INTERVIEW JAM PROJECT

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A l’occasion de leur concert à Paris ce soir et demain, dimanche 13 novembre, en compagnie du groupe FLOW, le super-groupe réunissant la crème des chanteurs de génériques de séries animées japonaises JAM PROJECT s’est livré à Coyote Mag. Composé de Hironobu Kageyama (SAINT SEIYA, DBZ), Masaaki Endoh (GARO), Masami Okui (YU-GI-OH, UTENA), Hiroshi Kitadani (ONE PIECE), Yoshiki Fukuyama (MACROSS 7), JAM PROJECT fera le show à la Cigale avec une collection de génériques tous plus que cultes les uns que les autres dont une création commune : la chanson d’ouverture de ONE PUNCH MAN !

Site officiel du groupe.

Site officiel du concert.

 

Vous travaillez depuis les années 70 dans le domaine des génériques. Pourquoi avoir attendu l’an 2000 pour fonder ce superband ?

Hironobu Kageyama : Dans les années 2000 les génériques des animes japonais étaient essentiellement des tie-up. Dans ce cadre, nous voulions faire ressurgir des génériques qui soient de véritables anisongs, quelque soit le courant de l’époque et nous avons formé JAM Project.

Massaki Endoh : Nous sentions le devoir de recréer des ansiongs au sens propre de leur terme.

Hiroshi Kitadani : Protéger en quelque sorte un patrimoine de la culture japonaise.

Masami Okui : En ce qui concerne Fukuyama et moi-même, nous avons intégré le groupe qu’en 2003, donc je vais vous répondre sur l’image que j’avais de JAM Project. Pour moi il s’agit du seul groupe rassemblant des chanteurs d’anisongs purs et qui avait été formé dans l’unique but de créer des titres pour des œuvres anime (y compris jeux vidéo et tokusatsu). Depuis que j’ai rejoins le groupe, je pense simplement à faire en sorte que ce que j’apporte puisse enrichir le groupe.

Yoshiki Fukuyama : Moi aussi j’y est en effet participé dès 2003 car on m’avait invité.

 

Selon vous, quels sont les éléments essentiels pour faire une bonne anisong ?

Hironobu Kageyama : Il est important d’essayer de créer de bonnes choses mais avec JAM Project nous tenons avant tout à persévérer dans notre propre style.

Nous tenons à créer des œuvres rock qu’on ne peut trouver ailleurs.

Massaki Endoh : L’amour et le respect envers l’œuvre originale.

Hiroshi Kitadani : La passion aussi.

Masami Okui : Je pense que la qualité est quelque chose de subjectif, mais pour moi un anisong de qualité serait une œuvre qui apporte quelque chose en plus à l’univers de l’anime. Sa seule écoute rappelle des personnages ou des scènes de l’œuvre originale.

Sa qualité peut donc dépendre de l’œuvre et des créateurs qui y sont derrière. Il faut comprendre tout le processus artistique et faire ressortir le tout à travers les paroles. Puis il est important de composer en pensant aux sourires des auditeurs… c’est peut être cela la clé d’une bonne création ?

Yoshiki Fukuyama : Donner le maximum c’est tout.

 

Clip officiel de la JAPAN MUSIC PARTY :

 

Quels genres de dessins animés aimiez-vous, quand vous étiez enfant ?

Hironobu Kageyama : Celui qui me vient à l’esprit en premier est TRITON. Sinon les MOOMIN et LE ROI LEO.

Massaki Endoh : HEIDI

Hiroshi Kitadani : KYOJIN NO HOSHI.

Masami Okui : J’aimais beaucoup les héros avec un côté sombre comme DEVILMAN ou CASSHERN. Sinon les œuvres comportant de la magie, des androids ou des cyborgs… Disons CUTY HONEY.

Yoshiki Fukuyama : HEIDI, TENSAI BAKABON.

 

En France, beaucoup de personnes pensent encore (hélas) que les dessins animés sont faits pour les enfants, et qu’il faut les accompagner par des génériques très naïfs, proches des comptines. Comment leur expliqueriez-vous votre démarche ?

Hironobu Kageyama : Je ne pense pas que les anime est les anisongs soient uniquement destinés aux enfants. J’espère qu’en France aussi bientôt il y aura tout autant de demandes d’anime de la part des adultes que des enfants.

Massaki Endoh : Peut être qu’à la base les animes ont en effet été fait pour les enfants. Cependant si aujourd’hui les anime et anisongs ont du succès à travers le monde c’est parce qu’ils regorgent tant de chose à apprendre sur la vie, quelque soit l’âge ou le sexe, la race ou le statut social, c’est vraiment le bon côté des anime et des anisongs.

Hiroshi Kitadani : Au Japon il existe des anime pour enfants et des animes pour adulte (diffusés la nuit). L’œuvre mais aussi la musique change beaucoup en fonction de son genre.

Masami Okui : Moi même lorsque j’étais jeune, j’ai été inspirée par les thèmes « courage, force, gentillesse, etc » et j’ai beaucoup appris des héroïnes et héros préférés. Il existe aujourd’hui de nombreux anime et anisongs différents mais je souhaite qu’il y ait toujours plus d’œuvres avec un message positif. J’aime tout autant les anime et anisongs pour enfants mais également les œuvres destinés à tous les âges auxquels tout le monde peut apprendre des choses. Les œuvres des studios Ghibli par exemple véhiculent des messages universels sans différenciation d’âge.

