Interview Seiji Kameda

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Vous ne connaissez peut-être pas son visage, pourtant c’est l’artiste le plus réclamé de la J-Pop. Producteur, arrangeur, compositeur, Seiji Kameda a travaillé avec les plus grands pour des albums écoulés par millions, avant d’être révélé au grand public comme bassiste du groupe Tokyo Jihen. En pleine production du prochain album de Glay (groupe aux 40 millions de disques vendus), ce poids lourd de l’industrie nous a consacré deux heures pour une interview exclusive !

Vous avez commencé par apprendre le piano à 3 ans, puis la guitare classique à 10 ans. A quel moment êtes-vous tombé amoureux de la basse ?

Au début, je jouais de la guitare mais en m’alignant sur la ligne de basse de Paul Mc Cartney, en interprétant des morceaux des Beatles.

Vous avez déménagé à Tokyo ado, et vous avez bidouillé un BCL (Broadcast Communication Limited) pour capter les radios américaines. Vous ouvrez même votre propre station amateur, à 13 ans. Quels morceaux diffusiez-vous ? De la musique américaine pour un public japonais ? Ou de la musique japonaise pour les Américains ?

J’utilisais le BCL pour me connecter sur les hautes fréquences américaines afin d’écouter les billboards. Et à l’époque, j’étais parfois offusqué par les classements officiels : certains artistes, selon moi, auraient dû se retrouver en haut des charts, mais la première position était occupée par quelqu’un d’autre ! Alors j’ai commencé à monter mon propre billboard, que j’ai diffusé sur ma propre radio.

En 1999, vous arrangez MUZAI MORATORIUM au Kame-chan Studio B. Comment s’est déroulée votre rencontre avec Sheena Ringo ?

C’était à la base une proposition de EMI qui voulait une collaboration entre Sheena Ringo et moi. Les chansons que Sheena Ringo composait à l’époque étaient innovantes. EMI a donc cherché un arrangeur qui puisse adapter son style inédit aux canons de la J-Pop de l’époque, et ils ont fait appel à moi pour jouer ce rôle de canalisateur.

Un an après sort SHÔSO STRIP. Comment avez-vous réagi en apprenant que l’album devrait durer exactement 55 minutes 55 secondes ?

Il n’y a pas de message à proprement parler derrière cette durée bien spécifique. Il faut plutôt y voir une habitude japonaise, ou tout du moins que Sheena Ringo apprécie, à savoir que quand on aligne plusieurs fois le même chiffre, c’est censé porter bonheur. Alors on s’est dit « Plutôt que faire un album qui dure 55’49’’, on va en faire un qui dure 55’55’’, c’est plus marrant ».

C’est exactement la même chose pour Tokyo Jihen et le titre NOUDOUTEKI SANPUNKAN qui dure exactement trois minutes, c’était vraiment pour le fun qu’on lui a donné cette longueur précise.

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Toujours en 2000, vous produisez le premier album de Do As Infinity, BREAK OF DAWN, qui devient un véritable succès. Vous les avez rencontrés très tôt, pouvez-vous nous en dire plus ?

En 1999, avec le succès de Sheena Ringo, de nombreux artistes m’ont contacté pour travailler avec eux, afin d’avoir la « Kameda’s touch », et parmi eux, il y avait Do As Infinity. La particularité de ce groupe, c’est qu’il n’avait pas de vraie consistance à l’époque puisqu’il n’y avait pas de bassiste. Etant moi-même bassiste à l’origine, je me suis donc tourné plus naturellement vers eux pour une collaboration.

Une autre raison qui m’a poussé à travailler avec eux, c’est que, contrairement à Sheena Ringo, Do As Infinity était ouvert aux collaborations avec des dessins animés, des publicités, et le groupe propose une pop beaucoup plus douce et abordable.

