Manga
Shinobi Undercover
Action, discrétion et un ninja en flippe d’aller au lycée sont au programme de cette série de Weekly Shônen Jump, qui sort en France aux éditions Soleil Manga.

Vous reprendrez bien une dose de protection rapprochée ?
Après Kill Blue, Kindergarten Wars ou encore The hitman’s fave, Shinobi Undercover vient s’inscrire à son tour dans le sous-genre du bodyguard manga, cette-fois ci avec option techniques fatales + discrétion.
Dans cette série lancée en 2024, les ninjas sont aux ordres de la sécurité publique, donc du côté des gentils. Yodaka ne paye pas de mine avec son petit gabarit perdu dans un gilet XL, par contre ce jeune prodige est le meilleur des ninjas en activité. Sa prochaine mission : infiltrer un lycée pour assurer la protection d’Aoi, une adolescente de bonne famille (aucun doute à ce sujet, vu qu’elle arrive le matin en berline noire avec chauffeur).

SHINOBIGOTO © 2024 by Ippon Takegushi, Santa Mitarashi / SHUEISHA Inc.
Oui mais voilà. Yodaka a un gros souci de sociabilité, et les guibolles qui tremblent à l’idée de se mêler aux jeunes de son âge. Ce qui oriente d’emblée Shinobi Undercover vers la comédie d’action, et une définition très directe des personnages. Souvenez-vous de l’opening de Miraculous Ladybug. « Je m’appelle Marinette, une fille comme les autres » et là, blam, elle s’emmêle les pieds et se prend le trottoir. Aoi est présentée de la même manière (à croire que les filles normales ont toujours des problèmes avec leur centre de gravité mais bref, passons) : pour son entrée en scène, elle se fait mal quatre fois en quatre cases, et plus loin elle finit la tête dans une poubelle.
Est-ce que cela cache quelque chose, du genre Aoi serait en fait un autre ninja undercover ? Si c’est le cas, elle est super bien cachée. En attendant ce personnage a un autre dilemme : elle a toujours vécu dans sa bulle et elle n’est pas naturellement à l’aise avec les autres, même si elle s’en sort bien mieux que Yodaka – au moins, elle prend son quotidien en main. Du coup, la dynamique avec Yodaka est évidente, ça fonctionne et on peut rapidement s’attacher à ces deux-là.


SHINOBIGOTO © 2024 by Ippon Takegushi, Santa Mitarashi / SHUEISHA Inc.
Simplicité, rapidité
Pour ce premier tome, ce sont les deux maîtres mots. Quand on scénarise un manga avec un killer super fort plongé dans une vie normale, il y a deux options : inventer des plans compliqués afin que le héros puisse agir sans se faire cramer, ou bien se laisser à des plaisirs plus simples et plus immédiats. Pour le démarrage de Shinobi Undercover, c’est la seconde option qui a été retenue.
Tout ce qui relève de la stratégie est plié en deux-deux. Un ennemi déboule dans un couloir du lycée ? Allez hop, le temps de détourner l’attention d’Aoi (qui ne doit pas savoir qu’elle est entourée d’anges gardiens et d’ennemis), et le méchant PNJ est projeté illico presto par la fenêtre. Cela manque un peu de piquant à mon goût, par contre les auteurs se concentrent sur le fait de trouver les bons moves, la bonne chorégraphie, pour que l’action ait de l’impact. Ça va vite, sans non plus être expédié… à la va-vite.

SHINOBIGOTO © 2024 by Ippon Takegushi, Santa Mitarashi / SHUEISHA Inc.
Dans Shinobi Undercover, l’action est intégrée au storytelling, on n’est pas là pour des prouesses de découpage pendant vingt pages. Ce tempo permet de ne jamais s’éloigner des personnages et de leurs problèmes en matière de relations sociales, en particulier Yodaka qui a toutes les peines à surmonter sa phobie pour se rapprocher d’Aoi… A l’évidence, il ne va pas pouvoir lui sauver la vie en restant dans son coin, cent mètres derrière elle !
La série débute donc en mode comédie d’action sans grande originalité mais efficace, avec une dynamique entre les personnages qui s’avère accrocheuse, tout en réservant de possibles surprises. Par exemple, le développement des deux autres ninjas qui accompagnent le héros, avec une mention spéciale pour Hibari qui vient faire exploser l’ambiance avec ses crises de colère.
Seule ombre au tableau : les nukenin, des antagonistes menés par un chef horriblement cliché avec sa belle gueule et son regard de psychopathe… histoire que l’on comprenne toute de suite que c’est un fou dangereux. Affaire à suivre, la série ayant sept tomes au compteur au Japon, on imagine que les auteurs font bien mieux par la suite pour faire grimper la tension…
Auteurs : Ippon Takegushi (scénario), Santa Mitarashi (dessin)
Éditeur : Soleil Manga
Tome 2 le 18 juin
Prix : 7,29 €

