Manga
Resident Evil – Death Island : C’est ça qu’on veut ?!
Des infectés, des mutants, du bruit et de la fureur, sur 240 pages d’action non-stop (ou presque). Un one-shot disponible en grand format aux éditions Mana Books.

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Le T-Virus gigote encore
Jill, Chris, Leon et Claire renfilent leur holster pour enquêter à San Francisco, sur la côte ouest des États-Unis. D’abord séparés afin de suivre plusieurs pistes (une mouvance terroriste, un mammifère marin mort à cause d’une morsure gigantesque, etc.), le quatuor finira par se rassembler pour faire face à une menace un rien plus grave que ce qu’ils imaginaient.
Death Island est (tout) simplement l’adaptation du film d’animation du même nom, sorti en 2023. Une adaptation en ligne droite, qui n’apportera rien de plus à l’univers et aux personnages de Resident Evil, et de toute façon ce n’était pas le but. Pour Capcom et ses partenaires (le manga sort au Japon via Kadokawa), il s’agissait d’utiliser le support manga pour une opération mix-média / marketing.

©ZINO 2024 ©2023 CAPCOM/DEATH ISLAND FILM PARTNERS ALL RIGHTS RESERVED. KADOKAWA CORPORATION
C’est sur ce chemin tout tracé que le dessinateur chinois Zino doit avancer avec sa première création pour le Japon. Rien à imaginer, tout à redire, et donc la mission de nous tenir en haleine avec un scénario qui n’est qu’un bon gros prétexte pour tout défourailler…
Pour Zino, ajouter son nom à la liste des artistes qui ont participé à la franchise Resident Evil a sans doute représenté une étape importante, même si il ne sort pas de nulle part (il publie depuis plus de dix ans en Chine notamment la série Unity of Heaven). Alors, libéré de toute contrainte au niveau du scénario, déjà en place, il s’est « contenté » de dessiner… mais sacrément bien.

©ZINO 2024 ©2023 CAPCOM/DEATH ISLAND FILM PARTNERS ALL RIGHTS RESERVED. KADOKAWA CORPORATION
C’est noir de sang
L’histoire étant ramassée sur un court laps de temps, une fois passée l’introduction Zino maintient un tempo en mode blast-beat/ double grosse caisse, sans jamais manquer de souffle. Les hordes d’infectés, les monstres, le décor étouffant d’un huis-clos dans une prison (qui nous ramène aux origines de la franchise)… Le style extrêmement précis et agressif du dessinateur installe tout ce que l’on pouvait espérer, en terme d’ambiance et de violence graphique, pour faire de Death Island un joli pavé noir de sang.
Son style puise aussi, à l’évidence, dans la bande-dessinée américaine, aussi bien au niveau des poses et de l’encrage que de certains cadrages. Avec par-dessus une maîtrise des effets numériques, Zino sert un travail d’orfèvre.

©ZINO 2024 ©2023 CAPCOM/DEATH ISLAND FILM PARTNERS ALL RIGHTS RESERVED. KADOKAWA CORPORATION
C’est pas ça qu’on veut ?!
On peut donc remercier l’auteur de Death Island, qui à la force de sa tablette graphique a transformé un produit marketing en récit d’action d’une belle épaisseur (à l’inverse de la psychologie des personnages, qui n’y gagne pas un millimètre de plus). Sur le plan graphique, il s’agit du plus abouti des mangas Resident Evil, parce que Zino a pris une direction radicalement furieuse, et est allé au bout de sa démarche.
Ce qu’il reste de frustration, on la doit à Capcom et à ses partenaires, qui ont oublié qu’on préférait du neuf, du scénario (plus ou moins) inédit à la Marhawa Desire, ou bien voir s’exprimer des facettes un peu cachées des personnages, bref que les mangas développent un minimum la mythologie de Resident Evil.
Mais ça passe pour cette fois-ci, car malgré ce genre de réserves ce one-shot reste superbement exécuté, et indispensable.
Pas encore convaincu.e ? Un extrait est disponible sur le site des éditions Mana Books.

©ZINO 2024 ©2023 CAPCOM/DEATH ISLAND FILM PARTNERS ALL RIGHTS RESERVED. KADOKAWA CORPORATION
Dessin : Zino
Éditeur : Mana Books
One-shot disponible
Prix : 12 €