Si on regarde les artistes avec qui j’ai collaboré, on peut citer Spitz qui est un vrai groupe, Ken Hirai qui est un artiste solo, Sheena Ringo qui est une artiste solo, ou Do As Infinity qui est également un groupe, mais chacun a sa propre caractéristique, sa musicalité et moi, je vais essayer de coller au plus près de leur musicalité respective.

Après le succès de cet album, vous avez été réclamé par de nombreux artistes de renom, comme Spitz. Vous avez dû ressentir à la fois un honneur mais surtout une pression immenses en recevant les commandes de ces million-sellers…

(rires) Je n’ai AUCUNE pression ! Quand j’ai reçu l’offre de Spitz, j’étais déjà un fan du groupe. Ça a donc été pour moi un énorme plaisir que d’avoir une proposition de travail avec un groupe que j’aime et dont j’apprécie la production. Je travaille actuellement sur un projet du groupe Glay, dont je suis également fan. Quand ils demandent à travailler avec moi, je le reçois comme une déclaration d’amour, et en échange, je donne mon amour de leur musique et mon expérience pendant les enregistrements. On n’a donc que faire de la pression et c’est avec cet échange, tout cet amour, qu’on avance pour produire la meilleure musique possible.

Tous évoquent dans leurs interviews votre capacité à communiquer de la bonne humeur et reviennent vers vous. Vous ne ressentez jamais de stress durant un enregistrement ? Même si vous êtes proches de la deadline ?

Concevoir la musique dans une ambiance agréable et positive permet de créer des hits. Que ce soit une chanson triste ou heureuse, elle va être enveloppée dans ce package de plaisir. Cette très bonne ambiance va transparaître lors de l’écoute et être appréciée par le public. Si j’éprouvais la moindre colère, le public s’en rendrait compte en entendant le morceau et cela nuirait à la chanson et l’empêcherait de devenir un succès.

Chatmonchy (rock énervé), Hirai Ken (R&B), Yuzu (pop folk calme), Pierrot (visual). Le seul point commun entre ces groupes, c’est que vous les avez produits : musicalement, ils n’ont aucun rapport. Comment faites-vous pour vous adapter à tous ces styles ?

Tout est en rapport avec le billboard. Le billboard, ce sont des dizaines de milliers de chansons qui sont évaluées, et j’ai intégré toutes ces chansons en mon être. Il y a des milliers de chansons qui coulent en mon sang, et elles me permettent d’interagir avec tous les genres musicaux. Je vais ainsi pouvoir m’adapter à chaque groupe, mais surtout prendre le meilleur de chacun de ces artistes pour les transcender. Je ne me pose pas la question si j’ai affaire à un bon ou un mauvais musicien, mais je sers de catalyseur pour en extraire le meilleur.

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D’un autre côté, ces artistes font appel à vous pour avoir la « Kameda’s touch ». A quel moment s’effacer, à quel moment laisser son empreinte ?

Je me comporte comme un miroir vis-à-vis des artistes avec lesquels je collabore. Quand ils vont se regarder dans ce miroir, je veux qu’ils prennent conscience de leurs attraits, les mettre en valeur. Avec ce rôle de miroir, je fais indirectement partie du groupe, sans pour autant être un membre à part entière. Mon rôle est de participer depuis l’intérieur du groupe, sans en détruire la spécificité musicale, tout en leur faisant prendre conscience de leurs qualités. Mais il y a également le cas où je participe directement en tant que musicien, et dans ce cas, je m’immerge complètement dans la musique du groupe.

Une autre chose : pour mettre en avant les « charming points » des artistes, je joue souvent sur leurs complexes. Car les artistes sont très souvent complexés sur des choses totalement fausses ! Emmanuel (notre interprète) porte un T-shirt rayé sous sa chemise pendant que nous parlons : ça ne se fait normalement pas, mais moi je trouve ça très cool ! Donc je ne cherche pas à rassurer les artistes sur leurs complexes, mais au contraire, je leur fais comprendre qu’ils font leur force et leur spécificité, c’est ça qui les distingue du reste. Il ne faut pas trouver ces complexes comme négatifs, mais les transformer en atout !

