Suivez-nous sur

Interview

Interview Clover Doe, auteure de CHOCOLAT x NOISETTE

Publié

le

cover

Shôjo + boy’s love + culture gay = CHOCOLAT*NOISETTE ?? La série, comme son auteure, brouille les pistes. La preuve que la spontanéité et des inspirations multiples valent autant qu’une  démarche très réfléchie. En tous cas, on reste ébahis devant sa fraîcheur et… sa durée, qui indique un vrai succès même si Clover Doe reste bouche cousue sur le sujet. Pas grave, on avait plein d’autres questions et on remercie sincèrement Clover Doe pour ses réponses généreuses !

Pourquoi dessiner spécifiquement dans un style manga ?

J’ai toujours aimé gribouiller depuis l’enfance, à cause des dessins animés, et très vite j’ai commencé à dessiner mes propres petites histoires. Au début, je dessinais plus sur le modèle des bandes dessinées que je lisais (Tintin, Boule et Bill, etc.) : des cases soigneusement alignées et des vignettes coloriées avec amour aux crayons de couleurs ! Mais quand j’ai découvert mes premiers mangas, alors là, ça a été le coup de foudre.

CxN1_001_002

Tu dessines essentiellement du boy’s love. Pourquoi privilégier ce genre plutôt qu’un autre ?

J’ai envie de dire que j’ai une âme de « shoujo-iste ». Mais les shôjo, passée une certaine dose, ça lasse beaucoup de lectrices. Moi comprise. Au bout d’un moment, les histoires des premières amours de collégienne / lycéenne laissent un vide. Pour moi, en France, on n’a pas vraiment de relais. Le BL est une réponse comme une autre. Une relation entre deux personnes du même sexe ajoute un souffle nouveau à l’intrigue, une couleur nouvelle aux sentiments, des thèmes et idées que le shôjo ne peut pas aborder. Pis bon, si au lieu d’un beau gosse on peut en avoir deux, voire plus !

Plus sérieusement, si je prends l’exemple de CHOCOLAT*NOISETTE (ou CxN – Ndr), il n’y a pas à s’y tromper, les ressorts scénaristiques sont intégralement pris au shôjo. On pourrait pousser le vice en disant que c’est un shôjo. Ce qui change, c’est que l’héroïne est un garçon et que le boy’s love  permet ce que l’on ne peut pas aborder avec une héroïne dans un shôjo pur. Dans un BL, la lectrice peut tomber amoureuse du héros, là où un couple hétérosexuel pose la barrière infranchissable des sexes. On peut se sentir proche de chacun des protagonistes jusqu’à s’immiscer dans les scènes « hot ».

CxN a tout du shôjo et paradoxalement, si Noisette était une fille, je suis prête à parier que la série ne connaîtrait pas du tout le même accueil !

CxN1_001_001

Est-ce que cette passion t’as déjà posé problèmes dans la vie quotidienne ?

Je ne vis pas le boy’s love comme une profession de foi, ha ha ! Ma passion, c’est avant tout de dessiner des histoires et, n’en déplaise à certains, pour moi, le BL est avant tout un moyen agréable de le faire. Donc, mes proches n’ont pas de mal avec ça si ce n’est qu’ils trouvent bizarre qu’on préfère rester enfermé des heures dans un bureau au lieu de sortir et profiter de la pluie. Évidemment, je ne suis pas non plus allée leur coller sous le nez des scènes « +18 » !

Quels sont les artistes ou les mangas qui vous inspirent ?

Alors, c’est peut-être un peu bizarre mais je ne lis pratiquement plus de mangas. J’en ai dévoré  pendant un moment, et à l’excès. J’ai eu de gros coups de cœur qui m’ont mis sur les rails au début , avec Mitsuru Adachi, Rumiko Takahashi, Masakazu Katsura, Clamp, Reiko Shimizu et plus récemment Setona Mizushiro. Mais pour ce qui est de l’inspiration elle vient plus généralement d’ailleurs et surtout de partout. Ça va être un dessin, une musique, un film, un mot idiot qui va sortir dans une discussion avec quelqu’un sur le net. Je suis en train de préparer des strips pour SWEET HOME (mon dernier one-shot) et j’y raconte par exemple comment l’histoire vient d’un quiproquo téléphonique. Bref, l’inspiration c’est surtout la Vie.

CxN1-11

Comment se sont passés tes débuts, notamment avec le fanzine Auto-reverse ? Plutôt galère ou parfait ?

Pour Auto-Reverse, maintenant que c’est loin, je peux le dire, ça a été une parfaite galère. ♥ J’entends bien la galère la plus merveilleuse qui soit. Quelqu’un a dit : « on fait un fanzine ? ». Et les autres idiots derrière : « d’accord ». Et on a passé pratiquement une semaine de folie pour faire ce premier opus dans la débandade et les fous rires. On n’a pas beaucoup dormi mais on n’avait vraiment pas envie ! C’est le genre de bêtises qu’on fait quand on commence, sur un coup de tête, on a la foi et les tripes. On a encore l’innocence qu’on perd au fur et à mesure qu’on avance et qu’on veut s’organiser et faire les choses « bien ». *pleure*

CHOCOLAT*NOISETTE et SWEET HOME possèdent une bonne dose d’humour. Doit-on comprendre que les histoires tragiques ne sont pas vraiment ta tasse de thé ?

