Manga
L’apprenti de Lord Magear
Épée ou sortilèges, boire ou conduire, thé ou café, dans la vie il faut choisir. L’apprenti de Lord Magear propose à un jeune guerrier de se reconvertir dans la magie. Possible ou pas ? FLIPFLOPs, le duo de mangakas à qui on doit Darwin’s Game, a une réponse pour vous.

Copain lecteur, amie lectrice (méfiez-vous, ce genre d’introduction ça sent la panne d’inspiration). J’ai écrit des centaines de critiques de mangas et à chaque fois j’ai reformulé, avec mes petits mots à moi, les pitch fournis par les éditeurs. Mais là non, tu vas avoir droit à la version de Mana Books et pis c’est tout :
« Enfant, Gar a été sauvé par une magicienne de très haut niveau nommée Kuon. Quelques années plus tard, le jeune homme, devenu mercenaire, rejoint un groupe de chevaliers qui l’a engagé pour éliminer un magicien. Mais tandis qu’ils sont en route vers leur objectif, les chevaliers sont débusqués par leur cible, et les hostilités commencent. Face à cet ennemi surpuissant, Gar doit faire un choix qui l’amène, étonnamment, à devenir l’apprenti de Kuon ! Le rideau se lève sur un récit de voyage de dark fantasy mêlant épée et magie !«

©2026 FLIPFLOPs / SHOGAKUKAN
L’apprenti de Lord Magear joue effectivement sur le registre de la dark fantasy : l’œil droit de Gar a été remplacé par un artefact magique et ce n’est pas forcément une bénédiction. Il y gagne une nouvelle perception et une longueur d’avance sur les attaques de ses adversaires, mais gare aux effets secondaires. Il risque gros à s’en servir et il aura une montagne d’efforts et de connaissances à gravir afin de maîtriser l’artefact et ses pouvoirs.
En attendant, la série prend la forme d’un voyage périlleux dans un univers médiéval, et d’un voyage plus intérieur pour Gar et pour son mentor, Kuon. Comment initier un guerrier qui ne jure que par son épée, aux secrets plus complexes et raffinés des sortilèges ? Comment l’amener à changer de mode de pensée, à percevoir et à ressentir autrement le grand tout de l’univers, en bon chevalier Jedi ? Ce premier tome lance des pistes et on espère que les auteurs ne vont pas les abandonner en cours de route, car la conversion de Gar à la magie, et la possibilité qu’il en paye le prix fort, installe une tension intéressante.

©2026 FLIPFLOPs / SHOGAKUKAN
Les flash-back sont tout aussi utiles, en donnant un aperçu d’autres événements. On comprend que l’histoire, les enjeux et l’univers sont bien plus grands que le périple de Gar et de Kuon. Du coup la narration trouve dès le début une formule plus riche et accrocheuse, en parallèle du fil conducteur du premier tome : Gar et Kuon voyagent / arghh une mauvaise rencontre / bon, on reprend la route / scheiße !! encore des ennuis.
Sur le plan graphique, L’apprenti de lord Magear est également une réussite. Le nombre de décors est assez restreints, ils sont même parfois très génériques ou bien… vides. Du blanc. Pas mal de blanc, en fait. Pas tout le temps non plus, mais… Flemme ? Pas de budget pour rémunérer des assistants ? On penche pour une autre hypothèse (et même une certitude) : les auteurs ont tellement confiance dans les qualités de leur chara-design qu’ils réservent régulièrement leurs planches aux personnages. Bien joué. Quand on fait du travail d’orfèvre, il faut savoir le valoriser.
Le duo FLIPFLOPs a tout aussi bien bossé les éclairages, une donnée à ne pas sous-estimer car un simple clair obscur sur un visage permet de semer le trouble. En bref, ils ont approche sophistiquée de la mise en scène à travers le dessin, et qu’on le remarque ou pas, cela fait son effet et donne une aura spécifique à leurs planches.

©2026 FLIPFLOPs / SHOGAKUKAN

©2026 FLIPFLOPs / SHOGAKUKAN
Amie lectrice, copain lecteur, il est temps de passer à la conclusion en 240 caractères à copier / coller sur Twitter. Nouveau challenge débloqué : ne pas utiliser« banger » et « masterclass ». Parce qu’à force de masterclasser à propos de tout et de n’imp’ (« la mamie quand elle ouvre la boîte de petits pois dans l’épisode 7 : masterclass de ouf !! ») ça ne veut plus rien dire.
« Un premier tome prenant et très soigné, qui laisse entrevoir de multiples voies et dangers pour L’apprenti de Lord Magear. Servi par un graphisme racé, les pérégrinations de Gur et de son mentor démarrent donc sous les meilleurs auspices ».
Blagues à part, ce premier tome est très, très bon, on sent que les auteurs ont du métier. Ils ont soigné la narration et ils ont une approche bien à eux du dessin. Résultat, L’apprenti de Lord Magear a de la personnalité, alors même qu’il évolue pour le moment en terrain relativement connu. Vous pouvez suivre FLIPFLOPs sur leur compte X mais gare aux spoilers !!
Auteurs : FLIPFLOPs
Éditeur : Mana Books
Tome 1 disponible
Tome 2 le 4 juin
Prix : 7,20 €