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Tokyo Jihen

Les membres de Spitz évoquent votre joie en 2004 (pendant l’enregistrement de leur album SOUVENIR) quand vous leur avez annoncé la formation de TOKYO JIHEN. Comment s’est déroulée la création du groupe ? Qu’est-ce qui vous rendait aussi heureux ?

Quand j’ai annoncé que j’allais faire mes débuts en tant qu’artiste musical, beaucoup de monde m’a répondu : « Mais pourquoi fais-tu ça ? Tu es déjà un artiste reconnu, un arrangeur réputé, tu n’as pas besoin de ça ». A l’inverse, d’autres personnes, comme les membres de Spitz, en l’apprenant, se sont enthousiasmés : « Mais c’est génial, c’est de la balle, tu vas enfin pouvoir faire ce que tu veux ! », avec une jovialité naturelle de voir un ami arriver à faire ce qu’il voulait.

Avoir créé Tokyo Jihen, d’un point de vue de producteur, était une très bonne réalisation. Mais cela m’a surtout permis d’avoir une reconnaissance supplémentaire en tant que musicien. Jusqu’ici j’avais une réputation d’arrangeur et de producteur, mais pas en tant que bassiste. Enfin, Tokyo Jihen est un groupe qui s’est concentré sur la musique, avec soin et attention, qui a fait très peu de pubs ou de tie-up. J’ai vraiment passé un cap avec Tokyo Jihen, un peu dans le sens inverse de Paul Mc Cartney qui a mis du temps à être reconnu en tant que producteur alors qu’il était un musicien réputé.

A partir de la phase 2 du groupe, on sent un réel travail collectif, où chacun mettait la main à la pâte. Les albums sont pourtant extrêmement structurés (notamment la symétrie à la Sheena Ringo). Comment se déroulait leur conception ? Avez-vous suivi le même processus pour chaque album ?

La conception des albums était à peu près la même. Dans la phase 2, chacun des membres était capable de composer des chansons, d’écrire de la musique pour les albums. Il y avait donc une conception musicale et textuelle, puis venait le choix du style de l’album. Une fois les titres enregistrés, nous choisissions et les titres, et leur disposition dans l’album pour respecter cette symétrie.

Vos compositions sont parmi les plus belles du groupe, mais elles sont également rares. Est-ce que parce que vous étiez occupé sur d’autres priorités ?

(rires) Ce n’est pas parce que j’étais trop occupé. J’ai écrit des dizaines de chansons, mais j’ai sélectionné et conservé uniquement celles qui correspondaient le mieux au concept de chaque album. De plus, mes compositions sonnent extrêmement pop, et si on en avait trop mis, cela aurait créé un déséquilibre dans l’esprit Tokyo Jihen.

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Entre les albums du groupe, la promo, les tournées, comment avez-vous trouvé le temps de continuer vos productions et arrangements pour d’autres artistes ?

Il y a la musique de Tokyo Jihen, la musique de Spitz, la musique de Ken Hirai… Elles sont toutes différentes, et travailler avec d’autres artistes me permettait au contraire de changer d’air, de varier les plaisirs. Si je n’avais travaillé que sur Tokyo Jihen, j’aurais tourné en rond et cela se serait ressenti : il ne s’agissait donc pas de trouver du temps pour d’autres projets, mais d’avoir absolument d’autres projets en parallèle.

Comment avez-vous rencontré Miyavi ?