Les histoires tragiques sont moins drôles… à faire aussi. Ça demande surtout du sérieux, de maîtriser son sujet et son savoir-faire, parce que les erreurs pardonnent moins, voire pas du tout. Avec de l’humour on peut faire passer les erreurs et même une montagne de clichés. Je suis la première spectatrice de mes histoires, il m’arrive d’avoir des fous rires. Donc, c’est sûr que c’est très plaisant pour moi de verser dans l’humour. Et cela n’empêche pas d’avoir de grands moments de sérieux et une dose de profondeur tragique. J’ose espérer que les lecteurs de CxN n’en voient pas que la couche légère. Après, je suis une fan des grandes histoires purement tragiques et j’espère bien réussir un jour à en dessiner. Je ne suis pas encore au point pour m’y risquer. Mais j’y travaille !

Le tome 6 de CHOCOLAT*NOISETTE est prévu pour la Japan Expo 2012, me semble-t-il. À quoi les lecteurs peuvent-ils s’attendre dans ce nouvel opus ?

Je n’ai pas encore annoncé officiellement de date. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais, les mots d’ordre de ce volume seront d’actualité : crise, crise, crise et crise.

Les fans de certains pairings vont faire une crise en hurlant des hallelujah, ceux qui ne voulaient surtout pas ces pairings vont criser d’autant plus, ceux qui attendaient d’en savoir plus sur certains personnages et leur devenir vont criser, et à la fin du tome, si j’ai bien fait mon travail, je devrais encore recevoir une montagne d’insultes… Il paraît que mes cliffhangers ne sont pas appréciés.

Prévoyez-vous une suite à SWEET HOME, que tu as dessiné pour le webzine Béèlle Magazine ? Une publication papier est-elle envisagée ?

Enlisée dans une montagne de projets en cours et à venir, j’étais vraiment partie sur l’idée d’un one-shot. Puis quelqu’un m’a dit : « Un one-shot ? Allons, je suis sûre qu’il y aura une suite ! » Je lui ai répondu que non, que l’histoire ne s’y prêtait pas. Bien évidemment, à peine cet état de fait posé, j’ai commencé à me demander si c’était vraiment fermé et… et…  La suite est donc envisagée, de loin pour l’instant.

CxN1-102

À terme, préfères-tu rester indépendante ou collaborer avec un éditeur, comme certains dessinateurs français et notamment Eternal-S avec Asuka ?

Plus on me pose la question, moins la réponse négative du début est ferme. Je flotte en ce moment dans un : « Hum… pourquoi pas » ? Il faudrait que je connaisse les contraintes et si mes productions peuvent intéresser quelqu’un… Mais l’envie ne s’impose pas encore assez pour me forcer à me bouger.

Ne serait-ce qu’en voyant que tu as déjà publié cinq tomes, et si on se fie à la présentation sur le site de Kejhia, on se doute que CHOCOLAT*NOISETTE se vend bien…

Joker !!

Sur quels projets travailles-tu en ce moment en plus de CHOCOLAT*NOISETTE et SWEET HOME ?

CHOCOLAT*NOISETTE en a encore pour un an si je tiens mon planning. À côté de ça, j’ai le scénario de MUTE, un tome sur Thomas (personnage extrait de CHOCOLAT*NOISETTE) en douloureuse gestation et les planches d’une suite de BEWITCHED qui attendent de se glisser quelque part dans tout ça. On parlait d’histoires tragiques, en voilà une pour me faire les dents !

Malgré plusieurs contre-exemples japonais (Ima Ichiko, Ikemen After de Kazuma Kodaka), beaucoup de gens ont encore l’impression que les histoires boy’s love se contentent de véhiculer un fantasme féminin sur l’homosexualité et qu’elles ne représentent donc aucun intérêt pour un public gay qui serait demandeur de récits plus réalistes. Qu’en penses-tu ?

Hum. Oui et non. J’envisage le BL comme un palliatif aux manques du shôjo. Ce n’est pas vraiment un fantasme sur l’homosexualité à proprement parler, mais je crois qu’il y a quand même un gros amalgame chez beaucoup, malheureusement. Après, je n’irai pas jusqu’à dire que ces récits ne représentent aucun intérêt pour le public gay. Mais s’ils s’attendent à y être totalement retranscrits, c’est une erreur. Le BL est d’abord destiné à un public féminin et n’est pas « gay » à proprement parler.

Jusqu’à présent néanmoins, les lecteurs gay de mangas n’avait que ça pour trouver des sujets leur parlant tout de même un peu. L’arrivée du bara dans le milieu amateur (avec des fanzines comme Dokkun) a ouvert une grande porte et contenté pas mal de monde. Pourvu que ça dure et que tout le monde y trouve son compte !

As-tu déjà voulu intégrer des thématiques dites “gay” à tes histoires ?
Je ne sais pas ce qu’est une thématique dite « gay ». Je ne crois pas que les gays ont des problèmes et des thématiques bien à eux. Tout le monde affronte le regard des autres ; tous ceux qui sortent, même un peu, du moule ont à faire face à l’acceptation ou le rejet, la crainte, la solitude ; chacun doit se construire jour après jour et trouver sa place et son équilibre entre ce qu’impose le monde et ses propres souhaits. Chacun a sa croix et ses démons.

