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Manga

L’héritière du dragon

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Ce n’est pas vraiment un spoiler vu que l’info donne son titre à la série : un dragon sommeille à l’intérieur de la jeune Shan-Lee. Et même si elle prône la paix, gare au réveil de la bête…

Dans ce royaume, une légende guide le rapport au monde des habitants : ils vénèrent le souvenir de Finley Reed, le héros qui a triomphé du dragon de feu et mis fin au chaos. Orpheline âgée de quatorze ans, Shan-Lee voit plus loin que cette version simpliste du passé, et elle perçoit autrement le monde qui l’entoure. Le don qui lui permet de comprendre les créatures fantastiques, et de régler certains de leurs soucis avec les humains, n’y est pas étranger. Mais quand des chasseurs s’en prennent à un aigle fendevent, quelque chose se brise en elle et son pouvoir se révèle.

HI NO RYU NO KUNI © Asuka Ishii 2024 / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

Un tragique événement va en amener un autre, signant pour Shan-Lee la fin d’une vie tranquille. L’adolescente quitte le village avec son grand-père adoptif, afin de trouver un remède pour une amie en danger, et d’en savoir plus à propos de ce dragon qui serait en elle. Double coup dur : Shan-Lee a toujours mis son petit grain de sel pour que toutes et tous vivent en harmonie, mais elle se retrouve subitement avec un immense potentiel de destruction… et un besoin pressant d’apprendre à le contrôler.

HI NO RYU NO KUNI © Asuka Ishii 2024 / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

Ce qui frappe dès les premières pages, c’est la vitalité et la qualité du dessin d’Asuka Ishii. Superbe, très personnel et vibrant d’émotions, son style donne vie à un univers médiéval qui se démarque de plus en plus, au fil de la lecture. Espaces naturels, créatures, costumes, chara-design, effets visuels liés à la magie, ferronnerie, tout est finement ouvragé et détaillé. De plus, la mangaka distille le lore par petites touches et sans longs discours, à travers des motifs, des symboles, des artefacts et des objets, qui rappellent combien le dragon est craint.

HI NO RYU NO KUNI © Asuka Ishii 2024 / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

Ce serait tellement plus simple, et banal, si le cracheur de feu avait définitivement le rôle de grand méchant de l’histoire… Oui mais voilà, l’autrice situe d’emblée le dragon à l’intérieur de l’écosystème, où comme les autres créatures magiques, il a sa place et influe sur la nature. Il n’est pas donc uniquement un symbole de destruction. Les prochains tomes devraient dévoiler son véritable rôle dans cet univers, ce qui pourrait rebattre les cartes et réécrire la légende de l’héroïque Finley Reed.

Toutes ces qualités peuvent faire oublier que ce premier tome suit les rails du récit initiatique et qu’il réserve au final assez peu de surprises. En bref, une excellente introduction, où le talent graphique de l’autrice s’envole. On imagine à peine ce dont elle sera capable un peu plus tard, car il semble inévitable que le récit va se durcir et se noircir. On en a déjà ici un aperçu à travers Shan-Lee, dont les moments de détresse, de colère et de culpabilité sont puissamment mis en scène.

HI NO RYU NO KUNI © Asuka Ishii 2024 / HAKUSENSHA Inc., Tokyo

Asuka Ishii est également l’autrice de L’île entre deux mondes et en découvrant L’héritière du dragon je me suis senti bien bête d’être passé à côté de son manga précédent, mais bref… Vous pouvez la suivre sur son compte Instagram.

Autrice : Asuka Ishii
Éditeur : Glénat Manga
Tome 1 disponible
Prix : 7,90 €

Chef de rubrique manga et membre de la team Coyote Mag depuis une éternité. Né à l'ère Shôwa, toujours dans le game à l'ère Reiwa. Fan de Keisuke Itagaki comme de Mari Okazaki.

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