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Manga

OLDMAN

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Tours de magie, arts martiaux, chevalerie, mécanismes secrets, coups de poêles en pleine face et même un soupçon de Blanche-Neige : Chang Sheng a concocté un sacré mélange des genres dans Oldman, en 700 pages aux éditions Glénat.

Dessinateur et scénariste Taïwanais, Chang Sheng avait eu sa petite heure de gloire en France il y a vingt ans, avec X Girl et Stanle, puis avec une première édition de Oldman. Faute de réimpressions, il était tombé dans l’oubli, avant de revenir aux éditions Glénat avec l’excellent Yan, qui mêle science-fiction et opéra de Pékin pour bâtir un de ces univers un peu fou dont l’auteur a le secret. Oldman est un autre sommet de sa carrière, qui se déroule cette fois-ci dans un décor européen empruntant au Moyen Âge et au 19ème siècle.

Tout débute par l’évasion spectaculaire de Billy Oldman, un vieillard qui croupissait en prison. En un tour de passe-passe, il trompe les gardes et embarque avec lui Rebecca, une guerrière amputée de ses quatre membres et traumatisée. Avec l’aide d’un bricoleur de génie, Rebecca est dotée de nouveaux membres mécaniques, capables de prouesses musclées dès qu’il s’agit de tabasser les forces de l’ordre ou les chevaliers lancés aux trousses du vieux. Car Billy Oldman détient un secret à propos de la Reine, prête à tout pour obtenir sa tête et garder le contrôle du royaume…

OLDMAN Vol.1 Copyright © 2013, 2024 by Chang Sheng

Dans les grandes lignes, c’est une histoire de vengeance saupoudrée de mystères, et d’allers-retours entre différentes époques, qui vous attend dans ces deux tomes de 350 pages. Mais peu importe le sujet, au fond, Oldman est un excellent page-turner qui se (re)lit d’une traite. Chang Sheng emboîte régulièrement des idées et des concepts qui a priori ne vont pas ensemble, sans aucun complexe et avec une facilité étonnante à nous faire gober tous ces rebondissements. Ça fonctionne, grâce à son sens du rythme et une écriture sérieuse, qui ne doit rien à l’improvisation – un scénario solide, sans impasses, sans pistes abandonnées en chemin.

L’autre grand plaisir procuré par cette histoire est son héros, qui maîtrise l’art de l’illusion et s’avère capable de déstabiliser des adversaires lourdement armés, avec un simple paquet de cartes. Chang Sheng s’est d’ailleurs inspiré du film The Prestige de Christopher Nolan, sorti dix ans avant Oldman. On apprécie aussi son dessin réaliste et ses nuances, allant du détaillé (les armures, les décors médiévaux) à des aspects plus souples, plus jetés sur le papier, pour créer des nuances et injecter du dynamisme.

OLDMAN Vol.1 Copyright © 2013, 2024 by Chang Sheng

Après Yan et Baby, Oldman vient donc rappeler que Chang Sheng est un auteur généreux, qui vous en donne largement pour votre argent à chaque série. Le seul truc qui nous chiffonne, c’est de le voir remplir le quota ordinaire de fan-service et de gags sexistes. Surtout que ses héroïnes n’en ont vraiment pas besoin pour être mémorables.

Et pour en savoir plus sur Chang Sheng, retrouvez notre interview dans le numéro 100 de Coyote Mag.

Auteur : Chang Sheng
Éditeur : Glénat
Tome 1 disponible
Prix : 14,95 €

Chef de rubrique manga et membre de la team Coyote Mag depuis une éternité. Né à l'ère Shôwa, toujours dans le game à l'ère Reiwa. Fan de Keisuke Itagaki comme de Mari Okazaki.

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