Cette question vient probablement du fait que j’ai dit auparavant, pour tenter d’expliquer cette différence qu’on prête à CxN, que ses influences se trouvaient plus du côté des sitcoms et séries gay que du yaoi. Ce n’est pas que je cherche à faire quelque chose de purement « gay ». Je serais bien incapable de me mettre à la place d’un garçon homosexuel, dans sa tête comme dans sa vie de tous les jours. Sans faire de généralités, dans les boy’s love, la question de l’orientation sexuelle est importante pour au moins l’un des deux protagonistes,  le couple y affronte le regard des autres, on y trouve aussi une exacerbation des sentiments ; tout cela rend la relation merveilleuse et unique (« je ne suis pas homo, c’est parce que c’est toi », en gros). J’ai envie de dire que le couple homosexuel est inscrit dans la vie hétérosexuelle, ce qui lui pose ses problèmes. Là-dessus, CxN suit plutôt les traces d’une sitcom, avec la vie et les aventures des personnages, inscrits dans leur propre petit monde. Le fait qu’ils soient homosexuels – ou presque pas ! – est à la fois le thème et un élément de fond. Ils vivent leur vie comme tout le monde, rencontrent des tas d’autres gens : les liens se font et se défont, très vite ou pas, certains se posent des questions sur un point quand d’autres ont des priorités différentes, et le mot « amour » sort à peine de la bouche du personnage le moins gay et le plus boulet de la troupe !

Sa galerie deviant-art :  http://clover-doe.deviantart.com

Son « shop » :  http://clover-doe.deviantart.com/journal/VPC-Info-UP-tarifs-2012-231809176 

Propos recueillis par Karen Merveille, en juin 2012.

Lire la suite
Annonce
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Anime

Interview Shin’ichiro Watanabe – Réalisateur en résonance

Publié

le

© Terror in Resonance Committee Photo © Laurent Koffel

Le réalisateur de COWBOY BEBOP est bel et bien revenu aux affaires après le délicat KIDS ON THE SLOPE et la première saison, surprenante, de SPACE DANDY. Toujours sous l’égide du studio MAPPA, fondé récemment par le légendaire fondateur de Madhouse, Masao Maruyama, il propose l’anime TERROR IN RESONANCE, décrivant une fin du monde violente, profondément ancrée dans le Japon urbain contemporain. Mieux, les héros de la série relèvent d’archétypes qui peuplent les animes situés en milieu scolaire, mais distillant un pessimisme complètement à l’opposé des personnages de KIDS ON THE SLOPE. Pour COYOTE MAG, Shin’ichiro Watanabe revient sur la genèse d’une série originale et ouverte sur le monde. 

Comment le projet Terror in Resonance s’est-il développé ?

D’un point de vue extérieur, on pourrait sans doute croire que je n’ai rien fait de 2007 à 2012, l’année où j’ai réalisé Kids on the slope. Mais en fait, pendant tout ce temps, j’avais envie de m’atteler à la création d’une nouvelle œuvre. J’ai donc élaboré plusieurs projets, mais finalement, peu ont vu le jour. Terror in Resonanceest l’un des projets de cette période.

Vous avez donc tout fait pour que ce projet se réalise ?

C’est ça. C’est à cette période que Fuji Television m’a proposé Kids on the slope. À cette occasion, je leur ai également parlé du projet Terror in Resonance. Yamamoto Kôji, producteur chez noitaminA, m’a proposé que l’on se concerte non seulement sur Kids on the slope, mais aussi sur un futur projet original. C’est ainsi que Terror in Resonancea finalement vu le jour.

Cette série reste pour l’instant encore très mystérieuse, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Hé bien… Ça se rapproche beaucoup des séries étrangères. En ce moment, il y a beaucoup de séries étrangères d’excellente qualité. Grâce à leur format, plus long que celui d’un film, elles peuvent se permettre de traiter des thèmes plus sérieux tout en incluant les nécessaires éléments de divertissement. J’avais envie, tout en faisant du divertissement populaire, d’attirer les gens qui apprécient les séries étrangères.

Quel genre de séries étrangères ?

Si je devais prendre un exemple, je comparerais Terror in Resonanceà 24 heures chrono. (Rires) Des actes de terrorisme sont perpétrés à Tôkyô, un inspecteur de police vétéran se retrouve chargé de l’enquête. (Rires) Quand j’en parle comme ça, ça ressemble un peu à une blague, mais je me suis efforcé de faire intervenir la résolution des énigmes du groupe terroriste Sphinx dans chaque épisode. Je pense que les gens qui apprécient Sherlock, par exemple, apprécieront aussi cette série.

L’annonce de la série fait état de « deux adolescents qui, sous le nom de Sphinx, entraînent le Japon tout entier dans leur jeu. » Au regard de votre filmographie, cette œuvre n’est-elle pas la plus provocante ?

En effet, c’est peut-être le cas.

Pourquoi ?

C’est un peu difficile à expliquer. Quand on crée une œuvre, particulièrement une œuvre originale, il ne s’agit pas d’assembler différents éléments en respectant un concept préétabli. Pour une œuvre originale, il faut tout inventer, jusqu’au cadre de l’action, et nos sentiments, notre état d’esprit du moment influencent forcément la création. C’est pourquoi, même si cette œuvre peut paraître provocante d’un point de vue extérieur, ce n’est pas quelque chose que j’ai créé après avoir eu une épiphanie idéologique, par exemple. Mais mes sentiments et mes impulsions du moment y sont bien présents.

