THE DARKNESS II : Devil Inside

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La suite des aventures de Jackie, le « parrain maudit », vient de débouler dans les bacs et conforte la réputation d’un petit studio peu prolixe mais toujours efficace. Entre un scénario qui ne sent pas le déjà vue, un gameplay, sans être révolutionnaire, inédit et surtout une direction artistique remarquable, THE DARKNESS II peut se tailler une place parmi les meilleurs FPS de l’année.

Night Revenge

On connaissait Digital Extremes pour ses piges de luxe sur UNREAL TOURNAMENT 2003, WARPATH, PARIAH et surtout DARKSECTOR, toujours sur le moteur Unreal. Des titres qui ne manquaient certainement pas de caractère en terme de leur violence très récréative et surtout de valeur ajoutée esthétique. Graphiquement, DARKSECTOR par exemple n’avait rien à envier à son « grand frère » à succès GEAR OF WAR. Aux artistes de Digital Extremes de reprendre la franchise THE DARKNESS (à l’origine développée à par Starbreeze) et finalement lui donner une allure inattendue

THE DARKNESS, c’est d’abord une franchise de BD qui débute sous les crayons de Marc Silvestri en 1996 et participe à la gloire éphémère d’Image Comics. L’imagination visuelle de l’artiste américain et un concept puissant mettent sur pied un « anti super héros » particulièrement infréquentable. L’histoire en images de Jackie, le mafieux frappé d’une malédiction lui conférant des pouvoirs terrifiant durant la nuit, fut reprise dans le premier épisode des jeux. À l’issue d’un opus aux critiques parfois mitigées, Jackie régnait en maître sur la pègre grâce à ses pouvoirs.

La trame scénaristique de ce deuxième épisode n’est fondamentalement pas originale. Une seconde guerre des gangs est déclarée après quelques années, cette fois contre « La Confrérie » qui se donne pour objectif de capturer les pouvoirs de Jackie et s’en servir pour dominer le monde. Le démon que Jackie croyait endormi devra à nouveau se manifester afin de sauver son gang, sa peau et accessoirement la planète. Dit comme ça, les enjeux semblent disproportionnés pour ce qui demeure un action shooter nocturne et urbain, mais les péripéties et les coups de théâtres découverts au fil du jeu sauront vous surprendre…

Un gameplay plus ludique…

Entendons nous bien, THE DARKNESS II c’est pour les grands enfants, pas les petits frères… La violence de ce jeu surpasse en effet tout ce que vous avez pu expérimenter dans le premier épisode et explose dans un principe de FPS qui combine avec une richesse surprenante la shooting et le corps à corps. C’est en effet d’autant plus agréable à jouer que vous possédez quatre membres : deux mains (et tout un arsenal à feu) et donc deux féroces tentacules, le tout avec un contrôle très instinctif des gâchettes hautes et basses. Les combinaisons possibles sont multiples puisque les tentacules vous permettent de frapper, saisir (corps, munitions et items), projeter ou achever dans un geyser sang vos victimes. Vous êtes en terrain découvert ? Pas de problème : arrachez une portière de voiture, servez vous en comme bouclier et progressez tout en tirant. Pour les âmes d’artistes, les bonus d’achèvement permettent de découvrir tout un catalogue de démembrements, décapitations ou écrasements… Un côté gore qui colle bien à l’ambiance de ruelle craspec propre à cet univers. Très vite donc, votre personnage est dans le bain (de sang) et que les joueurs les plus exigeants se rassurent, l’adversité est variée, intelligente et assez peu monotone une fois dans le feu de l’action. En un mot, ça défouraille abondement et violemment. Deux défauts viennent tempérer cette tempête de violence. Une certaine répétition dans des décors trop souvent étroit et linéaire. On aurait aimé quelques phases d’explorations à chemins multiples, une spatialisation plus importante des décors qui aurait pu donner plus de réalisme aux progressions. Enfin, problème chronique : la durée. La limite de durée de vie de ce type de jeu en particulier, pour le coup ne reposant pas sur une expérience prépondérante en ligne, pose la question du prix. Où est le temps des action shooters d’aventure sur console qui garantissaient jusqu’à vingt ou trente heures de jeux ?

Beau comme le mal

Le gros plus de THE DARKNESS II réside en effet dans l’audace de ses partis pris esthétiques et de la qualité du boulot final. La rupture est d’autant plus importante que le choix du cel-shading semblait mal correspondre aux besoins de réalisme de ce type d’univers.

Non seulement les rendus techniques et esthétiques rendent complètement justice aux personnages et aux gameplay mais ils retrouvent également l’essence de cette franchise amorcée avec une bande dessinée. À l’ère, depuis quelques années, du texturing complexes qui a apporté  de la nuance aux techniques de cel-chading (de PRINCE OF PERSIA à BORDERLAND…), THE DARKNESS II, sans établir un nouveau standard esthétique, est absolument remarquable à ce niveau et souligne l’exigence d’un studio en train de sortir de l’anonymat. Au final, à bien des égards, ce jeu finalement peu attendu, se révèle être la vraie bonne surprise de ce début d’année et redonne fois dans un genre trop souvent moribond depuis le cultissime ESCAPE FROM BUTCHER BAY…

Thomas Maksymowicz

Editeur : 2K Games

Développeur : Digital Extremes

Genre : FPS

Signe particulier : boucherie festive

Prix : 65 €

Date de sortie : 10 février 2012

 

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Au sujet de l'auteur

Kamen Writer !!!

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