Manga
La fiancée du clan Kyougane
C’est l’un des titres les plus attendus de juin : La fiancée du clan Kyougane en vaut-il la peine ? Réponse avec le premier tome paru aux éditions Ki-oon.

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Hino Anju n’est pas connu en France, même si sa première série (Vatican Miracle Examiner, où il assurait uniquement le dessin) est sortie en 2018 chez Komikku, avant d’être oubliée. Même constat du côté du magazine qui publie La fiancée du clan Kyougane : le mensuel Gangan Joker n’a pas la hype du siècle chez nous. On y trouve pourtant des titres intéressants (La grande Jahy ne perd jamais, Gambling School, Tellement flou d’elle, etc.) mais hormis Les mémoires de Vanitas, pas de best-sellers clairement identifiés en France.
Alors pourquoi la série est-elle si attendue ? En deux mots : romantasy d’action.

La série a fait jusqu’ici quatre fois la couverture du mensuel Gangan Joker, en 2025-2026
À la fin de la période covid, les romcom ont fait boom dans nos librairies, comme si on avait eu besoin de se rassurer quand tout semblait foutu en ce bas monde. Parfois à la grande surprise des éditeurs, qui ne pensaient pas en vendre à ce point.
Puis la romcom est sortie du quotidien et des collèges et lycées, pour aller se mélanger à d’autres genres, notamment l’aventure et l’action. Ce n’était pas complètement neuf, mais il y a depuis une vague (coucou Les noces des lucioles). Et dans le cas de La fiancée du clan Kyougane, les réseaux sociaux et la promo organisée par Ki-oon ont fait monter l’attente, avant la sortie du premier tome.
La vénère du clan
Exorciste en chef du clan Kyougane, Kuro découpe les démons pour purger sa haine – ils ont tué ses parents. Un mariage lui tombe dessus, ce n’était pas sa top priorité du moment, mais bon, quand il faut y aller faut y aller. Bim, sa fiancée (Fuyu) est possédée par un démon séculaire. Mais Kuro ne se déballonne pas et la prend pour épouse, sans lever un sourcil. Ce que d’autres puissants exorcistes ne vont pas voir d’un bon œil…
Le pitch repose donc sur une union contre nature (exorciste + démon), menacée de toutes parts (exorcistes + démons). Simple, classique, efficace. Sans saveur, du coup ? Nope. Hino Anju a dix ans de carrière et assez d’expérience pour la jouer perso. Les bases du récit vont en ligne droite, mais le mangaka met plusieurs coups de volant pour rendre le voyage amusant.

©Anju Hino/SQUARE ENIX
Quand elle arrive dans la vie de Kuro, Fuyu est la douceur incarnée. Trois pages plus loin, elle sort la hache en imaginant démembrer des monstres, avant de mitonner un démon de rang inférieur en ragoût – il était pourtant trop mimi, genre du Ghibli. Bref, la demoiselle en détresse est certes une ingénue mais elle possède un potentiel offensif, mis en scène avec humour tout au long du premier tome.
Les réactions sèches et autoritaires de Kuro fournissent elles aussi pas mal de moments drôles. Rapidement définis comme deux fortes têtes, le duo devient attachant et le récit évite d’inférioriser mademoiselle Fuyu : même séparée de son époux, et prise au piège, elle est loin de perdre ses moyens.

©Anju Hino/SQUARE ENIX
Prêts pour la guerre
Une fois que l’on a bien compris que Kuro et Fuyu sont redoutables, chacun à la leur manière, il était temps de dégoupiller la grenade et de passer à l’action. Vous allez en avoir, des belles double-pages avec des lignes de vitesse, de la découpe sanglante (mais pas gore non plus) et de la destruction massive.
Les scènes ne sont pas bien longues, ce n’est pas un shônen de baston, cela dit elles sont d’autant plus efficaces. Hino Anju pose aussi pas mal de monster designs bien sentis, avec un goût prononcé pour l’horreur et les formes de vies dégénérées. Cela n’a rien d’étonnant de nos jours (une autre vague, le shônen d’horreur, est passée par là) mais le mangaka fait bien le job.

Non, Kuro n’est pas en train de remonter ses lunettes avec le majeur… ©Anju Hino/SQUARE ENIX
On apprécie aussi qu’il ne laisse pas tomber l’humour, même en faisant parler les sabres. Kuro garde son sale caractère et le mangaka continue de vouloir nous faire rire, avec plus ou moins de discrétion, notamment dans les dialogues. Quand Kuro demande à un adversaire s’il est « l’exorciste à l’apparence atypique et aux origines inconnues », difficile de ne pas y voir une vanne à propos des grandes tirades bien plates de certains shônen.
En tous cas, à l’évidence le mangaka aime bien jouer avec deux-trois clichés, sans non plus déborder du côté de la parodie. Cela permet de donner un autre ton, une autre atmosphère à La fiancée du Clan Kyougane. Une qualité de plus pour le démarrage de la série, reste à voir ce qu’elle deviendra au fil des cinq tomes publiés au Japon à ce jour.

©Anju Hino/SQUARE ENIX
Auteur : Hino Anju
Éditeur : Ki-oon
Tome 1 disponible
Prix : 7,95 €