Les réflexions que porte votre projet ont-elles changé depuis 2007 ?

Le fond n’a pas changé. Mais j’ai modifié certaines choses d’un ordre plus superficiel. Dans mon ébauche de 2007, j’ai l’impression que j’avais concentré toute mon attention sur les personnages. Aujourd’hui, ils sont toujours au cœur de l’œuvre, mais je pense avoir élargi les horizons pour y inclure davantage du monde qui nous entoure.

Pourquoi ces changements ?

Ils ne proviennent pas uniquement de moi, mais aussi des changements de la société japonaise elle-même. Quand il y a eu le grand tremblement de terre du Kantô, par exemple, beaucoup de gens se sont mis à parler à leurs voisins alors qu’ils ne leur avaient jamais adressé la parole avant, n’est-ce pas ? Moi aussi, il m’est arrivé d’avoir une conversation avec un employé de magasin avec qui je n’avais jamais discuté, d’échanger avec une dame inconnue, ou de me demander ce que pensaient des gens avec qui je n’aurais jamais parlé. Ce genre de rapport de solidarité entre les gens est l’un des éléments que j’ai ajoutés à mon projet de 2007 pour aboutir à celui de 2014.

Le character design est signé Nakazawa Kazuto et la musique Kanno Yôko. Ce sont deux personnes avec qui vous avez un lien très fort et qui participent également à ce projet.

Leur point commun, c’est que je n’ai jamais vraiment besoin de leur expliquer les choses. Quand je leur dis « je voudrais faire un truc de ce genre », ils comprennent immédiatement ce que je veux dire, mettent tout en œuvre et parviennent à le réaliser. Ça semble évident à dire, mais les gens qui comprennent à ce point votre sensibilité, ce n’est pas si courant. On rencontre plus souvent des gens qui ne comprennent jamais, même si on leur explique dix fois… D’ailleurs, Nakazawa et Kanno ont un autre point commun. Ils ont vraiment l’envie de transmettre à un public le plus large possible le résultat de leur travail et du mien. Je ne suis pas quelqu’un de très renommé, donc travailler avec deux personnes aussi populaires est très stimulant.

En effet, c’est le genre de situation qui donne lieu à une longue collaboration telle que la vôtre !

Tout à fait. Et je veux insister sur un point : notre compréhension mutuelle instantanée est très importante, mais ce n’est pas la raison principale qui nous fait travailler ensemble. La raison principale, c’est l’adéquation parfaite de Nakazawa et Kanno au contenu de l’œuvre que je veux réaliser. Et il ne s’agit pas que d’eux. Le plus important pour moi, dans un travail d’équipe, c’est de solliciter un collaborateur « parce qu’il n’y a que lui qui peut le faire. » Et cette fois-ci encore, Nakazawa et Kanno ont parfaitement réussi à produire le contenu que je désirais.

Quel genre d’œuvre va être Terror in Resonance ? Vous en avez encore peu parlé, mais, sans rien dévoiler d’essentiel pouvez-vous nous donner quelques indices ?

Que dire… Hé bien, dans un sens, on peut dire que c’est une œuvre qui décrit la nature de la jeunesse. Dans toute son imperfection, son inexpérience, son impétuosité, son incomplétude. Car c’est aussi là que réside son charme. Je m’efforce de décrire la difficulté, la fugacité, la beauté de cette période d’imperfection et d’inexpérience. Bien entendu, comme je le disais tout à l’heure, l’œuvre a aussi tout un côté divertissant qui s’apparente à celui des séries étrangères. Mais en même temps, j’ai construit cette série autour de cette idée de jeunesse et imprégné du sentiment particulier du réalisateur qui atteint la dizaine d’œuvres. Cet état d’esprit m’ouvre de nouveaux horizons. Je suis très excité de voir ce projet de longue date prendre enfin vie. Je serais très heureux que vous le regardiez.

Remerciements à Aurélie Lebrun. Interview publié dans Coyote Mag n°50 de l’été 2014.

T'en penses quoi ?
0 Vos Avis (0 votes)
Intérêt0
Ce qu'en pense les gens... Laissez votre avis
Trier par:

Soyez le premier à laisser une critique.

User Avatar
Verified
{{{ review.rating_title }}}
{{{review.rating_comment | nl2br}}}

Voir plus
{{ pageNumber+1 }}
Laissez votre avis


Lire la suite

Anime

Sword Art Online, interview du réalisateur Tomihiko Ito et le producteur Shinichiro Kashiwada

Publié

le

Diffusée pour la première fois en simulcast dans de nombreux pays, la saison 2 de Sword Art Online est la série la plus attendue de l’été. La saga originale de light novels, aujourd’hui déclinée sur de multiples supports, est devenue une véritable poule aux œufs d’or qui soulève bien des questions quant aux méthodes pour réussir à développer une franchise, sur autant de fronts simultanés. Comment gère-t-on les aspects « mediamix » d’une telle machine commerciale ? Pour le savoir, nous avons rencontré lors de deux interviews le réalisateur Tomihiko Ito, le producteur Shinichiro Kashiwada, ainsi que le big boss du studio Aniplex, Masuo Ueda. Entretiens croisés.

réalisateur Tomihiko Ito et le producteur Shinichiro Kashiwada.
Photo : @ Laurent Koffel

A quel moment avez-vous décidé d’adapter les light novels SAO en anime ?