La première fois que je l’ai vu, c’était sur YouTube et j’ai aussitôt pensé que c’était un guitariste de génie. En 2012, au cours du festival de rock EMI Rock Fes, Miyavi et Tokyo Jihen étaient invités. J’ai pu le voir en live et j’ai été impressionné par sa puissance de jeu et son charisme sur scène. Je l’ai alors rencontré pour le féliciter et Miyavi m’a alors proposé de faire une collaboration pour SAMOURAI SESSIONS, car il avait besoin d’un arrangeur mais surtout d’un musicien pour cet album. De plus, comme je connaissais plusieurs musiciens pour faire des collaborations supplémentaires et que je savais comment faire les arrangements (comme Kreva pour the three, ou Miu Sakamoto pour le titre INORI WO), cela a pesé dans mon choix.

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Miyavi est particulièrement populaire en France où il a donné des concerts marquants. Vous a-t-il proposé de l’accompagner à une de ces occasions ? Aimeriez-vous découvrir le public français ?

Oui, j’ai vraiment très envie de venir et jouer en France. En tant qu’artiste japonais, c’est presque un Graal de jouer dans votre pays. En ce moment, Miyavi a un style très épuré, il est seul à la guitare sur laquelle il joue lui-même la ligne de basse, il est tout juste accompagné par un batteur. Si je venais l’accompagner, nos styles risqueraient plus de se télescoper, de se gêner qu’autre chose. Mais s’il repart sur un style plus fouillé, ce sera avec plaisir !!!

En décembre 2013 est sorti le film KANOJO WA USO WO AISHISUGITERU tiré du manga de Kotomi Aoki (Lovely Love Lie chez Soleil), qui raconte l’histoire de deux groupes musicaux. Comment se déroule la création de morceaux pour des groupes factices ?

Pour faire la conception des musiques de ces groupes qui n’existaient que sur papier, je me suis d’abord inspiré de la manière dont ils étaient représentés dans ce manga, aussi bien sur le plan physique que celui de la personnalité. J’avais déjà ma petite idée et après plusieurs réunions avec les acteurs, l’auteure et la production, nous avons trouvé une ligne directrice qui m’a permis d’écrire les paroles, de composer les musiques et d’interpréter ces morceaux. J’ai tout fait de A à Z.

En 2009 et 2013, vous organisez le Kame no Ongaeshi, l’occasion de faire la fête avec tous les artistes pour qui vous collaborez. Vous pensez en faire un rendez-vous récurrent ?

(rires) Le Kame no Ongaeshi réunit en effet les plus grands artistes pop du Japon, et c’est moi qui produis de A à Z le festival, sur tous les détails, de la sélection des artistes à la conception scénique donc ça demande du temps, et il a fallu quatre ans entre les deux événements, comme pour les JO ou la coupe du monde de football.

Le prochain aura donc lieu en 2017 ?

(rires) C’est vrai que je pourrais en faire un tous les quatre ans, mais il y a d’autres moyens de faire la promotion des artistes !

Vous avez dirigé récemment un concours national parmi les bassistes amateurs. Qu’est-ce qui vous a poussé à créer un tel événement ? Dites-nous en plus à ce sujet.

J’ai fait mon entrée dans le domaine professionnel à 25 ans, ce qui est très tardif. J’ai connu une longue période d’amateurisme et ça a été très dur. Je veux donc donner l’opportunité à des jeunes talents de percer très tôt, et les mettre sous mon aile.

L’autre raison qui m’a poussé à créer ce concours, c’est qu’il y a des concours pour la guitare, les claviers, la batterie, la contrebasse… mais jamais la basse ! Et comme j’aime beaucoup cet instrument, je voulais le mettre en avant.

Toujours dans cette démarche, parlons de Kameda Music School (亀田音楽専門学校), programme de NHK E dans lequel vous expliquez des notions de musicologie au grand public grâce aux tubes populaires. Etait-ce votre initiative ou la NHK qui vous a contacté ?

C’est à la base mon idée et j’ai d’ailleurs produit l’émission. Si je l’ai proposée à NHK, c’est parce que la chaîne est diffusée à travers tout le Japon mais aussi à l’étranger, et elle permet ainsi de mettre en avant la musique japonaise. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai accepté l’interview du magazine Coyote, afin de faire connaître et promouvoir la J-Pop auprès du public français.

