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Interview Masao Maruyama

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Photo © Laurent Koffel

Rencontrer Masao Maruyama, c’est rencontrer cinquante ans d’animation. Celui qui a fait ses débuts sous la direction d’Osamu Tezuka s’est vite imposé comme un producteur incontournable. Sous sa houlette, le studio Madhouse, qu’il a cofondé en 1972 et dirigé dès 1980, se tourne vers la production de longs métrages : MANIE MANIE, NINJA SCROLL, PERFECT BLUE, SUMMER WARS ou REDLINE n’auraient jamais vu le jour sans Maruyama.
Refusant la politique racoleuse imposée par les trésoriers de Madhouse, Maruyama préfère quitter la société où il aura passé presque 40 ans pour fonder, en 2011, MAPPA (Maruyama Animation Produce Project Association). En trois petites années, le studio s’est déjà distingué avec des titres comme KIDS ON THE SLOPE ou HAJIME NO IPPO. Nous sommes d’ailleurs conviés à la projection-test de l’ultime épisode de la troisième saison de ce dernier, avant un entretien à cœur ouvert avec le légataire de Satoshi Kon.

POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE LA NOUVELLE ŒUVRE DE SHIN’ICHIRO WATANABE ?

Nous avons mis le kanji de Tero (époque) mais nous avons rajouté Terror en katakana en dessous, on pourrait alors traduire cela par « la terreur du passé ». Elle sera diffusée sur Fuji TV à partir du mois de juillet, dans la case noitaminA. Il s’agira d’une œuvre originale, et elle tiendra en douze épisodes.

CE N’EST CERTAINEMENT PAS LE SEUL PROJET EN COURS…

En effet, Keiichi Sato, le réalisateur de KARAS et TIGER AND BUNNY est en train de travailler sur une œuvre originale attendue pour un peu plus tard, SHINGEKI NO BAHAMUT. La série sera adaptée d’un jeu vidéo, mais l’intrigue sera complètement originale, là encore.

ET AU NIVEAU FILM, OÙ EN ÊTES-VOUS ?

Sunao Katabuchi, le réalisateur de MAI MAI MIRACLE et de PRINCESSE ARETE travaille sur une adaptation en film de DANS UN RECOIN DE CE MONDE (manga de Fumiyo Kuno sur la vie dans la ville de Kure pendant la seconde guerre mondiale, éd. Kana).

EN SEULEMENT TROIS ANS, MAPPA A DÉJÀ BEAUCOUP DE PRODUCTIONS À SON ACTIF.

Et il y en a encore à venir ! BAHAMUT est vraiment très impressionnant. Vous pouvez voir le pilote sur le site officiel ou YouTube, nous sommes fiers du résultat final.

EST-CE PARCE QUE C’EST VOUS, M.MARUYAMA, QUI ÊTES À LA TÊTE DE MAPPA, QUE LE STUDIO A PRODUIT AUTANT DE TITRES ET D’ADAPTATIONS ?

Oui, sans aucun doute possible. C’est aussi parce qu’il y a une vraie volonté de travailler avec tous ces réalisateurs, comme M. Watanabe ou M. Nishiimura (IPPO).

QU’EST-CE QUI CARACTÉRISE UNE PRODUCTION MAPPA ? POUR QUELLE RAISON, QUAND ON REGARDE UN TITRE SORTI DU STUDIO, SE DIT-ON AUSSITÔT : « AH ! ÇA, C’EST DU MAPPA » ?

Ce qui fait la marque Mappa, c’est de laisser le réalisateur et l’œuvre s’exprimer à 100 %, de laisser transparaître leur essence principale.

DURANT ANIMEJAPAN, NOUS AVONS PU RÉALISER QUE LES STUDIOS D’ANIMATION TOMBAIENT DE PLUS EN PLUS DANS LE FAN SERVICE PANTSU, ALORS QUE MAPPA PROPOSE DES TITRES NOBLES… 

D’ailleurs, il y a une autre œuvre de Mappa qui a été proposée pendant le salon, l’adaptation animée de GARO, qui bénéficiera d’un scénario original.