Masuo Ueda : Ça date de bien avant la première saison, nous connaissons de longue date l’éditeur qui publie aussi ACCEL WORLD.

Avez-vous attendu le succès des romans avant la mise en chantier de l’anime ?

Shinichiro Kashiwada : Les deux, en fait ! Pour ce type de light novel, on estime qu’il y a une demande à partir de cinquante mille ventes. Et quand l’éditeur nous a parlé de SAO ou ACCEL WORLD, les deux titres avaient déjà franchi cette barre.

Pourquoi et comment le studio s’est-il retrouvé sur cette adaptation en particulier ?

S. K. : Le premier point important dans le cas d’une adaptation est de connaître la capacité d’accueil qu’a eue l’œuvre originale. Ensuite, il faut déterminer de quelle manière on peut utiliser cette œuvre : en 2D, 3D, en film live… Dans le cas de SAO, nous avons vite réalisé que la 2D conviendrait le mieux à ce titre. Puis, nous avons fait appel à M. Ito car nous connaissions ses compétences techniques depuis longtemps. Aniplex collabore de longue date avec A-1 Pictures, il était donc normal que nous nous tournions vers eux en premier pour réaliser cette série, sous la direction de M. Ito.

Enfin, il fallait conserver l’essence des illustrations d’abec (pseudonyme de l’artiste qui a illustré le roman – ndr), et Shingo Adachi nous semblait le plus apte à assurer cette responsabilité.

© REKI KAWAHARA / ASCII MEDIA WORKS / SAO Project

Jusqu’à quel point avez-vous dû faire appel à votre imagination pour créer l’univers graphique ? Les descriptions des romans et les illustrations d’abec étaient-elles suffisantes ?

Tomhiko Ito : Autant pour les personnages, il y avait de nombreuses descriptions et illustrations, autant pour tout ce qui les entoure il y avait peu de renseignements. En plus, il y avait trois univers à élaborer, ce qui a été assez pénible. Réussir à faire quelque chose de différent avec ces trois mondes était une gageure, et les indications du roman n’étaient pas très concluantes, donc j’ai laissé libre cours à mon imagination.

Créer trois univers, cela signifie donc trois fois plus de travail que sur une production normale ?

S.K. : Ce fut un point d’inquiétude pour nous, donc nous avons fait en sorte de nous focaliser sur un monde à chaque fois. Par exemple, nous avons bien pris la peine de rester dans le monde virtuel quand le héros, Kirito, le découvre. Il fallait à tout prix éviter de mélanger la réalité et ce monde virtuel, ce qui aurait pu créer une confusion chez le téléspectateur. 

T.I. : On m’a accordé plus de temps pendant la préproduction, ce fut une vraie chance. J’ai donc exploité ce temps supplémentaire pour faire tous les travaux nécessaires en amont, je n’ai pas été gêné par la suite. Mais cette préparation a été longue et pénible

© 2014 REKI KAWAHARA, PUBLISHED BY KADOKAWA CORPORATIONASCII MEDIA WORKS / SAOII Project

L’intrigue est très riche, il y a de nombreux personnages à différents niveaux/univers. Quelles difficultés majeures avez-vous rencontrées durant l’adaptation ?

S.K. : La difficulté est venue principalement de l’adaptation quasi-simultanée de SAO et d’ACCEL WORLD. Seulement, SAO c’était chez nous, et ACCEL WORLD était chez Warner et, pour l’éditeur, il était préférable qu’une adaptation n’ait pas plus de succès que l’autre. Ce ne fut pas un handicap insurmontable, mais il s’est étalé sur une bonne partie de la diffusion, avec nos campagnes de communication respectives qui se chevauchaient.

T.I. : La question du rythme fut cruciale. Pour éviter un tempo trop saccadé, j’ai dû souvent faire des choix par rapport à ce que pensaient les personnages, et ne pas faire de voice-over sur des passages qui, dans le livre, expliquaient bien les sentiments des personnages, mais nuisaient au rythme de l’anime. J’ai allégé la narration, en quelque sorte.

© REKI KAWAHARA / ASCII MEDIA WORKS / SAO Project

Reiki Kawahara, l’auteur des light novels, a-t-il été consulté ?

S.K. : Il a participé au scénario. Quand nous avons établi que la première saison durerait vingt-cinq épisodes, il a aussitôt été appelé pour travailler sur le script. Nous voulions son avis sur la structure globale de la série, et c’est lui, par exemple, qui a décidé que le premier arc s’arrêterait à l’épisode 14.

T.I. : En vérité, l’auteur avait une idée bien précise de ce qu’il voulait. Il faisait des propositions sans les imposer, mais elles allaient toujours dans la direction que nous souhaitions, donc il a été d’une grande aide.

M.U. : Pour les jeux vidéo, également, il surveillait tout !

Comment vos relations se sont-elles passées avec les équipes en charge des différents jeux SAO ?

