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Interview

BURLESQUE GIRL : entretien avec François Amoretti

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Connu pour ses très beaux albums illustrés sortis chez Soleil, qui fusionnaient contes de fées et esthétique goth lolita, également habitué des pages de Coyote Mag, François Amoretti est un dessinateur français fortement influencé à la fois par la culture japonaise et celle du rock’n’roll. Aujourd’hui hébergé par Ankama Éditions, il a sorti avant l’été sa première bande-dessinée réalisée quasiment en solo (tant au niveau du dessin que du scénario) : BURLESQUE GIRL. Une sorte d’œuvre « de la maturité » qui parle de pin-up, de voitures des années 50 et de rockabilly, et dont le second tome est déjà prévu pour avril 2013. D’ici-là, il nous parle de ce projet un peu à part mais aussi de son background gothic lolita…

Propos recueillis par Christophe Lorentz / Photos : Laurent Koffel

Pour commencer, peux-tu te présenter ?
Je suis dessinateur et aussi, depuis peu, scénariste. J’ai déjà fait trois livres illustrés aux éditions Soleil : GOTHIC LOLITA, ALICE AU PAYS DES MERVEILLES et LE PETIT CHAPERON ROUGE OU CE QU’IL ADVINT DANS LE VENTRE DU LOUP. Depuis peu, j’écris mes propres histoires et je les dessine. Je suis désormais aux éditions Ankama et je viens juste de sortir mon premier livre solo : BURLESQUE GIRL.

Comment s’est fait ce passage en solo et comment l’as-tu vécu ?
Juste après LE PETIT CHAPERON ROUGE…, Soleil m’a proposé de faire LA BELLE ET LA BÊTE. Je me retrouvais donc à nouveau avec une histoire d’une jeune femme et d’une bête poilue ! J’étais en train de faire du remâché de ce que j’avais fait avant, et j’avais l’impression que j’avais déjà tout dit sur le sujet : sur les contes, sur les lolitas… J’y reviendrai peut-être un jour, mais là j’avais envie de faire quelque chose de nouveau. Puis, à ce moment-là, plein de choses ont basculé dans ma vie privée : j’ai pris une grosse claque et j’ai grandi d’un coup. J’avais l’impression d’avoir été un éternel adolescent, et là j’étais devenu adulte ! Je ne me retrouvais plus dans ce que je faisais. Je me souviens que j’étais en train de rentrer d’un festival catastrophique – qui n’était pas un vrai festival mais une espèce d’arnaque où je dédicaçais dans un Centre E. Leclerc. J’avais 10 h de train au retour, j’étais complètement déprimé, j’avais un calepin et j’ai écrit BURLESQUE GIRL durant les 10 h de trajet. J’ai écris les deux tomes, j’ai fait tout le séquentiel… Et le lendemain j’ai dit à Soleil que j’étais désolé mais que je refusais de signer leur contrat. Donc je me suis mis à dessiner sur BURLESQUE GIRL. C’était un peu suicidaire parce que je ne savais pas du tout où j’allais, et que du coup je n’avais plus de salaire, plus rien, car on n’a pas de chômage dans ce métier (rires) ! Puis j’ai rencontré Olivier Jalabert, qui est directeur éditorial chez Ankama, et je lui ai présenté mon projet. Il m’a dit : « C’est cool. C’est très Ankama, c’est très toi : on te signe » ! Donc finalement ça s’est fait très vite.

Peux-tu nous présenter l’équipe qui t’entoure sur la BD BURLESQUE GIRL ?

