Manga
GALAXIAS : l’appel du grand large
Après avoir remporté un concours de Weekly Shônen Magazine avec la version one-shot, Ao Hatesaka a obtenu le feu vert pour pousser ses idées en série. Une série toujours en cours au Japon, après trois tomes.


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Galaxias opte pour l’aventure itinérante : voyages, nouvelles contrées, nouvelles rencontres, nouvelles embrouilles. Même si elle a déjà propulsé des dizaines de shônen, de One Piece au plus récent La guilde marchande de Pandémonia, cette formule reste efficace (en tous cas, à moi ça me parle, j’ai toujours aimé les mangas d’aventures en mode sac à dos et vents marins – et même les vrais sac à dos et les vrais vents marins).

© Ao Hatesaka / Kodansha Ltd.
Le désir de découvrir le vaste monde s’incarne dans Geo, une adolescente cloîtrée sur une île par son père, qui déteste par-dessus tout les aventuriers. En plus, il paraît qu’il ne reste plus de régions inexplorées, le royaume de Laniakea ayant déjà livré tous ses secrets grâce à un aventurier légendaire. Hmm… vraiment ? Le pater est autoritaire, mais une série d’ennuis et d’imprévus va pousser Geo à prendre le large, accompagnée par Nereid, un jeune gars amnésique qu’elle a repêché tandis qu’il flottait à la dérive sur l’océan.
Nereid fait partie des dracoïdes, des êtres dotés d’une queue de dragon et de puissantes capacités. Si jamais vous venez de hurler « encore des dragons !! », ça se comprend, il y en a partout ces dernières années. Parce que industrie du manga, effets de mode, etc. Ceci dit, on est vite rassurés par les qualités du récit. Baser une partie importante de Galaxias sur des êtres à demi-dragons permet au mangaka de composer un système de pouvoirs suffisamment riche et intéressant.

© Ao Hatesaka / Kodansha Ltd.
Il y a du Natsu Dragnir dans le personnage de Nereid : il est tellement puissant qu’il rentre direct dans la catégorie cheaté. Oui, il va forcément tomber sur des adversaires à la hauteur à un moment donné.
Mais l’énorme puissance qu’il stocke dans son corps d’adolescent permet justement d’orienter différemment les combats, de leur donner une autre couleur qu’un concours de patates de dragons. On ne survole pas les combats, il y a de la matière à lire et à comprendre, de la surprise et des enjeux dévoilés, ce qui est toujours un bon point.

© Ao Hatesaka / Kodansha Ltd.
La qualité graphique du manga donne aussi un élan agressif aux affrontements, et l’univers de Galaxias s’avère fort agréable à parcourir des yeux. Au niveau des deux tomes sortis en France, Ao Hatesaka et ses assistants ont abattu un travail assez impressionnant, aussi bien pour les designs que pour le sens du détail. Comme ce pont en sel qui enjambe l’océan, ou bien une ville ouvrière, où des centaines de bicoques semblent se grimper les unes sur les autres à flanc de colline.


© Ao Hatesaka / Kodansha Ltd.
On sent que le mangaka espère accrocher les lecteurs plus jeunes – les blagues répétées sur la « grosse commission », ça ne trompe pas. Un des premiers chapitres vient aussi poser un problème moral et une solution collective. On reconnaît bien là un manga qui doit transmettre un minimum de valeurs à la jeunesse.
Si vous n’avez pas déjà lu vingt-cinq shônen dans la catégorie globe-trotter, vous pouvez y aller les yeux fermés. Galaxias vibre de partout, tout le temps, pour l’aventure et les nouveaux horizons. L’auteur a bien réussi à transmettre ce sentiment, et à tailler une histoire qui rebondit rapidement avec un twist, pour relier plusieurs points éparpillés et ajouter une couche de mystère.
Scénario et dessin : Ao Hatesaka
Éditeur : Pika
Tome 2 disponible
Prix : 7,20 €