 

Interview réalisé le 28 mars 2014 aux studios Atomic Monkey – Tokyo

Traduction : Emmanuel Bochew

Photos : Laurent Koffel

Remerciements : Arika Kubo

 

Site officiel : http://kame-on.com

Twitter : @seiji_kameda

Facebook : www.facebook.com/seijikameda.official

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Interview Seiji Kameda

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You’ve probably never noticed his face but he is actually the most desired artist in J-pop. Producer, arranger, composer, Seiji Kameda worked with the greatest J-music stars on multi millions sellers albums, before being revealed to wide audience as Tokyo Jihen’s bassist, the famous « super band » formed around incredibly talented singer Shiina Ringo. In the middle of the production of next Glay’s album (a band which has already sold 40 millions records…), the ultimate man in the shadows of japanese music industry agreed to explore his career in a totaly exclusive interview for Coyote Mag.

 

You started to learn piano when you were three, then classical guitar when you were ten. When exactly did you fall in love with bass guitar?

Actually, it had already started when i was learning playing guitar. I was immersed in many Beatles tracks and I instinctively started to follow Paul McCartney’s bass guitar lines…

You came to live in Tokyo when you were a teenager and you’ve quickly built your own BLC (Broadcast Communication Limited) to be able to listen to American radios. You even started to broadcast your own musical program when you were 13… What kind of music did you play then?

The BLC was basically a way for me to stay in touch with the American Billboard, The Hot 100… And I was often angry to not see my favourite artists on the top of the charts. So, my broadcast was a kind of personal Billboard! I was bringing some musical justice, defending the artists who were for me the real number ones!

In 1999, you wrote musical arrangements for MUZAI MORATORIUM at Kame-Chan Studio B. What can you say about this first meeting with Sheena Ringo’s music?

It was originally an EMI proposal. They wanted me to meet and work with Sheena Ringo for a very specific reason: they were very interested in Sheena’s songs but her material was considered as too much innovative. EMI then looked for someone able to tune her brand new style with the J-pop musical standards of that time. So my first role was a kind of “regulator” of her music.

About a year later, SHÔSO STRIP is released. What was the story behind its length, precisely 55 mn 55’?

There’s no special meaning behind this length. It’s an old and common Japanese habit, which actually Sheena likes a lot: when you repeat the same number, it is supposed to bring good fortune. So we decided at the end of the process to extend the length form 55 mn 49’ to 55 mn 55’. It was pure fun. And it was exactly for the same reasons we stopped NOUDOUTEKI SANPUNKAN, a Tokyo Jihen track, at exactly three minutes. It was also simply for fun.

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Also in 2000, you’ve produced Do As Infinity first Album, BREAK OF DAWN, which ended very successful but in a very different style from Sheena Ringo’s. Was it easy to adapt yourself to their style?

After the success achieved with Sheen Ringo in 1999, a lot of artists contacted me and wanted me to work with them. They believed in a “Kameda’s Touch” and among them, there was Do as Infinity. It was easy for me to find out why their music was not consistent enough at that time: they did not have a bassist… And that was naturally for that reason I ended working with them. Another reason was that, contrary to Sheen Ringo, they did not have issues working with the animation or the advertising industry and their style was softer and more accessible. In fact, I truly believe there’s no really a “Kameda’s Touch” as all the artists I worked with, whether it’s bands like Spitz, Do as Infinity or solo artists like Sheena Ringo or Ken Hirai, each have their own special rhythm, and musical identity. My role is to understand what is so unique about them and to fit as closely as possible their style.

It’s obvious regarding your talent and experience but don’t you feel any pressure to work with all these million-sellers artist?

Actually NONE! (laugh) When Spitz contacted me, I was already a great fan of this band. So, for me, it’s always and only a pleasure to have such proposal. I work right now with Glay, a band of which I’m also a huge fan. When artists like that want to work with me, I take it as a declaration of love and I can only give back that love with my experience and my deep appreciation of their work. There’s no pressure. Pressure is useless in that job, only exchange and love can make happen the best music.