S.K. : Grâce au comité de production qui a été créé, nous avons rassemblé des producteurs de jeu, d’animation, des responsables de marketing… Tous voulaient tirer partie de la licence, et travaillent conjointement dans cette direction multimédia qu’on appelle chez nous le mediamix. Bandai a fait la proposition d’aller jusqu’à un centième niveau dans le jeu, alors qu’on aurait dû s’arrêter au niveau 70 pour respecter l’histoire.

Le jeu propose ainsi une histoire originale qui complète la série, c’est un spin-off, et il a été particulièrement bien réussi puisque le jeu s’est vendu à plus de cent mille exemplaires.

Le rôle d’un producteur est aussi de sélectionner le staff qui va travailler sur la série. Vous avez réuni de nombreux artistes de prestige sur SAO, comment avez-vous fait ? De gros chèques ? L’univers de la série a-t-il suffi à les attirer ? Ou bien étaient-ce les exigences de l’auteur ou de l’éditeur ?

S.K. : La plupart des artistes avaient déjà lu le light novel, et ils avaient tous envie de mettre en images cet univers. Nous avions donc une équipe de fans, qui s’est dépassée pour donner le meilleur d’elle-même.

Il y a eu un titre pionnier de ce genre de concept : .HACK. Avez-vous cherché à vous en éloigner pour éviter toute comparaison ?

T.I. : J’ai bien sûr pensé à .HACK tout de suite mais je n’ai pas voulu faire d’équivalence. La qualité du titre était très bonne techniquement, mais pourtant, ça n’a pas  très bien marché et on se demandait pourquoi, car c’était du bon boulot. D’après moi, ça vient du personnage principal avec lequel le public n’accrochait pas.

M.U. : Pour ma part, je pense que c’est le fait d’avoir placé le spectateur uniquement dans la position de spectateur des batailles qui a desservi la série .HACK. Donc, dans SAO, on est vraiment DANS le combat.

La première saison a très bien marché au Japon, et la seconde prend vraiment en compte l’international. Quand avez-vous pris cette décision ?

M.U. : La première saison fut très populaire à l’international et nous avons choisi de proposer cette offre légale pour éviter que les fans ne regardent des œuvres piratées. Nous avions pris unanimement et rapidement cette décision. 

© 2014 REKI KAWAHARA, PUBLISHED BY KADOKAWA CORPORATIONASCII MEDIA WORKS / SAOII Project

Hong-Kong, Corée, Taiwan, USA, Allemagne, France : pourquoi des avant-premières dans ces six pays spécifiques ?

S.K. : Parce que c’est là où il y a le plus de marché et où la demande est la plus dynamique.

Une dernière question pour M.Ito. Vous êtes crédité sur LA TRAVERSEE DU TEMPS. Qu’avez-vous retenu de votre travail avec M. Hosoda ?

T.I. : J’avais des idées préconçues sur la manière de réaliser avant de travailler avec lui. Et durant mon travail sur LA TRAVERSEE DU TEMPS ou SUMMER WARS, mes idées formatées ont volé en éclats. Il m’a apporté une autre vision sur le métier.

Propos recueillis par Matthieu Pinon et Thomas Maksymowicz.
Photo : Laurent Koffel. Remerciements à Aurélie Lebrun. 

Article publié dans Coyote Mag n°50 de août 2014

Lire la suite

Cinéma

INTERVIEW NICKY LARSON ET LE PARFUM DE CUPIDON

Publié

le

Par

Boudé par des internautes intransigeants dès ses premières images dévoilées, NICKY LARSON ET LE PARFUM DE CUPIDON, écrase pourtant au marteau de 100 tonnes tous les pronostics ! Philippe Lacheau, réalisateur et acteur « installé » de la comédie française, a courageusement joué un quitte ou double avec cette adaptation au cinéma de CITY HUNTER, le manga cultissime de Tsukasa Hojo. Nous l’avons vu et… nous avons été agréablement surpris. À quelques jours de la sortie du film, explications en compagnie d’un cinéaste qui voit de plus en plus grand.

SORTIE NATIONALE LE 6 FÉVRIER 2019

Quel est le niveau de pression que vous ressentez quant à l’exploitation du film et, malgré vos succès au box-office, fut-il difficile de convaincre les investisseurs sur un projet de comédie d’action à gros budget ?

Nous avions en effet la chance d’avoir fait des films qui avaient bien marché. Cela aide forcément pour obtenir de la confiance. Et il s’agit en effet aussi d’un film d’action et le cinéma d’action, cela nécessite des moyens si vous ne voulez pas un film visuellement pauvre. Notre chance est que des partenaires comme M6 et Sony Pictures France nous suivent. Il est vrai qu’on produit peu de films dans ce registre en France. Je le dis en toute humilité mais c’est un film assez ambitieux dans son concept et dans ce qu’on a essayé d’entreprendre. J’espère qu’il y aura assez de public dans les salles pour qu’on puisse voir plus de films ambitieux. Et je ne pense pas forcément à nous. En ce moment, L’EMPEREUR DE PARIS est à l’affiche et nous avons vraiment envie que ce film marche car ce serait une bonne nouvelle pour l’évolution du cinéma français.

Vous partagez un sentiment de manque de diversité dans la production française, y compris dans la comédie ?