J’ai écris le scénario et les dialogues. Le scénar ça ne m’a jamais fait peur : j’ai un long passé de rôliste, j’ai amusé des potes pendant 25 ans donc c’est bon, je connais mon affaire (rires). Mais, par contre, les dialogues ce n’était pas du tout mon truc. Alors j’ai demandé à Run, le directeur du label 619 chez Ankama qui est aussi auteur de MUTAFUKAZ, et qui a réécrit une très grosse partie des dialogues – notamment toute la première moitié. Pour la seconde partie, j’avais un peu plus pris le rythme, donc ça allait beaucoup mieux, même s’il a quand même mis sa patte là-dedans – ce qui m’a fait très plaisir parce qu’il me l’a bien arrangé. Ensuite, c’est moi qui me suis occupé de tous les dessins, de l’encrage, du story-board… En gros j’ai tout fait, sauf cette partie-là des dialogues et la couleur. Pour la couleur j’ai demandé à Nephyla, une fille que j’avais croisé chez Soleil parce qu’on était dans des collections jumelles :  j’étais chez Blackberry, elle était chez Strawberry. Sinon, Ankama c’est la Roll Royce des maisons d’édition ! Mon éditrice est formidable, j’ai un vrai dialogue avec elle, j’ai un vrai retour immédiat – même de la part d’Olivier Jalabert, le directeur éditorial : il me répond quand j’ai besoin de lui alors qu’il est blindé de boulot. Mon attachée de presse est parfaite, les gens de la fabrication sont merveilleux, et tout se passe avec le sourire, dans la bonne humeur et les éclats de rire… et surtout de façon professionnelle !

Donc c’est une collaboration qui va se poursuivre avec Ankama ?

Je l’espère ! Là, de toute façon, je travaille sur le tome 2 de BURLESQUE GIRL. Après j’ai un projet de polar en huis-clos mais toujours sous un point de vue féminin : ça parle encore d’histoires de femmes. Ça n’est pas encore signé mais mon éditrice est a priori partante. Là aussi j’écris le scénario, et j’ai pris une coscénariste pour s’occuper justement du détail du séquentiel et des dialogues : elle s’appelle Mélissandre Lacaille, à la base elle écrit des livres de cuisine mais elle a une verve extraordinaire, elle écrit super bien, elle est vraiment géniale. Ensuite j’ai un autre projet, peut-être chez Ankama, peut-être pas, avec Christophe Arleston (le créateur de LANFEUST DE TROY, NdA), qui sera une BD érotique. Mais là c’est tellement délicat que c’est à prendre avec des pincettes : je veux toujours rester dans l’aspect féminin, je suis toujours militant féministe, et même si c’est léger dans ce que je fais, ça fait partie de moi donc je fais attention.

Justement, tout le monde s’accorde à dire que BURLESQUE GIRL est très pertinent au niveau du ressenti féminin : comment en tant qu’homme arrives-tu à parler aussi bien des femmes, à adopter leur point de vue ?

Disons que j’ai toujours fréquenté plus de filles que de mecs. Les filles se sont toujours confiées à moi et je me suis toujours confié à elles. Et pour BURLESQUE GIRL, vu que justement je marchais sur des œufs et que je pensais qu’on allait peut-être m’attendre au tournant, j’ai fait attention. Et vu que j’ai une de mes copines qui est une féministe intégriste – une dure de dure qui faisait partie de l’équipe dirigeante des Chiennes de Garde – je lui ai fait lire mon histoire, je lui ai fait part de mes dialogues, des endroits qui me semblaient sensibles… Je lui ai dit que je voulais complètement respecter le truc, et de me signaler si je faisais un impair. Donc plusieurs fois elle m’a tiré l’oreille – physiquement (rires). Non, je plaisante. Elle me disais : « Là ça ne va pas, fais attention, ce serait mieux que tu redresses le tir, mieux de dire ceci ou cela ». Donc je fais attention : quand je sens que c’est délicat, je demande conseil. Parce que j’ai beau penser connaître les femmes, je n’en suis pas une. Et comme disent les américaines : « No uterus, no opinion » (rires) !

Dans ce nouveau livre, tu as beaucoup mis l’accent sur la musique : le rock’n’roll est très présent. Est-ce que la musique est une influence majeure ? Est-ce que tu travailles en musique ?