Actually, all these artists testified about your positive mood and relaxed behaviour during work as a major reason to work again with you. Is it possible to actually avoid any stress even when the deadline is coming?

Conceive music in a positive and relaxed mood helps actually to create hits. It’s not about the mood of the song itself. Whether it’s a sad or happy song, a good and successful song always makes you feel the pleasure the people took to record it. If I was angry or depressed, trust me, the audience would know it and it’s a very good reason to prevent the song becoming a hit.

Chatmonchy (skate rock), Hirai Ken (R&B), Yuzu (folk), Pierrot (visual rock)… All these artists have one and only thing in common : you have produced them. What is actually your secret to be able to work with so many and so different styles?

I grew up with the Billboard… all comes from here. The Billboard It’s ten of thousands different songs evaluated by the audience whatever is the style. I blended myself with all these songs, I’ve got thousands of songs running in my veins and it helps me to interact with all kinds of musical styles. So I can adapt, quite easily, to all these bands, but the most important, the real trick, is to find out in the these artists what will help to transcend themselves. I never ask myself if I deal with a good or a bad musician. I try to be the catalyst to extract the best from them.

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Yes, but these artists also look for you skills. When do you have to disappear and when do you have to leave your mark?

I’m kind of a mirror when I work with these artists. When they look at themselves in that mirror, I want them to see what makes them attractive and special. Adopting that attitude, I’m indirectly part of the band, without actually being a true member. My role is to elaborate music from the inside of the band, without destroying what is special and specific about their music, and also at the same time convince them about what I believe are their true and relevant qualities. But there are also the situations where I act as a musician, and when it happens, I step in entirely in the band’s music. Another point: to reveal the “charming aspects” of an artist, I usually also deal with their issues. Musicians often form misconceptions about their talent and true skills. Look for instance at your translator (Emmanuel – NDR) : he wears a striped t-shirt under his shirt. Nobody is supposed to do that but I think it’s really cool! So I never reassure the artists about their issues. On the contrary, I try to make them understand their complexes are actually their strengths that makes them different from the other artists. They need to stop considering themselves with a negative point of view, they need to transform their problems in assets…

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Tokyo Jihen

Spitz Band members remembered recently your happiness during the recording of SOUVENIR Album in 2004 when you announced Tokyo Jihen creation with Sheena Ringo. What meant for you the birth of the band and why were you so happy?

When I announced that I would at last start as a musician, on one hand a lot of people asked me: “Why are you imposing that upon your shoulders? You’re already a renowned artist, a great arranger, you don’t need that.” On the other hand some people, like Spitz members, were truly enthusiastic about a friend reaching a kind of new freedom: “It’s so great! You will at last do everything you want to do!

I mean, Tokyo Jihen, from a producer’s point of view, was an excellent achievement. But above all, it added for me a recognition as a musician, as a bass player. And finally, Tokyo Jihen is band focused on music, and only on music, with a great care. We made very few commercials or external collaborations. It helped me to climb one more step, just like Paul McCartney but in the reverse way, even when he was greatly considered as a musician, he had to wait before being acknowledged as a producer.

When the band reached its “Phase 2”, we could feel a real collective writing effort. And at the same time, the albums were really homogenous and structured, just like on Sheena Ringo solo Albums. Did each album follow the same creative process?

Actually yes, each album was produced more or less the same way. During Phase 2, each member was able to write songs. We always started with a great quantity of musical material and only then we were deciding what would be the new album style by selecting and tuning songs among each members ideas. And we had the same kind of process during recordings. The structure of the album wouldn’t be clear before having recorded each song. Only at the end we could choose the order of the songs and create this symmetric structure.

The songs you wrote for Tokyo Jihen are pretty rare. Was it because you were to busy on other aspects of production?