Yoshiki Fukuyama : Penser que les enfants n’aiment que les œuvres destinées aux enfants est une erreur d’adulte. Les enfants savent très bien lorsqu’on essaie de leur mentir et grandissent très vite pour devenir des adultes. Il faut juste songer à créer de bonnes œuvres.

 

Le clip du générique de ONE PUNCH MAN

 

Avez-vous conscience que grâce à vos chansons, de nombreux enfants découvrent le rock n roll en regardant des dessins animés ? Vous sentez-vous responsables de cette influence sur leurs goûts musicaux futurs ?

Hironobu Kageyama : En étant enfant il peut être naturel de découvrir un intérêt pour la musique ou le rock au travers des génériques d’anime. Et si ces enfants en grandissant continuent à développer leur curiosité dans ces genres c’est fabuleux. Avoir une musique préférée est une très bonne chose pour faire face à notre société remplie de stress.

Massaki Endoh : Comme je n’ai pas tant eu l’occasion personnellement de me rendre en France je ne peux pas vraiment ressentir cette réaction mais si des jeunes français choisissent nos chansons parmi leurs favoris c’est déjà une grande joie et un honneur.

Hiroshi Kitadani : Je ne le savais pas… (rire) C’est un honneur en tant qu’artiste en effet.

Masami Okui : C’est magnifique si des gens apprécient nos musiques à travers les anime. Si j’avais juste fait de la chanson sans passer par la case anisong, je n’aurai probablement pas pu réussi à toucher autant de personnes donc j’en suis vraiment reconnaissante.

Yoshiki Fukuyama : Même pour nous qui avons la cinquantaine, les chansons de notre enfance restent encore un plaisir à les écouter aujourd’hui. Pour la plupart ça il s’agit d’anisongs ou des chansons de superhéros. Le cycle est le même à n’importe quelle époque.

 

Aujourd’hui, la mode est aux tie-up : les comités de production achètent des chansons préexistantes pour accompagner les génériques. Que deviennent les anisongs ? Qui sont vos successeurs ?

Hironobu Kageyama : Actuellement je pense qu’il y a de plus en plus d’artistes qui créent de véritables anisongs en respectant l’œuvre originale. Mais cela manque peut-être de chanteur masculin avec de la puissance et de l’engagement (rire). Les chanteurs d’anisongs qui ont le plus de succès aujourd’hui sont à 90% des acteurs de doublage. J’attends qu’il y ait un artiste rock puissant d’anisong qui arrive.

Massaki Endoh : Je pense au contraire qu’il commence à y avoir de plus en plus d’anisongs purs. Les jeunes musiciens qui arrivent ont un savoir faire fabuleux. Notre relève est assurée.

Hiroshi Kitadani : Comme l’anime remonte très bien, je n’ai pas l’impression qu’il y en a peu. En tout cas il y a de plus en plus de musiciens talentueux.

Masami Okui : Je pense qu’il y avait énormément de tie-up il y a 10-15 ans. C’est pourquoi JAM Project a été crée (rire) Les temps ont changé depuis, et de nombreux anisongs ont commencé à rentrer dans les charts. Il y a bien sûr beaucoup plus d’œuvres anime, mais le nombre de chanteurs d’anisongs ou d’artistes, de seiyus a augmenté aussi. Il existe donc de nombreuses personnes qui souhaitent chanter de bons titres pour un anime. En revanche, des personnes qui sont autant investis dans les anime que JAM Project (y compris en comptant les carrière solos) je ne sais pas, il y en a peut-être peu (rire). Concernant nos successeurs, je ne sais pas… Pour JAM Project nous avons également nos carrières solos donc c’est quelque chose qui nécessite peut-être de l’expérience. Peu de jeunes chanteurs actuels possèdent ce style particulier mais dans un autre sens, il existe des nouveaux pionniers du genre. Je me dis que la musique doit sans cesse changer et évoluer ainsi.

Yoshiki Fukuyama : Beaucoup de musiciens de nos jours ont été bercés par les anisongs. Tant qu’il y a de l’amour envers les anime il continuera à y avoir de bons titres.

 

Vous travaillez Ricardo Cruz, un chanteur brésilien. Envisagez-vous d’incorporer d’autres chanteurs étrangers à la formation JAM Project à l’avenir ? Y aurait-il de la place pour des Français, par exemple ?

Hironobu Kageyama : Je souhaiterai collaborer avec The Mighty RAW à qui l’on doit le générique des Power Rangers.

Massaki Endoh : Aerosmith

Hiroshi Kitadani : Tout comme nous avions collaboré avec Animetal par le passé, je pense qu’un artiste Heavy Metal peut très bien coller à JAM Project. Personnellement j’aimerai beaucoup jouer avec Kiss qui a été une grosse source d’inspiration.

Masami Okui : En effet avant il y a eu Animetal USA mais comme JAM Project reste un groupe rock, j’espère pour ma part un groupe de rock étranger. Je laisse les garçons trouver cela ! (rire)

Yoshiki Fukuyama : Les Beatles.

 

Interview préparé par Matthieu Pinon. Remerciements à Sarah Maracadé.

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Kamen Writer !!!

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