Je ne me plains pas car nous faisons de la comédie et c’est de loin ce qui marche le plus en France. Mais si on parle de cinéma de genre, le public ne suit pas forcément et ce n’est pas évident de monter ce genre de film. C’est dommage car le cinéma français pourrait être encore plus riche si les gens faisaient l’effort de se déplacer pour voir ces films qui apportent de la nouveauté. Ils ne sont pas assez souvent au rendez-vous.  C’est la raison pour laquelle nous avons si peu de films fantastiques, d’action ou de science-fiction. À part Luc Besson, trop peu de gens s’y collent.

Cela vous a affecté que le film a été assez mal accueilli par les internautes à l’annonce du projet et plus tard lors de la présentation des bandes annonces ?

Des Français qui se lancent dans une idée aussi compliquée, vous serez d’accord avec moi, ce n’est pas commun. Et avant même la première image, dès l’annonce du film, trop de gens nous avaient déjà enterrés en ne donnant pas la moindre chance au projet. Quels que soient le résultat et l’accueil au final, je suis toujours triste que les gens se prononcent avant même de voir le film et ne l’encouragent pas au départ, comme s’ils souhaitaient qu’il ne voit même pas le jour. C’est vraiment dommage.

LE PARFUM DE CUPIDON est un scénario original mais avez-vous essayé d’adapter une intrigue directement issue du manga de Tsukasa Hojo ?

Nous avons relu le manga et revu les séries animées originales. Et on s’est posé la question de reprendre une histoire de but en blanc, mais développer une de ces intrigues sur une heure et demie n’était pas du tout évident. Cela manquerait forcément de surprise et de rebondissements. Nous avons donc gardé l’univers, l’ADN de NICKY LARSON, ses personnages, son ambiance, parfois même des instants précis directement issus du manga, mais avec un récit original que nous avons imaginé. Nous en sommes d’ailleurs assez fiers car Tsukasa Hojo nous a avoué qu’il adorait l’idée et qu’il était jaloux de ne pas l’avoir eue avant nous.

L’idée du parfum vous est venue d’emblée ?

Oui, je trainais cette idée avec moi depuis un moment. Ce serait génial si un tel parfum existait et je me suis dit que cela collait bien l’univers de NICKY LARSON, à plein d’égards d’ailleurs. Je préfère ne pas spoiler mais ce concept de parfum sert très bien notre histoire, de façon très varié.

Au-delà de votre connivence avec Élodie Fontan, était-ce une évidence dès le départ ou y a-t-il eu compétition pour distribuer le rôle de Kaori/Laura?

Effectivement, les gens qui me connaissent le savent, à tort ou à raison, je travaille avec les gens que j’aime. Élodie en fait partie et il était évident qu’elle serait dans le film. La connaissant bien, je n’avais pas beaucoup de doutes et je savais qu’elle serait une super Laura. Après, elle a énormément travaillé. Elle s’est retapée tous les épisodes de la série pour essayer de choper la personnalité de Laura et les mécaniques comiques… Mais nous avions une crainte : c’est elle qui remet systématiquement Nicky à sa place. Laura, c’est un personnage qu’on est censé bien aimer et il fallait éviter qu’elle soit juste la relou de service. On a donc fait très attention et je suis très fière d’Élodie qui a travaillé dans ce sens-là et je la trouve mortelle aussi bien dans l’émotion que dans les scènes comiques. J’entends souvent le même discours venant des spectateurs lors des avant-premières. C’est le personnage que les gens retiennent le plus et c’est le personnage préféré de Tsukasa Hojo !

Parlez-nous de Kamel Genfhoud qui incarne Mammouth… Est-ce a priori un peu par hasard que vous l’avez trouvé ?

C’est en effet son tout premier film. C’était très intéressant de le voir évoluer sur le plateau car il regardait tout avec des yeux d’enfants. Il jouait un personnage culte de sa jeunesse. Il était apte pour les scènes d’action car il pratique les sports de combats, le MMA notamment. Même un peu trop. Au début, pendant les répétitions, j’ai un peu flippé car il pratique des sports où on porte vraiment les coups et avec ses bras, s’il me mettait une droite, le tournage s’arrêtait (rire). Mais il s’est vraiment prêté au jeu. Il a été parfait ! Pour l’anecdote, je lui ai parlé de la signature de Mammouth : le bazooka. Et là il me fait : « Tu veux me voir tirer avec un bazooka ? » avant de me montrer une photo où il tire vraiment au bazooka… c’était génial. Physiquement, il collait parfaitement au rôle mais comme il n’avait jamais pris de cours de comédie, je lui ai proposé de s’inspirer de Schwarzenegger dans TERMINATOR. L’idée était que quoiqu’il se passe autour de lui, même des explosions, le gars garde la même expression impassible, comme une machine. Je l’ai dirigé avec cette technique et, quand il était trop expressif, je le rappelais à l’ordre en lui expliquant qu’il était plus flippant et plus fidèle au personnage quand il en faisait le moins possible. Ce qui n’est d’ailleurs pas évident, surtout lors d’une fusillade ou une course-poursuite, de garder ce masque, de ne pas réagir. Pour moi c’est une vraie performance, il a assuré.

La direction artistique est travaillée, étonnante même pour une comédie française. Comment avez-vous abordé le look du film ?