Complètement ! Le rockabilly est la première musique dans laquelle je me suis vraiment retrouvé. J’avais 15/16 ans, et ensuite j’ai écouté du gothic, du punk, de l’indus, de la musique contemporaine… J’ai écouté plein de trucs bizarres, mais c’est vrai qu’il y a toujours cette constance au niveau du rockabilly : j’y suis toujours revenu. Effectivement, je travaille en musique, en écoutant toutes sortes de musiques et c’est vrai que pour BURLESQUE GIRL j’ai écouté essentiellement du rockabilly – et notamment Devil Doll qui a écrit la préface.

Tu peux nous la présenter un peu ?

Devil Doll est une chanteuse de rockabilly qui a monté son propre groupe et a sorti deux albums en dix ans. Elle a son propre label et c’est une nana qui se démène. Elle a été un peu mon modèle pour Violette, l’héroïne de BURLESQUE GIRL. C’est quelqu’un d’incroyable, qui fait des tonnes de trucs, qui se démène aussi pour plein d’autres filles… C’est une des premières à avoir fait son trou dans le rockab’, qui est un milieu très macho. Et elle a toute mon admiration.

Tu as connu le mouvement gothic lolita au Japon dès 1999, tu as été très investi dedans et tu en as même fait un livre… Comment est-ce qu’on passe des goth lolitas aux burlesque girls ?

À mes yeux c’est complètement lié, peut-être pas dans la forme mais en tous cas dans le fond. C’est une expression de la féminité, c’est finalement de la sur-féminisation : dans un cas comme dans l’autre les filles exagèrent leur féminité et ont quand même une démarche. Chez les lolitas c’est très enfantin, c’est très ado – c’est pour ça aussi que c’est un milieu qui est très limité, parce que quand les filles ont 16/17 ans, elles s’arrêtent et passent à autre chose. Certaines continuent et c’est bien, parce que je pense qu’alors elles sont dans une démarche plus artistique, elles ont un message à faire passer. Et justement, certaines passent au style pin-up, parce qu’elles ont besoin de se retrouver dans un corps de femme en tant qu’adultes…

Pour en revenir au mouvement gothic lolita, quel est ton point de vue aujourd’hui sur la façon dont ce mouvement s’est développé et a évolué en France ?

Je le suis beaucoup moins ces derniers temps, parce qu’il me semble en avoir suffisamment fait le tour au niveau de mes bouquins. J’ai l’impression qu’il s’est beaucoup répandu mais qu’il a aussi un petit peu dérapé avec sa popularisation. Et même s’il est ouvert, j’ai l’impression que la démarche a changé. Ce qui m’a beaucoup déçu, c’est que c’est devenu très mercantile : au début du mouvement, vu qu’il n’y avait pas d’accès facile aux marques, les filles faisaient des choses elles-mêmes. C’était vraiment du Do It Yourself un peu partout, il y avait vraiment beaucoup plus d’échanges. Et là je vois plus de la course à l’accessoire : j’ai l’impression que ça pourrait presque être plutôt de l’échange de cartes Pokémon !

Tu prépares donc la suite de BURLESQUE GIRL. Est-ce que ça pourrait être une série plus longue ou ça restera sur deux tomes seulement ?

Oui, ça pourrait être une série. Mais là c’est encore le même problème : est-ce que l’album va se vendre ? S’il se vend, si le public suit, éventuellement, je pourrai toujours faire une suite. J’adore mon héroïne : je me la suis faite tatouer sur chacun de mes bras. Cette fille a une importance phénoménale dans ma vie, même si elle est virtuelle (rires). Donc je pense que je pourrai parler de Violette encore longtemps.

