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THE HITMAN’S FAVE

Rangez les flingues, sortez les glow sticks. Un tueur à gages plaque tout pour vivre sa passion d’otaku : devenir le fan dévoué d’une idol underground. Les histoires de gros durs qui mènent une vie normale, cela commence à former un sous-genre à part entière en VF. De quel calibre est The Hitman’s fave ?

KOROSHIYA NO OSHI ©Rintarou Ohshima 2023 / KADOKAWA CORPORATION
Come on baby, one more time ! Non ? Ah, OK…
Owaru Endô, c’est le John Wick de Tokyo : implacable, indétectable et spécialiste du grand nettoyage. Quand il décide de tourner la page, le chef du clan le laisse partir, en faisant la grimace, mais peu importe (pour le moment) car Owaru peut désormais consacrer tout son temps libre à soutenir Kaorin, en allant à ses concerts et aux rencontres avec les fans.
Kaorin a bien de la chance d’avoir un ex-pro du silencieux à ses côtés : quand elle est victime d’un kidnapping, devinez qui vient exploser les truands en trente secondes chrono ? La jeune chanteuse ne connaît pas l’identité de son sauveur (on voit pas grand chose avec un sac sur la tête), ce qui permet à Owaru de rester un gentleman anonyme… et raide comme un manche à balai, dans ce milieu de fans qui s’agitent comme des petits fous en concert

KOROSHIYA NO OSHI ©Rintarou Ohshima 2023 / KADOKAWA CORPORATION
Cœur d’acier, cœur sur toi
La voie du tablier, The yakuza’s guide to babysitting, Back Street Girls… Tout comme ces séries, The Hitman’s fave repose sur deux univers complètement opposés (criminalité / vie ordinaire), ce qui amène son lot de situations bien décalées. En misant sur la rencontre entre un assassin expérimenté et une apprentie pop-star, le mangaka Rintaro Ôshima pousse un peu plus loin le grand écart : Kaorin cherche la lumière et la célébrité, tandis qu’Owaru a besoin de rester dans l’ombre et l’anonymat.
Chaque chapitre du premier tome forme un épisode auto-conclusif, qui impose un challenge différent à Owaru. Le plus savoureux – en tous cas celui qui nous a bien fait rire – amène Owaru devant un objectif photographique, au cours d’un photocall entre les idols et leurs fans. L’ex-tueur à gages se retrouve coincé entre la discipline qu’il s’est toujours imposée (ne jamais être pris en photo ni identifié, c’était une question de survie dans son métier) et le désir de ne pas attrister Kaorin en refusant.

KOROSHIYA NO OSHI ©Rintarou Ohshima 2023 / KADOKAWA CORPORATION
Rintaro Ôshima commence par montrer les techniques de furtivité que son héros maîtrise, avant de se lâcher pour de bon et de l’obliger à se contorsionner dans tous les sens afin de rester incognito. Sur une trentaine de pages, le mangaka livre une mise en scène astucieuse, menée avec un vrai sens du découpage et du timing comique.
Et c’est plutôt rassurant pour la suite. Ce premier tome de The Hitman’s fave offre tout ce que l’on pouvait attendre d’un manga qui embarque un type à l’allure sombre dans l’univers acidulé de la pop. Il montre aussi que Rintaro Ôshima ne compte pas s’endormir sur son concept, et qu’il est au contraire capable de livrer une narration réfléchie et intéressante.

KOROSHIYA NO OSHI ©Rintarou Ohshima 2023 / KADOKAWA CORPORATION
The Hitman’s fave est publié au Japon dans le mensuel Harta et ça aussi c’est bon signe, le magazine étant réputé pour l’originalité de certains de ses mangas : Bride Stories, Migi & Dali, Gloutons & Dragons, Le monde de Ran, etc.
Auteur : Rintarô Oshima
Éditeur : Kurokawa
Tome 1 disponible
Prix : 7,95 €

