INTERVIEW KACHOU HASHIMOTO

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Glénat a eu le nez creux en trouvant sur Internet CAGASTER, manga d’une auteure généreuse et passionnée qui l’offrait en ligne à ses lecteurs. C’est dans la ville d’où elle tire son pseudonyme, Hashimoto, que la jeune Kachou Hashimoto a répondu à nos questions…

© Laurent Koffel

QUELS MANGAS AIMIEZ-VOUS LIRE, ENFANT ?

USHIO ET TORA a été le premier manga que j’ai lu, c’était au collège.

QUAND AVEZ-VOUS EU LE DÉCLIC, L’ENVIE DE DEVENIR PROFESSIONNELLE DANS CE MILIEU TRÈS DIFFICILE ?

Au collège, pendant que je lisais des mangas, je me suis dit que moi aussi, j’aimerais bien dessiner quelque chose. Alors j’en ai dessiné et je les ai montrés à mes amis pour obtenir leurs avis. Au fur et à mesure, je prenais de plus en plus de plaisir à dessiner des mangas, et j’ai décidé d’en faire mon métier. Après le lycée, je suis donc devenue l’assistante de Daisuke Higuchi (WHISTLE !)

COMMENT AVEZ-VOUS OBTENU CE POSTE ?

Une de mes amies était assistante sur WHISTLE ! et ils n’étaient pas assez nombreux. A l’époque, je vendais des bento comme petit boulot, et elle m’a proposé de les rejoindre. D’ailleurs, au tout début, je ne dessinais même pas, je gommais juste les crayonnés une fois les dessins encrés.

QUELS TITRES AVEZ-VOUS PUBLIÉS PROFESSIONNELLEMENT ?

J’ai commencé à 19 ans dans le Shônen Sunday, dans lequel j’écrivais de courtes histoires. Et après 4 ou 5 one-shots, je me suis retrouvée libre de tout contrat. J’ai alors ouvert mon propre site et j’ai commencé CAGASTER. Suite à cela, j’ai reçu des propositions de plusieurs éditeurs et de professionnels.

Cagaster © 2014 Kachou Hashimoto / Éditions Glénat

CE CONTRAT AVEC SHÔGAKUKAN ÉTAIT-IL UN CONTRAT SUR UN NOMBRE DE TITRES, OU BIEN SUR UNE DURÉE FIXÉE ?

Ce  n’était pas sur la durée. En fait, pour chaque one-shot, il s’agissait d’un contrat différent.

QU’EST-CE QUI VOUS A MOTIVÉE À PUBLIER GRATUITEMENT CAGASTER SUR VOTRE SITE ?

Déjà, je ne voulais pas subir les contraintes d’un éditeur. Je voulais dessiner ce dont j’avais envie, sans me faire imposer des idées par un responsable éditorial. Une autre raison, plus pragmatique, c’est que si on veut publier ses œuvres en dôjinshi, il faut débourser de l’argent pour le papier, alors que le net est non seulement gratuit, mais permet également d’avoir des retours instantanés du lectorat.

AVIEZ-VOUS MIS EN PLACE UN SYSTÈME DE RÉTRIBUTION POUR LES LECTEURS QUI AURAIENT VOULU VOUS DONNER UN PEU D’ARGENT APRÈS AVOIR LU CAGASTER ?

Pas du tout. J’ai vraiment dessiné ce manga pour mon plaisir, et pour ce qui est de l’argent, j’en gagnais en faisant l’assistante pour des mangakas.

Cagaster © 2014 Kachou Hashimoto / Éditions Glénat

VOUS L’AVEZ CRÉÉ TOUTE SEULE, SANS ASSISTANT ?

Oui !

VOUS DESSINIEZ SUR PAPIER POUR ENSUITE LE SCANNER, OU BIEN VOUS DESSINIEZ DIRECTEMENT SUR ORDINATEUR ?

Au début, je dessinais sur papier pour ensuite le scanner. Maintenant, j’alterne.

EN LISANT LE PREMIER TOME DE CAGASTER, LES INFLUENCES SEMBLENT VRAIMENT NOMBREUSES : HOKUTO NO KEN, CLOVER, NAUSICAA… QUELS TITRES ONT EFFECTIVEMENT EU UNE INFLUENCE SUR LA CONCEPTION DE CAGASTER ?

C’est plus l’animation qui m’a inspirée, notamment les films d’aventure. Sans parler d’inspiration, j’ai voulu rendre hommage aux productions Ghibli et Gainax.

AVEZ-VOUS EU DES RETOURS PAR MAIL DE VOTRE LECTORAT ? SAVEZ-VOUS ENVIRON COMBIEN DE PERSONNES ONT LU CAGASTER ?

Au début, il n’y avait même pas cent personnes qui venaient. Ensuite, la série a fait une moyenne de 2 000, 3 000 personnes par chapitre, mais ça variait et ça a même pu monter jusqu’à 10 000 ! Si je faisais un upload de chapitre, ça montait à 3 000 ou 4 000, mais si je faisais également une mise à jour de mon blog, ça montait à 10 000.
Il y avait beaucoup de lecteurs qui me demandaient comment l’histoire allait évoluer, mais aussi pour râler que le site mettait du temps à charger, car il y avait beaucoup de données et Internet n’était pas aussi rapide à l’époque ! (rires)

Cagaster © 2014 Kachou Hashimoto / Éditions Glénat

D’AILLEURS, CAGASTER PLAÎT-IL PLUTÔT AUX HOMMES (GRÂCE AU PERSONNAGE D’ILIE) OU AUX FEMMES (AVEC KATO LE BAD BOY) ?

Je ne sais pas vraiment, mais je pense que c’est 50-50. Sur Twitter, j’ai des remarques d’hommes et de femmes, de jeunes et de vieux, c’est vraiment très varié. Au Comiket, quand je rencontre mon public, c’est vraiment moitié-moitié.

AVEZ-VOUS JUSTE FAIT LA SÉRIE POUR LE PLAISIR, OU EN AVEZ-VOUS PROFITÉ POUR EXPÉRIMENTER ?

Bien sûr, c’était pour mon plaisir propre, mais je savais que ça me servirait plus tard, alors j’en ai aussi profité pour étudier, faire des tentatives.

VOUS ÊTES-VOUS FIXÉE DES CONTRAINTES DE RENDU ?

Je faisais en sorte d’avoir un planning bien construit, mais comme je recevais des commandes ponctuelles de la part de mangakas ou d’éditeurs, il y a eu des fois où je n’ai pas pu le respecter.

© Laurent Koffel

POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS SUR ARBOS ANIMA, VOTRE NOUVEAU TITRE ?

L’histoire se déroule au 19esiècle, en Asie orientale, et se focalise sur des chasseurs de plantes, avec un mélange d’action et de fantasy. Je ne peux pas encore vous dire chez quel éditeur ce titre sortira, nous sommes actuellement en pleine négociation.

PENSEZ-VOUS QUE L’AVENIR SOIT AU MANGA NUMÉRIQUE, OU AUX APPLICATIONS DU TYPE COMIC WALKER QUE VIENT DE LANCER KADOKAWA ?

Je souhaiterais vraiment que le manga digital soit de plus en plus présent. Je ne souhaite pas la disparition du manga papier, qui est une institution, mais j’aimerais un réel développement du manga numérique.

Interview réalisée le 24 mars 2014 à Hashimoto par Matthieu Pinon. Photos : Laurent Koffel. Traduction : Loïc Régnier. Remerciements : Fanny Blanchard. Publié dans Coyote Mag n°49.

© Laurent Koffel

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