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Interview

BLITZ : Rencontre sur l’échiquier avec Cédric Biscay !

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Alors que le regard hypnotisant d’Anya Taylor-Joy (LE JEU DE LA DAME) déchaîne les passions sur Netflix, nous en avons profité pour rencontrer un autre passionné d’échecs et de grand jeu : Cédric Biscay. Le fondateur de Shibuya Productions et créateur de BLITZ est revenu sur ses motivations de jeune scénariste et nous parle longuement de sa série, entre sport cérébral et nouvelle technologie.

  • BLITZ est surprenant pour un premier manga. Parler des échecs était-ce une évidence pour vous ?

Je voulais absolument faire un manga sur le sport, c’est ce qui m’intéresse le plus. J’aurais pu faire un manga sur le tennis mais il y en avait déjà un. Comme je ne suis pas auteur à la base, il fallait quand même qu’il y ait une certaine passion pour arriver à surmonter mon manque d’expérience. C’est ça qui fait la différence : il faut avoir un sacré background pour arriver à créer un univers qui tienne la route quand on ne connait pas son sujet.

  • Avez-vous dû chercher dans vos souvenirs de jeune joueur pour créer Tom ?

Déjà, Tom ce n’est pas moi. Mais il a les attributs que j’aime : c’est un héros qui part de rien et parvient à progresser de manière assez fulgurante. Ça m’intéresse énormément d’avoir un héros qui est assez loin de ce qu’on peut s’imaginer des codes du monde des échecs. Tom est dissipé, il a énormément de mal à se concentrer et ne rentre pas du tout dans les clous. On a connu mieux pour s’intéresser à ce jeu.

© IWA / Shibuya Productions
  • Les échecs ne sont pas le jeu le plus populaire au Japon, pourquoi avoir placé votre histoire dans ce pays, et en plus dans une école internationale ?

Je vais peut-être choquer mais pour moi un manga c’est japonais. Donc je pars du principe qu’une histoire, pour qu’elle soit intéressante, doit se dérouler au Japon, avec tous les codes dépaysants qui nous plaisent en tant que lecteur. Je voulais aussi montrer que le Japon s’est ouvert depuis de nombreuses années maintenant et qu’il est possible d’y vivre et d’y développer des activités. Donc l’idée de l’école internationale était toute trouvée. Mais on me le sort souvent, c’est vrai que des Marius dans le manga, il ne doit pas y en avoir des masses !

  • BLITZ est un manga international : vous coscénarisez depuis Monaco, et Daitarô Nishihara, le dessinateur est japonais. Comment travaillez-vous ensemble ?

Le processus de création se rapproche énormément des codes japonais. J’écris le scénario que j’envoie à ma coscénariste Tsukasa Mori. Je ne parle pas japonais alors elle se charge de la traduction. Ensuite, c’est un vrai travail de binôme où nous échangeons longuement sur le scénario, les dialogues. Une fois que nous sommes d’accord sur le scénario final on l’envoie à Nishihara-san qui lui s’occupe de faire le storyboard. Ce qui est impressionnant avec Nishihara-san c’est que dès le storyboard on a déjà 40% du dessin final. En ce qui concerne les parties d’échecs présentes dans le manga, nous sommes conseillés par plusieurs joueurs professionnels.

Cédric Biscay (à gauche) & Daitarô Nishihara (à droite) / © Shibuya Productions / IWA
  • En parlant d’objectif, le premier manga de jeu de plateau qu’on cite automatiquement c’est HIKARU NO GO. L’avez-vous pris comme un but à atteindre ou à dépasser ?

En fait je ne cite plus HIKARU NO GO parce que ça m’avait gonflé qu’on me dise tout le temps que BLITZ lui ressemblait. Mais dépasser HIKARU NO GO, je ne veux même pas imaginer ! Évidemment quand on se donne des objectifs on garde toujours un exemple en tête, mais il faut aussi avoir conscience de la difficulté que c’est. Les auteurs derrière ce titre, c’est juste la tuerie, et je ne parle même pas du dessin de Obata !

  • D’ailleurs dans HIKARU NO GO, ou encore YU-GI-OH ! il y a une part de surnaturel. Or dans BLITZ, le « pouvoir » de Tom est l’intuition. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Je ne voulais pas ressembler à YU-GI-OH !. Je ne suis pas fan des trop grandes extrapolations. PRINCE OF TENNIS, j’ai adoré jusqu’au moment où ils se lançaient des Kaméhaméha. Dans le cas de Tom, son intuition ce n’est pas vraiment un pouvoir parce qu’on l’a tous en nous. Le truc, c’est de savoir comment l’utiliser. Ce qui m’intéresse c’est de montrer que finalement tout le monde, avec certains outils, est capable de développer ses propres capacités. Après, l’aspect surnaturel du manga, cela dépend où on fixe le curseur. Mais je souhaite pousser ce côté intuition assez loin.

  • Avec le 2ème tome, vous avez accentué l’immersion dans les parties d’échecs. Il y a maintenant de véritables duels à l’épée. Ce côté épique s’est-il imposé rapidement dans votre narration ?

Oui, je voulais qu’il y ait deux styles de parties d’échecs. La première, traditionnelle, a une intensité qui est créée par la génération même de la partie. Et pour que ça puisse fonctionner, il fallait apporter beaucoup d’informations. Mais avec ce procédé, on peut rebuter certaines personnes. La seconde partie est magnifiée par le graphisme, elle est donc beaucoup plus accessible. J’essaye toujours de respecter au maximum tous les lecteurs mais je ne veux pas faire de concessions. Donc on a décidé d’expliquer les parties dans les bonus du volume pour ceux qui veulent du fun et des explications.

© IWA / Shibuya Productions
Cédric Biscay et Garry Kasparov © Laurent Koffel
  • Le tome 1 commence avec une partie d’échecs opposant Garry Kasparov à Kaijû96. Il est souvent question de la nouvelle technologie dans BLITZ, l’un n’allait pas sans l’autre ?

Je n’ai jamais caché que BLITZ allait s’orienter pas mal sur les intelligences artificielles et l’intuition. Dans les jeux de plateau l’intelligence artificielle a une importance primordiale, on en revient toujours à ce constat : l’homme contre la machine. Pour moi, Garry Kasparov c’est celui qui a défié la machine avec son cerveau et ses connaissances. C’est une vraie force. Dans BLITZ, il y a des personnages qui vont amener cette technologie dans l’histoire. Mais je ne vais pas vous dévoiler l’intrigue !

  • En parlant d’intrigue, allez-vous glisser votre propre tête dans votre manga ?

Alors j’avoue que je n’y ai jamais pensé (rires) ! Ce n’est pas du tout prévu mais si j’ai l’idée assez saugrenue de glisser ma tête dans BLITZ, il est clair qu’il y aura aussi les têtes de Nishihara-san et Tsukasa Mori. Les caméos faut les laisser à Stan Lee. Mais ça peut être marrant de se retrouver à un moment devant le building de Shibuya Productions !

Propos recueillis le 5 novembre 2020 par Olivia Tripault

Merci à Cécric Biscay, aux éditions Iwa et à Shibuya Productions.

Compte Twitter de BLITZ : https://twitter.com/BlitzManga

Site de Shibuya Productions http://www.shibuya-productions.com/

Compte Twitter de Shibuya Productions : https://twitter.com/ShibuyaProd

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