 

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  1. Nathalie

    9 février 2013 à 13 h 52 min

    François Amoretti est un homme adorable, d’une extrême gentillesse, avec une grande ouverture d’esprit. Au niveau artistique, il a un style unique, reconnaissable entre 1000.
    J’ai eu la chance de rencontrer Fançois lors de la création de ma petite maison d’édition de produits dérivés et il s’est montré très ouvert à mon projet. A l’époque on ne parlait pas encore de Burlesque Grrrl et il m’a proposé de travailler dessus. Nous avons donc réalisé une série de produits dérivés sur cet album (Affiches d’art numérotées signées, t-shirt, cartes postales). Vous pouvez jeter un oeil ici : http://artsbd.fr/les-artistes-edites/francois-amoretti.htm. Cela ne fait que quelques que nous existons et déjà d’autres excellents artistes nous ont rejoint. Nous sommes très heureux et fiers de ces collaboration. On espère que notre maison a de l’avenir…

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Interview

Interview de Keiko Nagita, scénariste de CANDY

Publié

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@Marie Carbonnier

Avec son regard pétillant et ses cheveux d’or, la jolie orpheline Candy a marqué toute une génération grâce à son adaptation animée diffusée lors de l’émission Récré A2 à la fin des années 70. Keiko Nagita, la scénariste du manga original CANDY CANDY a retrouvé son héroïne quarante ans plus tard pour écrire deux romans publiés aux éditions Pika. Lors de son passage à Livre Paris, en mars dernier, notre journaliste Marie Carbonnier a pu la rencontrer.

Parlez-nous de ces deux romans qui sortent en France. Contrairement à ce que l’on peut penser c’est du Young Adult !

Oui, il y a quarante j’ai écrit un premier roman sur Candy destiné aux enfants. En me basant sur les 2 000 pages du scénario du manga CANDY CANDY, j’en suis arrivée à 500 pages de manuscrit. Mais j’aurais pu en faire dix tomes ! Quand l’opportunité de rééditer mon roman s’est présentée, j’ai eu envie de le réécrire pour un lectorat plus adulte. J’estimais que mes personnages avaient grandis en même temps que moi.

Peut-on s’attendre à des différences entre le manga, l’animé et les romans ?

Bien sûr, j’ai pris de l’âge. Il m’est arrivé toutes sortes de choses qui n’ont pas toujours été faciles, comme pour mes personnages. Le temps et l’expérience nous ont fait évoluer. Le premier tome reprend l’histoire de Candy telle qu’on la connait mais d’un point de vue plus mature. Le second volume est un roman épistolaire et va raconter l’avenir des personnages. En fait, j’ai mis dans ces romans tout ce que je n’ai pas pu écrire pour le manga !

Comment est venue votre vocation pour l’écriture ?

J’ai perdu mon père quand j’avais dix ans, ça m’a beaucoup marquée. J’ai soudain pris conscience que la mort est imprévisible. Ce drame m’a poussée vers les livres et m’a fait réfléchir. Je me suis alors dit que le meilleur moyen de donner forme à mes pensées était la poésie. Et comme ça ne m’a pas suffi j’ai écrit un premier roman… mais aujourd’hui j’aurais bien trop honte si on le lisait !

Abordez-vous l’écriture différemment s’il s’agit d’un roman ou d’un scénario ?

Oui, complètement ! On est plus libre d’exprimer la psychologie des personnages dans un roman. Quand j’écrivais des scénarios je veillais toujours à ce que cela soit facile à retranscrire pour Yumiko Igarashi (dessinatrice de CANDY CANDY) que ça donne une belle image et qu’il puisse y avoir du mouvement. Le plus dur pour moi c’était quand l’éditeur modifiait certaines scènes. Avec le temps j’avais plus de mal à l’accepter. Un jour, je me suis dit que c’était devenu impossible pour moi d’écrire des scénarios.

Est-il vrai que vous avez écrit le dernier épisode de CANDY CANDY en France ?

Oui ! Au Domaine de Beauvois, un château hôtel à Luynes. Il n’y avait personne car on était hors-saison. J’avais envie d’être isolée, de me retrouver seule avec mes personnages. Je me souviens que j’avais le cœur qui battait, j’étais très excitée et j’ai énormément écrit. En revanche, la première fois que je suis entrée dans ma chambre j’ai vu un tableau de chasse et je me suis mise à pleurer parce que cela m’a fait penser à Anthony.

Vous êtes vraiment très attachée à vos personnages !

