Polysics à la conquête du monde

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Polysics. Photo : Cédric Morin

Réduit à l’état de trio depuis 2010, Polysics livrait fin 2012 WEEEEEEEEEE !!!, un album brut et décapant comme une pierre ponce. L’occasion pour le groupe électro-punk de faire une tournée européenne, partageant la scène avec the Telephones, un quartet funk-rock délirant. De passage au Divan du Monde, ils ont livré au public une performance endiablée et à notre micro leur vision du punk.

VOUS AVEZ CRÉÉ LE GROUPE EN 1997. QUELLES ÉVOLUTIONS PRINCIPALES A-T-IL CONNU EN 15 ANS ?

HIROYUKI Hayashi : Quand j’ai fondé Polysics en 1997, ce n’était pas vraiment un groupe. Nous étions trois, je faisais guitare et chant, mais nous faisions plutôt des performances. Par contre, au fil du temps et avec les changements de membres, nous sommes devenus un vrai groupe de rock.

POURTANT, SUR VOTRE PROCHAIN MINI-ALBUM, LE TITRE MEGA OVER DRIVE EST RÉALISÉ SANS GUITARES. POURQUOI ?

H.H. : Effectivement, ce mini-album est une sorte de synthèse de tout l’esprit rock qui anime Polysics. Mais je voulais surtout créer un morceau avec le plus de liberté possible, qui s’affranchisse des clichés du rock, comme les guitares. Et quand on a commencé à l’enregistrer au studio, sans batterie, je me suis rendu compte que ça marchait bien ! J’espère continuer d’aller vers la liberté et faire de bons morceaux.

PUISQU’ON PARLE DE CLICHÉ, QUAND ON PENSE « PUNK » ON PENSE À UNE MUSIQUE AGRESSIVE, VIOLENTE ET NIHILISTE. VOUS FAITES UN PUNK RÉSOLUMENT JOYEUX : COMMENT AVEZ-VOUS DÉPASSÉ CE STÉRÉOTYPE ?

H.H. : C’est plutôt l’envie à l’intérieur de moi qui compte. Une envie de casser la forme habituelle, les clichés, les formats décidés à l’avance… c’est ça le punk pour moi ! À l’époque, Devo, pour moi c’était punk. La mode était aux rockers macho qui grattaient les guitares, avec des blousons en cuir… ça c’était cliché ! Devo, eux, faisaient le contraire, ils avaient une énergie bien moins masculine, ils faisaient plus intelligents que virils. Je veux faire des choses nouvelles, étonner le public qui nous découvre. C’est à la fois punk et new age, c’est ma façon de voir la musique.

DEPUIS UNE DIZAINE D’ANNÉES, LA POP SEMBLE S’UNIFORMISER, AUSSI BIEN AU JAPON QU’EN FRANCE. QUELS GROUPES SORTANT DU RANG, COMME VOUS, NOUS CONSEILLERIEZ-VOUS D’ÉCOUTER ?

H.H. : The Telephones ! (rires). Il y a un groupe que j’adore qui s’appelle The Kome Sodo, c’est très jeune, deux filles, un garçon à la batterie, et ils ont la petite vingtaine. Ce qui me trouble dans ce groupe, c’est qu’on ressent un esprit rebelle post-rock qu’on retrouvait vers 1978, 79. Une envie de changer les choses qu’on retrouve chez eux alors qu’ils n’ont jamais connu cette époque.

VOTRE TOURNÉE FRANÇAISE AVEC THE TELEPHONES TOUCHE À SA FIN. COMMENT S’EST-ELLE PASSÉE ? LE PUBLIC A-T-IL ÉVOLUÉ DEPUIS VOS PREMIERS CONCERTS EN FRANCE ?

H.H. : C’est plutôt nous qui connaissons mieux notre public français. Au début, nous apportions les mêmes set-lists qu’au Japon. Et depuis notre première date à Limoges, nous avons su faire des set-lists plus adaptées. Je pense que le concert de ce soir sera plus abouti que nos premières performances.

Divan du Monde – 23 septembre 2013. Propos recueillis par Matthieu Pinon. Trad : Yoko Yamada. Interview publié dans Coyote Mag n°48 (février 2014)

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Chef de meute !

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