Manga
Blades of the guardians
Un wu xia qui tranche propre et net ! Bouclé en treize tomes, Blades of the guardians rejoint le catalogue de Kana.

This is the way (This is the way)
Blades of the guardians est la première œuvre d’un autodidacte, Xu Xianzhe, dont la vie a d’ailleurs bien changé depuis les premières planches en 2015, vu le succès de la série en Chine (adaptation en anime et en film live). On y suit Dao Ma, un mercenaire accompagné d’un gosse qui compte les secondes en souriant, pendant que son père adoptif tranche dans le lard. Spoiler (non) : le petit n’a pas besoin d’aller jusqu’à dix. En bon chasseur de primes, Dao Ma compte quant à lui l’argent qui rentre dans sa bourse, et ne s’intéresse pas des masses à la bonne morale ou aux problèmes d’autrui.
Dank farrik !! Xu Xianzhe a copié sur The Mandalorian ?! Bah non, c’est l’inverse, le wu xia a influencé la création de The Mandalorian, de façon directe ou en passant par Lone Wolf & Cub.

Blades of the Guardians © Xu Xianzhe / Newcomics
Xu Xianzhe ne dépeint pas pour autant les basses œuvres d’un anti-héros antipathique et Blades of the guardians n’est pas imprégné de cynisme. Il s’agit plutôt d’un mélange entre le western (influence assumée par l’auteur) et le wu xia, un genre littéraire et cinématographique chinois, basé à l’origine sur les aventures d’un épéiste errant. L’histoire étant située au VIIe siècle, on y croise fatalement des brigands hargneux, des barons locaux corrompus par le pouvoir, des villageois en détresse et des assassins qui se faufilent entre les ombres.
Dao Ma se contente de se faire une place dans ce monde sans pitié, avec son sabre et un sourire au coin des lèvres. Un bon artisan, en somme (il y a quand même un peu de rancune en lui, mais on l’apprendra plus tard).


Blades of the Guardians © Xu Xianzhe / Newcomics
Hokuto no blade
Au cours de ce premier tome, les sabots de son cheval amènent Dao Ma vers un nouvel avis de recherche, qui va déclencher une plus longue intrigue : retrouver un assassin légendaire surnommé « le serpent à deux têtes ». Jusqu’ici, le récit ne manquait pas de scènes d’action, cependant Xu Xianzhe enclenche la vitesse supérieure et montre un vrai talent pour cadrer les combats et livrer des planches intenses, où les mouvements martiaux allient puissance et vélocité.
Après deux cents pages, on aurait pu en rester là mais non, le format généreux des tomes en laisse quatre-vingt de plus pour mettre Dao Ma sur les rails d’un objectif de plus grande ampleur, qui touche cette fois-ci aux conquêtes, à la politique et à la remise en cause de l’ordre social – autres sujets habituels du wu xia.

Blades of the Guardians © Xu Xianzhe / Newcomics
Pour le moment, Blades of the guardians s’inscrit dans la tradition du cinéma chinois (et hongkongais) d’aventure et d’arts martiaux. Par contre, c’est la première fois que l’on peut découvrir les codes du wu xia dans un format manga, par la main d’un artiste chinois, pour une histoire épique de plus d’une dizaine de tomes.
Et Xu Xianzhe fait du très bon travail, autant sur le plan graphique que pour enchaîner et relier les intrigues, et donner de la personnalité à des protagonistes basés sur des archétypes âgés de plusieurs siècles. En impliquant le passé de Dao Ma, la fin du tome redéfinit en partie le personnage, et donne un peu plus envie de lire la suite.
Your attention, please ! Les planches que nous publions sont issues d’une même scène de Blades of the guardians. Le premier tome est en fait bien plus riche sur le plan graphique.
Xu Xianzhe est également co-auteur d’Assassin’s Creed : Dynasty (dispo chez Mana Books). L’anime adapté de Blades of the guardians envoie du bois sur ADN.
Auteur : Xu Xianzhe
Éditeur : Kana
Tome 2 à paraître le 22 mai
Prix : 8,50 €

