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Manga

Alice au-delà des étoiles

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L’espace pour se rapprocher du souvenir de ses parents… ou pour devenir soi ? Le nouveau manga de Kiko Urino mêle questions existentielles et training cérébral. Tome 1 à paraître le 20 mai chez Glénat Manga.

Alice Asahida est au collège mais elle a déjà une idée fixe : devenir la première japonaise en mission sur la Station Spatiale Internationale (ISS), actuellement en orbite à 400km de la Terre. Et pourquoi pas atteindre le grade de commandante. Pas si simple pour une « semilingue ». Alice est métisse, mais elle ne maîtrise ni sa langue maternelle, ni le japonais, et cela lui pose des limites dans son quotidien : si elle n’a pas de graves problèmes avec ses études, elle a du mal à communiquer avec ses camarades.

Alice a tendance à leur répondre à côté de la plaque et elle ne peut pas formuler des idées complexes, ou bien exprimer ses sentiments profonds. Tout le monde aime son énergie et son élégance, cependant elle a un peu le rôle de la mascotte, que l’on traite avec d’autant plus de gentillesse qu’elle a perdu ses parents.

© 2026 Kiko URINO / SHOGAKUKAN

Au Japon, les astronautes sont recrutés au niveau Bac+5 (ingénieur, pour schématiser). Ils sont capables d’effectuer des réparations dans l’espace et leur profil psychologique est tout aussi important : savoir maîtriser ses émotions pour éviter les tensions, et s’exprimer dans un anglais parfait pour transmettre aux autres astronautes des informations précises. En orbite à 400 km de la Terre, si un nuage de débris déboule à 25 000 km/h, mieux vaut ne pas être en train de s’embrouiller parce que personne n’a pensé à reboucher le dentifrice…

Alice est donc encore très loin des étoiles. Il y a dans un autre collège un génie solitaire, Inuboshi. Un garçon beaucoup trop rationnel pour pouvoir se faire des amis. Il analyse tout, tout le temps, et quand il donne son point de vue c’est un uppercut, au calme et sans prendre de gants. Par contre Inuboshi va aider Alice, une heure par jour, quand il s’aperçoit que tous deux ont un point commun.

© 2026 Kiko URINO / SHOGAKUKAN

Alors non, et encore non : Alice au-delà des étoiles n’est pas un manga de révisions / culture générale / examens scolaires. La relation qui s’installe entre Alice et Inuboshi va plus loin que des cours de maths ou de japonais. La jeune femme va développer ses facultés intellectuelles, mais c’est un voyage intérieur qui l’attend – « au-delà des étoiles » annonce le titre, on imagine donc « au-delà la performance de devenir astronaute ». La découverte de soi et d’un autre regard sur son avenir. Au détour de certaines scènes, l’autrice semble insister sur le fait que nous sommes plus que l’addition des gènes de nos parents, et plus que leurs enfants et les suivants dans la lignée.

© 2026 Kiko URINO / SHOGAKUKAN

Depuis l’été 2024, Kiko Urino signe ce manga dans le magazine seinen Big Comic Spirits et l’autrice n’en est pas à son coup d’essai, ses feuilletons et ses histoires courtes sont remarqués depuis ses débuts il y a une quinzaine d’années. On retrouve d’ailleurs dans Alice au-delà des étoiles les finesses d’écriture et psychologiques aperçues dans De neiges et de flammes.

Le trait léger et sec de la mangaka n’est pas forcément séduisant au début, par contre on s’attache très vite à son propos. Des sujets assez ordinaires (les difficultés à communiquer, à socialiser, le fait de se sentir différent ou dans une impasse) en cachent d’autres, plus profonds, exprimés avec pas mal d’élan et d’ingéniosité. On pense par exemple au chapitre consacré à « la relativité des couleurs », un chapitre à la fois décisif pour Alice, et instructif (Inuboshi étale sa science, et il le fait bien).

J’ai quand même refermé ce premier tome avec une pointe de regret : le dernier chapitre n’est pas tout à fait à la hauteur de ce qui a précédé. Kiko Urino fait le choix de nous laisser en plein suspens et ça se défend, mais pour en arriver là il a fallu accélérer le tempo pour impliquer plein de données d’un coup...

Le premier chapitre est disponible sur le site des éditions Glénat, tout comme pour De neiges et de flammes. Kiko Urino est également l’autrice du boy’s love Internet Love.

Autrice : Kiko Urino
Éditeur : Glénat Manga
Tome 1 disponible le 20 mai
Prix : 7,90 €

Chef de rubrique manga et membre de la team Coyote Mag depuis une éternité. Né à l'ère Shôwa, toujours dans le game à l'ère Reiwa. Fan de Keisuke Itagaki comme de Mari Okazaki.

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