J’ai pleuré parce que j’étais désolée d’avoir fait mourir Anthony, mais aussi parce que je n’ai pas trop aimé le tuer lors d’une chasse au renard. Anthony est un personnage doux et gentil, je ne pense pas qu’il aime la chasse. À l’époque, l’idée ne me plaisait pas non plus mais il fallait un impact visuel pour le manga. C’est devenu l’une des scènes les plus importantes de CANDY CANDY… mais cela m’a vraiment désolée !

En France, cette mort a tellement choqué les parents que lors de la rediffusion de la série animée, le scénario avait été modifié par la chaîne Antenne 2 : Anthony était simplement blessé et à l’hôpital.

(Elle rit) Oui, j’ai appris ça ! Mais du coup, Anthony disparaît : où est-il ? A-t-il perdu la mémoire ? Néanmoins, je peux comprendre cette réaction. Moi-même j’ai eu pas mal d’hésitation à inclure cette mort dans le scénario.

Regrettez-vous ce choix scénaristique ?

Non, j’aurais tout simplement refusé sinon. Mais en vrai, l’homme meurt toujours de façon soudaine. Je l’ai moi-même expérimenté. La vie est éphémère et même si ça peut choquer les gens, c’est comme ça. Je ne trouvais pas plus mal de transmettre ce message aux enfants. En voyant Candy surmonter un drame similaire, les enfants peuvent se dire qu’eux aussi en sont capables.

Selon vous, est-ce pour cela que la mort et les orphelins sont omniprésents dans les œuvres destinées aux enfants ?

Quand j’ai perdu mon père, je lisais ANNE LA MAISON AU PIGNON VERT, le roman de Lucy Maud Montgomery. Cette lecture m’a beaucoup apportée et m’a réconfortée. Quand on vit un tel drame, on devient plus sensible à la gentillesse et à la bienveillance de notre entourage. J’espère que des œuvres de ce genre continueront d’exister et d’inspirer les lecteurs.

Le théâtre est un acteur important dans CANDY CANDY. Les pièces de Shakespeare en particulier y sont souvent représentées comme ROMEO ET JULIETTE, HAMLET, LE ROI LEAR… Le théâtre a-t-il été une source d’inspiration pour votre scénario ?

Bien sûr, Shakespeare m’a énormément influencée. Mais il y a aussi Racine et Giraudoux envers qui je suis extrêmement reconnaissante !

Que pensez-vous des « héritières » de Candy ? GWENDOLYNE de Yōko Hanabusa ou LA ROSE DE VERSAILLES de Riyoko Ikeda ?

J’ai beaucoup apprécié ces mangas et j’espère qu’il y en aura d’autres dans la même veine, mais je regrette qu’il y en ait si peu dans la production actuelle.

Pour vos dédicaces, il paraît que vous avez réservé un cadeau très spécial pour vos fans ?

J’ai apporté le stylo avec lequel j’ai écrit la fin de CANDY CANDY ! Maintenant j’écris à l’ordinateur mais je fais partie des gens qui ont écrit le plus longtemps possible à la main. Ce stylo, je l’avais acheté à Paris. Je ne l’ai plus utilisé depuis ce dernier chapitre. Quand on m’a invitée en France, j’étais tellement heureuse que je l’ai ressorti, quarante ans après ! Comme il est longtemps resté dans son coin, il doit être content d’être utilisé à nouveau.

Remerciements à Clarisse Langlet de chez Pika.

  • Résumé de CANDY – Candice White l’orpheline : Candice White est une petite fille espiègle et adorée de tous à la Maison Pony, l’orphelinat qui l’a recueillie. Elle y coule des jours heureux jusqu’à l’adoption d’Annie, son amie de toujours. Désormais seule, Candice voit peu à peu défiler les années et désespère de trouver une famille. Alors lorsque les Lagan se proposent de l’embaucher, même comme simple demoiselle de compagnie, Candice n’hésite pas un seul instant ! Et quoiqu’elle doive composer avec Neal et Eliza, deux garnements bien décidés à faire d’elle leur souffre-douleur, elle n’échangerait sa place pour rien au monde. Après tout, c’est ainsi qu’elle a rencontré Stair, Archie et, bien sûr, leur cousin Anthony ! Mais une chasse au renard pourrait bien tout faire basculer…

Le tome 2, CANDY – Le prince sur la colline, sortira en libraire le 12 juin prochain.

