personnages.

Au final, My Happy Family est une très bonne surprise : les personnages et le concept de l’orpheline sauvée des eaux, dans un décor chic à l’anglaise, prennent rapidement une tournure intéressante. De plus l’autrice ne se repose pas sur des codes narratifs ou des genres à la mode.

Kujira Hachiya évolue dans des circuits de passionné.e.s comme Pixiv, les doujinshi, le Comitia, etc. Et à l’image d’autres œuvres issues de ces milieux semi-indépendants, qui ne sont pas publiées dans les magazines leaders du marché, cette série a un parfum différent. En prenant de la distance avec les tendances, elle vient diversifier lactu manga .

Autrice : Kujira Hachiya
Éditeur : Noeve Grafx
Tome 2 disponible
Prix : 7,95 €

Chef de rubrique manga et membre de la team Coyote Mag depuis une éternité. Né à l'ère Shôwa, toujours dans le game à l'ère Reiwa. Fan de Keisuke Itagaki comme de Mari Okazaki.

cliquer pour commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Copyright © 2026 Studio Venezzia Médias - Coyote Mag