… ET NOUS VOULIONS SAVOIR CE QUE VOUS, VOUS PENSIEZ DE L’ÉTAT DE L’ANIMATION JAPONAISE AUJOURD’HUI.

Oh, moi aussi je fais du fan service ! En faisant du GARO, du BAHAMUT, je réponds aux attentes des fans ! Mais si on parle de petites culottes et de moe, non, on ne fait pas ça et c’est vrai qu’il y en a de plus en plus. Je préfère produire des œuvres aux intrigues complexes comme GARO ou BAHAMUT même si beaucoup trouvent ça trop compliqué (rires).

ON A VU LES POSTERS PACIFIC RIM DANS LES STUDIOS. ON A AIMÉ LE FILM NOUS AUSSI, QUI EST UNE CLAQUE GRAPHIQUE, MAIS ON LUI REPROCHE SON SCÉNARIO TROP LÉGER. PEUT-ON FAIRE UNE BONNE ŒUVRE SANS SCRIPT FOUILLÉ ?

Non. La première chose, c’est qu’il faut un vrai scénario, un vrai storyboard. Mais il faut aussi avoir un réalisateur qui connaît très bien son métier, c’est indispensable.

PEUT-ON EN SAVOIR PLUS SUR LE FILM POSTHUME DE SATOSHI KON, DREAMING MACHINE ?

Nous sommes encore en recherche de fonds.

DEPUIS LONGTEMPS ?

Ça commence à faire longtemps, oui.

LE BUDGET NÉCESSAIRE EST-IL SI GRAND QUE ÇA ?

C’est monumental. En comparaison avec celui de MAI MAI MIRACLE, il nous faut cinq fois plus d’argent, donc oui, c’est très lourd d’un point de vue financier.

AVEZ-VOUS PENSÉ À PASSER PAR LE CROWDFUNDING ?

Nous voulons d’abord réunir un maximum de fonds propres au Japon avant de lancer une campagne de financement participatif à l’international. Mais je ne pense pas que nous réussirons à lever la somme désirée lors du crowdfunding.

TRIGGER A POURTANT RÉUSSI À RÉUNIR UNE SACRÉE SOMME POUR LITTLE WITCHES 2…

Je pense que c’est plus facile pour une œuvre de divertissement que pour une œuvre artistique. Donc je me demande si les gens seront prêts à investir de l’argent dans une œuvre qui tient plus de l’art que de l’entertainment pur. Je réunis actuellement des fonds grâce à des personnes qui veulent avant tout voir le film concrétisé plutôt que faire des bénéfices. C’est pour cela qu’il est difficile et long de trouver des mécènes, et non des investisseurs.

En plus, c’est tout ce qui reste de Satoshi Kon ! Il est important que ce soit des personnes en synchronisation émotionnelle avec cette œuvre. Pour avoir la plus grande délicatesse et la plus grande appréciation, il nous faut dénicher et convaincre les artistes les plus adéquats.

Yume miru kikai (Dreaming Machine)

QUI SONT LES LÉGATAIRES DE SATOSHI KON POUR CE FILM ?

Sa veuve Kiyoko, et moi. Nous voulons faire les choses bien, efficacement, même si cela nous demande un temps fou.

Yume miru kikai (Dreaming Machine)

QUEL EST VOTRE PLANNING À LONG TERME ?

Il y a deux choses que je veux faire avant de prendre ma retraite et de mourir : le film de Satoshi Kon et une adaptation du PLUTO d’Urasawa, avec la participation de ce mangaka avec qui je dinais hier soir… Mais là, il faut ENORMEMENT d’argent !

Propos recueillis par Matthieu Pinon, Studio Mappa, 28 mars 2014. Traduction : Emmanuel Bochew. Photos : Laurent Koffel
Interview publié dans Coyote Mag n°50

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