(laugh) Not at all. I wrote dozens of songs but I selected and kept only the ones that were in the best interest of each album’s concept. Besides, my songs are always extremely pop, and if we have put too much of them, it would have unbalanced the “Tokyo Jihen spirit”.

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Between Tokyo Jihen albums, promotional tours, concerts, when did you find the time to produce even more artists ?

There’s Toykyo Jihen music, Spitz music, Ken Hirai’s… All are different and working with other artists allows me to breath fresh air, to have different pleasures. If I have only worked with Tokyo Jihen, I would have quickly fiddle around and the audience would have felt it. So it wasn’t about finding the time to work with other artists, it was about always having parallel projects.

How and when have you met Miyavi?

I’ve seen him on Youtube for the first time and I already thought he was a genius guitarist. In 2012, at the EMI Rock Fes, Miyavi and Tokyo Jihen were both in the roster. I’ve seen him live and I was impressed by the power of his performance and his charisma. Then we met and he asked me if I would help him on SAMOURAI SESSIONS. He needed both an arranger and a musician for this album. As I already knew some of the musicians involved and also knew I would do further collaborations with them (Like Kreva for THE THREE or Miu Sakamoto for the INORI WO single), it also played a part in my decision.

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Miyavi is really popular in France. Did he already proposed you to join a tour in Europe? Would you like to discover the French audience?

Absolutely, I would like to come and play in France. For a Japanese artist, it’s almost a grail to perform in your country. Currently, Miyavi has a very minimal and pure style. He performs alone on stage only with his guitar and a drummer and he plays himself the bass lines. If I would join him presently, our style would be too much redundant. But if he switches soon for something more complex, that would be with great pleasure!

The movie KANOJO WA USO WO AISHISUGITERU was released in Japan in december 2013. It’s been adapted from a Kotomi Aoki Manga, revolving around two musical bands. How did you approach the creation of the music for these two fictitious bands?

It basically started with the way they were drawned and their personality in the manga. I also already had some clear ideas and after several meetings with the actors, the screen writer and the production, we found a direction which helped me to write words, music and adopt a performing style. I’ve made everything, from A to Z…

In 2009 and 2013, you’ve organized the Kame no Ongaeshi, a special reunion of all the artists you work with. Is it a recurring event?

(laugh) the Kame no Ongaeshi is indeed the ultimate pop artist reunion in Japan. I produce this festival and I want to take care about each detail, from selecting the artists to imagining the stage concept. So it takes a lot of time and I need four years between each event. It’s just like the Olympic games or the Soccer world cup!

So the next would be in 2017?

(laugh), it’s true I could organize one of these every four years but there’s other ways to promote artists…

You’ve recently directed a national contest for amateur bassists. What drove you to create such an event?

I started to work professionally when I was 25, which was quiet late. I experienced a longue amateur period in my life and it was very tough. So I want to give the opportunity to young talents to make it happen as soon as possible, to take them under my wing. The other reason is very simple. There are guitar contests, piano, drums, even double bass contests… but no bass contests! And because I like very much that instrument, I wanted at last to highlight it.

In the same idea, what about the Kameda Music School (亀田音楽専門学校)? An NHK E program where you explain to a large audience some musicology details trough popular hits. Was it your initiative or did NHK contacted you with that concept?

It was my idea and I actually produce the show. If I went to see NHK at first, is was because it’s the international Japanese channel and my idea was also to show to an international audience Japanese modern music. It is also for the same reason I accepted this interview with Coyote Magazine, I think it is now very important to promote Japanese pop music for the French audience and throughout the world.

 

Interview done in Tokyo, studio Atomic Monkey – Tokyo on March the 28th, 2014.
Translation : Emmanuel Bochew
Photos : Laurent Koffel
English translation : Thomas Maksymowicz

 

Official web site : http://kame-on.com

Twitter : @seiji_kameda

Facebook : www.facebook.com/seijikameda.official

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