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Anime

Interview Shin’ichiro Watanabe – Réalisateur en résonance

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© Terror in Resonance Committee Photo © Laurent Koffel

Le réalisateur de COWBOY BEBOP est bel et bien revenu aux affaires après le délicat KIDS ON THE SLOPE et la première saison, surprenante, de SPACE DANDY. Toujours sous l’égide du studio MAPPA, fondé récemment par le légendaire fondateur de Madhouse, Masao Maruyama, il propose l’anime TERROR IN RESONANCE, décrivant une fin du monde violente, profondément ancrée dans le Japon urbain contemporain. Mieux, les héros de la série relèvent d’archétypes qui peuplent les animes situés en milieu scolaire, mais distillant un pessimisme complètement à l’opposé des personnages de KIDS ON THE SLOPE. Pour COYOTE MAG, Shin’ichiro Watanabe revient sur la genèse d’une série originale et ouverte sur le monde. 

Comment le projet Terror in Resonance s’est-il développé ?

D’un point de vue extérieur, on pourrait sans doute croire que je n’ai rien fait de 2007 à 2012, l’année où j’ai réalisé Kids on the slope. Mais en fait, pendant tout ce temps, j’avais envie de m’atteler à la création d’une nouvelle œuvre. J’ai donc élaboré plusieurs projets, mais finalement, peu ont vu le jour. Terror in Resonanceest l’un des projets de cette période.

Vous avez donc tout fait pour que ce projet se réalise ?

C’est ça. C’est à cette période que Fuji Television m’a proposé Kids on the slope. À cette occasion, je leur ai également parlé du projet Terror in Resonance. Yamamoto Kôji, producteur chez noitaminA, m’a proposé que l’on se concerte non seulement sur Kids on the slope, mais aussi sur un futur projet original. C’est ainsi que Terror in Resonancea finalement vu le jour.

Cette série reste pour l’instant encore très mystérieuse, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Hé bien… Ça se rapproche beaucoup des séries étrangères. En ce moment, il y a beaucoup de séries étrangères d’excellente qualité. Grâce à leur format, plus long que celui d’un film, elles peuvent se permettre de traiter des thèmes plus sérieux tout en incluant les nécessaires éléments de divertissement. J’avais envie, tout en faisant du divertissement populaire, d’attirer les gens qui apprécient les séries étrangères.

Quel genre de séries étrangères ?

Si je devais prendre un exemple, je comparerais Terror in Resonanceà 24 heures chrono. (Rires) Des actes de terrorisme sont perpétrés à Tôkyô, un inspecteur de police vétéran se retrouve chargé de l’enquête. (Rires) Quand j’en parle comme ça, ça ressemble un peu à une blague, mais je me suis efforcé de faire intervenir la résolution des énigmes du groupe terroriste Sphinx dans chaque épisode. Je pense que les gens qui apprécient Sherlock, par exemple, apprécieront aussi cette série.

L’annonce de la série fait état de « deux adolescents qui, sous le nom de Sphinx, entraînent le Japon tout entier dans leur jeu. » Au regard de votre filmographie, cette œuvre n’est-elle pas la plus provocante ?

En effet, c’est peut-être le cas.

Pourquoi ?

C’est un peu difficile à expliquer. Quand on crée une œuvre, particulièrement une œuvre originale, il ne s’agit pas d’assembler différents éléments en respectant un concept préétabli. Pour une œuvre originale, il faut tout inventer, jusqu’au cadre de l’action, et nos sentiments, notre état d’esprit du moment influencent forcément la création. C’est pourquoi, même si cette œuvre peut paraître provocante d’un point de vue extérieur, ce n’est pas quelque chose que j’ai créé après avoir eu une épiphanie idéologique, par exemple. Mais mes sentiments et mes impulsions du moment y sont bien présents.