Je ne voulais surtout pas un aspect un peu cheap ou cacher la misère. Pour l’image, notre référence c’était James Bond. On souhaitait tendre au maximum vers quelque chose d’élégant et de glamour. Il nous fallait être crédibles, ne pas faire pitié. Le raisonnement fut simple. Qui en France a filmé des scènes d’action avec une image sophistiquée ? Nous n’avons pas cherché midi à quatorze heures et nous sommes allés trouver l’équipe de tournage de Luc Besson. Nous avons travaillé avec Vincent Richard qui a été longtemps l’assistant de Thierry Arbogast (le directeur de la photo historique de Luc Besson – ndr). Je suis assez fier de ce travail, l’image est assez réussie je crois.

Les costumes sont également très fidèles au manga et à l’anime. Cela a-t-il été compliqué de garder suffisamment de réalisme ?

Quand je vais voir un personnage adapté au cinéma, cela m’ennuie s’il n’a pas la bonne tenue. J’y attachais donc pas mal d’importance. Au moins pour les trois personnages principaux, Nicky, Laura et Mammouth. Il fallait qu’ils aient les MÊMES costumes. Seulement la veste bleue emblématique de Nicky, on l’a cherchée partout et elle n’existe pas ! On a dû la faire faire pour avoir le même bleu et la même coupe, sans poches. Ce fut la même chose pour Mammouth. Son treillis a été créé sur mesure. Et on s’est vraiment pris la tête sur les coiffures. La teinte des cheveux de Laura par exemple, ça a été tout un processus pour trouver le bon dosage de rouge dans une teinture noire et obtenir une perruque avec les bons reflets, une fois éclairée. Un truc bête aussi : on a eu un débat sur la couleur du revolver. Certains affirmaient qu’il était chromé et d’autres étaient persuadés qu’il était noir. On a vérifié et il est chromé mais seulement sur une poignée de visuels originaux. La plupart du temps, il est noir.

Les rétroviseurs de la voiture aussi ! Ils sont montés sur le capot et pas sur les portes, ce qui est une invention, ils n’existent pas dans la réalité. On a donc modifié la Mini pour coller au plus près des dessins de Tsukasa Hojo. Le toit aussi a été peint en blanc. Et si vous faites attention, au début du film, on voit l’immeuble de Nicky et c’est exactement le même que dans le manga, c’est le même immeuble typique du quartier de Shinjuku.

Les scènes d’actions sont très ambitieuses et assez variées dans leurs styles. Comment vous êtes-vous préparé pour obtenir ce résultat ?

J’avais envie de fraîcheur pour ces scènes. Je suis très admiratif du travail de Matthew Vaughn, notamment dans KINGSMAN. Ses scènes d’action ont une patate folle. C’était un peu notre rêve de nous approcher de ça. Mais je n’avais jamais réalisé de scènes d’action et je n’ai pas la prétention d’exceller d’emblée dans ce domaine.

Et je suis très heureux que mon petit frère ait repéré ce groupe de jeunes cascadeurs sur Internet, AC Stunt, emmené par Marc David. On leur doit la modernité de nos scènes de baston que je crois inédites en France. C’est leur premier film en tant que coordinateurs de combats. Ils sont hyper innovants et ils ont une méthodologie de travail très complète. Je leur donne mes idées de chorégraphie et de plans. Ils les intègrent avec leurs propres idées et reviennent vers toi avec un test filmé avec leurs cascadeurs. Un test avec une proposition de montage déjà très élaborée. Avant même de tourner, tu peux voir la scène, sans les acteurs ni les décors mais tu as tout, la chorégraphie et le découpage, que tu peux analyser et retravailler. Tel mouvement est mortel, tel truc moins, tel moment doit être rallongé etc… Pour préparer de façon très précise, c’est génialissime et, au moment de tourner, il n’y a plus de place pour l’improvisation. Même quand on répétait les chorégraphies avec les acteurs, on le faisait avec la caméra, surtout quand elle se trouvait au milieu du corps à corps.

Vous avez invité Dorothée pour faire une apparition dans le film mais comment cela s’est-il passé avec Vincent Ropion (voix de Nicky Larson dans la VF de la série) et Jean-Paul Césari (chanteur du générique français de la série) ?

Ce sont de belles rencontres. On avait vraiment envie de les avoir dans le film. Tout s’est goupillé très facilement. Ils sont venus avec plaisir et ont adoré le film. C’est une fierté et beaucoup d’émotion. Ils sont un peu les témoins vivants de notre enfance et ils ont contribué à rendre culte cette série pour toute une génération.

Propos recueillis par Thomas Maksymowicz. Remerciements à Youmaly Ba et Melody Benistant.

T'en penses quoi ?
6.7 Notre Avis
8.9 Votre Avis (4 votes)
Scénario6.5
Images7.5
Comédiens7
Musique5
Originalité7.5
Ce qu'en pense les gens... Laissez votre avis
Trier par:

Soyez le premier à laisser une critique.

User Avatar
Verified
{{{ review.rating_title }}}
{{{review.rating_comment | nl2br}}}

Voir plus
{{ pageNumber+1 }}
Laissez votre avis

Lire la suite

Newsletter

Saisissez votre e-mail pour vous abonner au site et recevoir la newsletter.

Annonce

Facebook

 

Top vues

Copyright © 2019 Studio Venezzia Médias - Coyote Mag