Les réflexions que porte votre projet ont-elles changé depuis 2007 ?

Le fond n’a pas changé. Mais j’ai modifié certaines choses d’un ordre plus superficiel. Dans mon ébauche de 2007, j’ai l’impression que j’avais concentré toute mon attention sur les personnages. Aujourd’hui, ils sont toujours au cœur de l’œuvre, mais je pense avoir élargi les horizons pour y inclure davantage du monde qui nous entoure.

Pourquoi ces changements ?

Ils ne proviennent pas uniquement de moi, mais aussi des changements de la société japonaise elle-même. Quand il y a eu le grand tremblement de terre du Kantô, par exemple, beaucoup de gens se sont mis à parler à leurs voisins alors qu’ils ne leur avaient jamais adressé la parole avant, n’est-ce pas ? Moi aussi, il m’est arrivé d’avoir une conversation avec un employé de magasin avec qui je n’avais jamais discuté, d’échanger avec une dame inconnue, ou de me demander ce que pensaient des gens avec qui je n’aurais jamais parlé. Ce genre de rapport de solidarité entre les gens est l’un des éléments que j’ai ajoutés à mon projet de 2007 pour aboutir à celui de 2014.

Le character design est signé Nakazawa Kazuto et la musique Kanno Yôko. Ce sont deux personnes avec qui vous avez un lien très fort et qui participent également à ce projet.

Leur point commun, c’est que je n’ai jamais vraiment besoin de leur expliquer les choses. Quand je leur dis « je voudrais faire un truc de ce genre », ils comprennent immédiatement ce que je veux dire, mettent tout en œuvre et parviennent à le réaliser. Ça semble évident à dire, mais les gens qui comprennent à ce point votre sensibilité, ce n’est pas si courant. On rencontre plus souvent des gens qui ne comprennent jamais, même si on leur explique dix fois… D’ailleurs, Nakazawa et Kanno ont un autre point commun. Ils ont vraiment l’envie de transmettre à un public le plus large possible le résultat de leur travail et du mien. Je ne suis pas quelqu’un de très renommé, donc travailler avec deux personnes aussi populaires est très stimulant.

En effet, c’est le genre de situation qui donne lieu à une longue collaboration telle que la vôtre !

Tout à fait. Et je veux insister sur un point : notre compréhension mutuelle instantanée est très importante, mais ce n’est pas la raison principale qui nous fait travailler ensemble. La raison principale, c’est l’adéquation parfaite de Nakazawa et Kanno au contenu de l’œuvre que je veux réaliser. Et il ne s’agit pas que d’eux. Le plus important pour moi, dans un travail d’équipe, c’est de solliciter un collaborateur « parce qu’il n’y a que lui qui peut le faire. » Et cette fois-ci encore, Nakazawa et Kanno ont parfaitement réussi à produire le contenu que je désirais.

Quel genre d’œuvre va être Terror in Resonance ? Vous en avez encore peu parlé, mais, sans rien dévoiler d’essentiel pouvez-vous nous donner quelques indices ?

Que dire… Hé bien, dans un sens, on peut dire que c’est une œuvre qui décrit la nature de la jeunesse. Dans toute son imperfection, son inexpérience, son impétuosité, son incomplétude. Car c’est aussi là que réside son charme. Je m’efforce de décrire la difficulté, la fugacité, la beauté de cette période d’imperfection et d’inexpérience. Bien entendu, comme je le disais tout à l’heure, l’œuvre a aussi tout un côté divertissant qui s’apparente à celui des séries étrangères. Mais en même temps, j’ai construit cette série autour de cette idée de jeunesse et imprégné du sentiment particulier du réalisateur qui atteint la dizaine d’œuvres. Cet état d’esprit m’ouvre de nouveaux horizons. Je suis très excité de voir ce projet de longue date prendre enfin vie. Je serais très heureux que vous le regardiez.

Remerciements à Aurélie Lebrun. Interview publié dans Coyote Mag n°50 de l’été 2014.


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